mardi 23 octobre 2012

Vadrouille à Babaso


Bonjour tout le monde !
Le week-end dernier, vous avez été privés d'article, mais finalement, c'est plutôt normal étant donné qu'à ce moment là, j'étais justement en train de rassembler la matière pour écrire un article. On peut pas vraiment tout faire en même temps...
Nous avons profité de mon week-end de 3 jours et de la présence de Flore pour s'éloigner un petit peu de Kumasi, en direction d'une zone que nous n'avons pas encore visitée : le nord. Bon, en 3 jours, vous le comprendrez bien, on peut pas aller bien loin, mais c'est toujours mieux que rien. Notre destination, le titre l'indique déjà : Babaso (prononcer Babasso). Alors pour les fans de cartes et autre google hearth (pensée pour la personne qui se reconnaitra), Babaso se trouve à quelques kilomètre d'Ejura, au nord-est de Mampong (qui est elle-même au nord-est de Kumasi, vous me suivez?). Vous ne trouverez pas Babaso car c'est tout simplement trop petit. Il s'agit en fait d'une mission catholique installée au sein d'un minuscule village (à la louche 150 habitants).
Mais que vont-ils faire dans une mission catholique ?!
Eh bien mes chers lecteurs, nous y étions pour voir un ami. Henri (cf article sur le match de foot), est volontaire dans cette mission catholique où il est chargé d'un certain nombre de projets agricoles, et il a eu la gentillesse de nous recevoir pour une petite mise au vert de quelques jours.
Le départ était prévu pour vendredi après-midi, vers 14h car l'idée d'origine était d'arriver là-bas avant la nuit (qui tombe vers 18h en ce moment...). Sachez qu'il faut en temps normal environ 2h15 pour s'y rendre. Je dis en temps normal car pour nous, ça ne s'est pas passé exactement comme ça. Nous sommes pourtant partis à l'heure, pleins de bonne volonté, seulement, ici plus qu'ailleurs, tout ne dépend vraiment pas de nous, et l'heure et demie que nous avons passée dans le trotro pour rejoindre la gare routière de Kumasi depuis le campus nous l'a encore une fois prouvé. Nous avons eu beau nous dépêcher pour trouver un trotro pour Mampong, les embouteillages pour quitter Kumasi n'ont pas arrangé les choses, et nous sommes arrivés à Mampong à la tombée de la nuit. Petit pipi dans un coin pour Flore (je sais, je suis un salop!!) et hop, taxi collectif jusqu'à Ejura. Bon, en plus, on a mis notre grain de sel dans le retard puisqu'on s'est arrêtés à la mauvaise « station » à notre arrivée à Ejura, et Henri a dû nous chercher un peu. Bref, après le repas dans un petit resto d'Ejura (poulet riz frit comme d'hab faut pas s'attendre à autre cose), un peu fatigués et un peu moites nous avons finalement posé nos (petits) sacs.
Nous avons commencé par boire un verre de bienvenue avec les deux prêtres en charge de Babaso (tous deux nigérians et plutôt pas du genre stéréotype du prêtre...). L'un d'eux avait en plus passé 2 ans à Bangui et j'ai pu retrouver mes quelques mini bases restantes de Sangö.
Le petit verre terminé, Henri nous a fait découvrir la maison et nous avons fini la soirée tranquillement. En « brousse », y a pas grand chose à faire le soir... déjà qu'à Kumasi...
Ca me fait toujours un peu bizarre d'arriver à destination le soir car on ne peut pas voir grand chose de notre environnement, ni de ce qu'on est venu voir...
Lendemain, réveil ! Effectivement, c'est pas très très grand... et un peu rural, mais c'est plutôt vert et joli ! Quelques habitations sont rassemblées et les gens s'activent tranquillement devant leur maison. La plupart des bâtiments sont en béton, le vrai signe que c'est quand même un peu la cambrousse : les animaux. Y en a de partout, bien plus qu'en ville, et c'est aussi bien plus diversifié ! Des poules, des moutons, des chêvres ou encore des cochons gambadent gaiement autour des habitations, se régalant des divers détritus jetés ça et là. Henri nous montre quelques trucs dans le « compound ». On est surtout restés émerveillés devant l'arbre à Calebasse ! Vous saviez comment ça poussait vous ces trucs ?! Et ben voilà, merci Sylvain !!




On est restés quelques temps là dessous, Flore priait pour qu'il y en ait pas une qui lui tombe dessus, avant de repartir en s'éloignant petit à petit de Babaso. Le coin est vraiment joli, et comme nous l'explique Henri, nous sommes dans la zone de transition entre la forêt humide et la savane arborée (wikipédia est votre ami!). C'est vrai que la végétation change un peu, c'est en tout cas beaucoup moins touffu qu'entre Kumasi et Cape Coast par exemple, mais pour ceux qui pensent déjà au roi lion, on est quand même loin de ça ! Ca reste très vert !
Notre chemin a continué un peu, au gré des forêts et surtout des champs qui se succèdent là bas. On trouve en majorité des haricots et du maïs.





Puis nous avons croisé le petit cours d'eau où, comme dans chaque village, deux scènes de vie se heurtent : les femmes, et parfois les aînées de la famille (pas simple d'être l'aîné en Afrique) lavent le linge. A cinq mètres d'eux, les enfants du village chahutent et s'amusent dans l'eau un peu lessiveuse. Nous avons rapidement traversé, mais après quelques centaines de mètres nous avons rebroussé chemin et sommes donc retournés à la rivière. C'est arrivés là bas que l'un des enfants a dit « take a picture » ! LA phrase !! L'autorisation de faire des photos ! On hésite toujours dans ce genre d'endroits, vous aimeriez, vous, qu'un étranger vous demande de vous photographier quand vous étendez votre linge sur le balcon ? On a donc profité de cette super opportunité pour mitrailler ! Voilà les meilleures.







Après le bon quart d'heure passé avec les petits, nous somme rentrés tranquillement chez Henri pour manger un bout. Après la sieste obligatoire, nous avons quitté Babaso pour Ejura dans le but d'acheter quelques trucs. Ejura est plutôt petite, mais très fameuse au Ghana car son marché, chaque lundi, est une étape importante pour l'achat des légumes. Les lundis seulement, car on était samedi, et les légumes ne couraient pas vraiment les rues... Nous avons tout de même trouvé quelques trucs et sommes rentrés à Babaso. La soirée a, comme la veille, été calme. Il nous fallait dormir un peu ! On s'était couchés tard la veille, et le lendemain... Fallait déjà repartir.
Le dimanche matin a été plus que calme également. Henri parti à la messe (obligation professionnelle), nous avons profité d'un petit moment calme pour déjeuner tranquillement puis papoter. Et le moment de partir est vite arrivé. Le voyage n'aura pas été sans raison puisqu'on se débarrasse d'un paquet (Flore qui partira le lendemain vers le grand nord). Le retour a été plus rapide que l'aller, même si les 2h restent un fantasme. Ca nous a pris environ 3h pour rentrer à la maison, et préparer... la reprise du boulot, mais bon, c'est ce que je me dis à chaque fois : « Je suis quand même venu pour bosser... ».

A bientôt, de grosses bises

Sylv et Caro.

jeudi 11 octobre 2012

Football !

Salut tout le monde !

Toutes mes sincères excuses, ça fait un petit moment que je ne me suis pas penché réellement sur Ghana Mbi. Peut-être parce que je n'avais rien de très excitant à partager avec vous. Mais les choses ont changé ! Me revoilà! Avec la ferme intention de me faire pardonner pour cette longue absence !

Une fois n'est pas coutume, j'ai réussi à traîner Caro et Flore notre invitée, à... un match de foot !

J'en ai peut être déjà parlé un petit peu, ceux qui s'y connaissent le savent déjà, au Ghana, le foot est une véritable institution ! On s'en rend rapidement compte lorsqu'on remarque le nombre de personnes portant des maillots des différentes équipes, ou encore quand on compte le nombre de petits fagnons et produits dérivés accrochés dans les taxis.
Ils sont tous fans de 3 équipes :
- L'équipe nationale. Vous savez que le Ghana est une des meilleures équipes de football africaine.

- Un club européen. Evidemment, les clubs français sont totalement oubliés ! Ici, c'est le championnat anglais qui est prioritaire, suivi par le championnat espagnol. Pour les spécialistes, parmi les équipes qui ont le plus de succès, on trouve les Manchester, Arsenal, Chelsea, le Réal, le Barça, et dans une moindre mesure quelques fans d'Italie. J'ai croisé une ou deux fois un maillot lyonnais ou parisien, mais ça reste très rare ! En tout cas, vous ne pouvez pas être en manque de foot européen ici ! Tous les grands matchs sont diffusés n'importe où dans le pays ! C'est d'ailleurs dingue car quel que soit le match, on entend toujours des hurlements énormes à chaque événement, comme si on se trouvait à chaque fois dans la ville concernée par la partie. Autrement dit, l'université devient chaque week-end et à tour de rôle Manchester, Barcelone et Milan. La classe non ?!

- Le dernier club supporté par les ghanéen est le club local, car, oui, il existe un championnat national professionnel au Ghana qui, même s'il demeure d'un niveau moyen, attire les foules, et l'enthousiasme des spectateurs. C'est évidemment ce championnat que nous sommes allés voir dimanche.

En plus, nous avons de la chance, car kumasi possède un des clubs les plus fameux de ce championnat, le Réal Madrid du Ghana en quelque sorte,il évolue en rouge et blanc et s'appelle : « AS Kotoko Asante ».
Loin de moi l'idée de vous faire un descriptif total du club, je ne suis pas non plus spécialiste, mais en tout cas, sachez que c'est un des clubs les plus titrés du championnat, et leur dernier titre de champion du Ghana remonte à... juin dernier ! On est les champions en titre !
Alors évidemment, quand vous connaissez l'amour des gens pour le foot, la facilité que les gens ont à supporter un club qui gagne et que vous ajoutez la fierté qu'ont les gens d'être ashantis (j'en parlerai plus tard), ça ne peut faire que des étincelles ! Et c'est le cas !

Mon premier contact avec ce club : A mon arrivée, je suis allé boire un verre dans un bar dansant appelé « Echoes ». A un certain moment, une chanson (en langue locale donc incompréhensible pour moi, malheureusement) a créé une véritable émulsion, et au moins la moitié des gens tranquillement assis sur leurs siège se sont levés et se sont mis à courir dans le bar en balançant au dessus de leur tête n'importe quel objet pouvant ressembler à une écharpe. Cette chanson, c'était l'hymne de Kotoko !

Je savais que l'équipe évoluait au stade Baba Yara, en plein centre ville, et j'attendais avec impatience de pouvoir m'y rendre, pour goûter à l'ambiance au sein du stade. Il m'a quand même fallu attendre quasiment un an avant d'avoir enfin l'occasion d'y aller ! Laissez moi vous raconter !

Le championnat ghanéen se joue en général le dimanche après midi. C'est donc ce dimanche, à 14h (match à 15h) que nous nous sommes rendus, Flore, Caro et moi-même au stade. En trotro bien évidemment !
Après quelques minutes d'attente durant lesquelle certains supporter n'ont pas hésité à nous faire part de leur enthousiasme, par la voix, et grâce à la petite trompette qu'ils ont tous, nous avons retrouvé Olivier et Henry, deux amis français pour enfin pénétrer dans la symbolique antre de l'AS Kotoko Asante.



Comme vous pouvez le voir sur les différentes photos, le stade Baba Yara est plutôt grand, plutôt neuf, et contrairement au stade de Bangui, cette fois en tout cas, il n'accueillait pas 3 fois plus de supporters qu'il n'avait de place ! Nous nous sommes installés en tribune latérale, prêts à regarder le match.




Après quelques minutes d'attente en plein soleil (je rédigerai bientôt un nouvel article sur le climat) les joueurs reviennent sur la pelouse ! C'est l'heure des débats ! Nous jouons aujourd'hui contre Amidaus, le club de Tema (au sud du Ghana). Le stade n'est pas complet, mais est tout de même bien plein, surtout notre tribune ! Le match démarre !





Moi qui ai l'habitude de me rendre de temps en temps à Gerland, plus chaude ambiance de France (qui a dit que j'étais chauvin?), j'ai été un petit peu déçu par l'ambiance générale du stade. Les supporters ici sont plutôt spectateurs. En tout cas, très peu d'entre eux (à part le petit coin dans le virage qui mettait un peu d'ambiance) participe activement à faire la fête..
Attention ! Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ambiance ! Elle est tout simplement différente ! Très différente même !

Une grosse proportion des spectateurs regarde le match avec des écouteurs vissés sur les oreilles. Ecoutent-ils la musiques ? Sont-ils prêts à recevoir des appels? Que nenni ! Ils suivent un match à la radio ! Le match de Heart of Oaks, l'équipe rivale venue d'Accra ! Un peu comme un supporter lyonnais, qui gagne à moitié quand St Etienne a perdu (pareil avec Marseille et Paris etc...) ici, c'est Heart of Oaks qu'il faut dézinguer ! Le stade réagit d'ailleurs quasiment autant à ce qu'il se passe sur l'autre pelouse que devant leurs yeux. Non, j’exagère, car même s'il ne chante pas, le public réagit !
A chaque action manquée, passe raté, centre dans les tribunes, ou faute non sifflée, c'est l'effervescence. Tous les supporters se retournent les uns vers les autres et commentent à leur manière l'action qu'ils viennent de voir. Malheureusement pour nous, ces commentaires sont la plupart du temps en Twi, ce qui nous empêche de comprendre vraiment ce qu'ils disent, mais ça participe tout de même à rendre l'expérience encore plus dépaysante, d'autant que lorsqu'ils parlent Twi, on peut rapidement avoir l'impression que les gens s'engueulent ! Alors voilà, pour nous, étrangers venus voir un match, on a l'impression de se retrouver dans une tribune où les gens regardent 50% du match, et passent les 50% autres à s'engueuler ! Trop la classe !

Et le match alors ? Ben c'était le premier du championnat et Kotoko n'a pas l'air réellement prêt puisqu'on a été gratifiés d'un magnifique 0-0... Et on a presque perdus ! Mais finalement, et surtout pour nous, l'important, c'était vraiment de participer, et de boire une bière en terrasse pour se rafraichir !

On vous embrasse, et même quand je n'écris pas, on pense quand même un tout petit peu à vous.

Et à la votre!




Sylv et Caro.

dimanche 23 septembre 2012

Un peu d'économie ...


Salut tout le monde.

Allez, commençons aujourd'hui comme d'habitude : passons du coq à l'âne ! Après le super article de la semaine dernière sur les bonjour ghanéens, parlons un peu économie ! C'est important l'économie ! Surtout à cause de la crise ! Les gens s'y connaissent tous maintenant !
Une fois n'est pas coutume, cet article sera surtout destiné aux gens qui vont un jour se rendre au Ghana, ça peut leur donner une bonne idée de budget « dépenses ». Pour les autres, ça peut vous donner une petit idée des prix pratiqués ailleurs, et, vous vous en doutez, le prix de certains produits changent vachement entre la France et le Ghana.

Commençons par le commencement. Ici, la monnaie utilisée est le Ghana Cédi (GHC). Le taux de change par rapport à l'euro est d'environ 2,40, dépendant évidemment des fluctuations de la bourse. 1 euros = environ 2,40 cédis. Les centimes de cédis sont les pèséwas. La monnaie a récemment changé, et il arrive que les vendeurs utilisent encore l'ancienne. Un peu comme avec l'ancien franc, les GHC étaient moins forts, donc les prix beaucoup plus hauts. Quand on m'annonçait un prix de 7000GHC pour un paquet de biscuits, je tirai la gueule ! Maintenant j'ai compris ! Il suffit d'enlever 4 zéros ! Ca donne finalement 70 pésèwas ! Beaucoup mieux, et beaucoup plus abordable !
Le terme « Ghana » est une autre manière de parler de cédis. Les vendeurs demandent souvent « 3 ghana ». On comprend à force.

Alors, évidemment, nous achetons la grande majorité de nos produits au marché. Pas le méga marché central, mais le marché de « Tech junction », à côté de l'université. C'est assez proche de la maison, et on y trouve quasiment tout. Le reste s'achète à la zone commerciale de la fac. De temps en temps (environ 1 fois par mois), on se fait un petit plaisir et on va au supermarché d'importation pour prendre quelques incontournables introuvables ailleurs.
Au marché, sur les étals, les fruits et légumes sont souvent vendus soit à l'unité, soit exposés en petits tas. On achète le tas pour un prix rond. Allez, commençons un peu la liste des trucs qu'on achète très souvent. Ca vous donnera aussi une idée des produits disponibles ici.

Tomates : 4 ou 5 pour 1 cédis
Petits poivrons verts : 2 ou 3 pour 1 cédis
Oignons : 4 ou 5 pour 1 cédis
Avocats : selon la taille, ils oscillent entre 0,70 et 2 GHC.
Choux fleurs : 1 cédis le tout petit choux fleur
Carottes : 1 cédis les 4
Patates : 5 cédis le kilo (assez cher quand même!)
Petites bananes locales : environ 3 cédis la dizaine
Ananas : selon la taille, entre GHC 1 et GHC 2,50
Mangues : environ 1 cédis les 4.
Oranges : 20 pésèwas l'unité
Citrons (essentiel pour le rhum) : GHC 1 les 4
Farine blanche : 1,20 GhC la grosse tasse de 200g
sucre : même prix que la farine

Voilà pour les fruits et légumes. Evidemment, les prix varient selon la taille du fruit, et bien entendu, selon la saison. En ce moment, on ne trouve pas de mangues, et les bananes sont très chères. Par contre, les oranges inondent les étals ! En général au Ghana, on ne négocie pas. Bien qu'à force, on connaisse les prix, on peut râler quand on se fait arnaquer. Certains vendeurs n'hésitent pas à mettre le pâquet ! Pas plus tard qu'hier, nous avons voulu acheter du poisson, qu'on nous proposait à GHC 20. La vendeuse suivante nous a vendu les mêmes pour 7 cédis !
On peut quand même négocier un peu, surtout quand le produit que vous achetez n'est pas très joli. Un peu pourri, un peu fissuré, et vous pouvez demander une ristourne... Ca marche parfois ! Surtout quand on leur rappelle que si ce n'est pas nous qui achetons, ça leur restera sur les bras à la fin de la journée...
Continuons avec les divers produits manufacturés

Sachet de 5kg de riz : environ 18GHC
500g de pâtes : 1,50
boite de vache qui rit (universel la vache qui rit!) 2 cédis
boites de sardines et thon : environ 1,50 GHC
le pot de mayo basique est à environ 3,50 GHC.
Une bouteille de pinard (pas très bon, mais on s'en contente) coûte en moyenne 10GHC, alors qu'une bière de 75cl coûte à peu près 3,5 cédis.
Pour la viande, ce n'est malheureusement pas très diversifié. On trouve du poulet à 5 cédis le kilo, de la viande hachées 5cédis les 500 grammes, et des saucisses de volailles à 2,5 cédis les 10.
Pour le poisson, le prix oscille entre 5 et 15 cédis selon la taille et le type de poisson.

Voilà pour les trucs qu'on achète assez souvent. Si vous ne voulez pas faire les courses et manger seulement local, ici, ce sont les spécialistes des espèce de « patisseries salées » comme par exemple les roulés à la saucisses, ou les chaussons à la viande. Selon la taille, ils coûtent soit 50 pésewas, soit 1 cédis. Les sachets d'eau qu'on achète dans la rue sont à 10 pésewas. Un plat de riz dans les « restos U » de la facs coûte environ 4GHC (poulet compris), alors qu'un plat local vous coûtera environ 2,5 ou 3 cédis.

Hier a été un grand jour, car nous sommes allés au supermarché « Ababio », le supermarché d'importation pour se faire un rationnement en produits importés ! Alors, vous vous doutez que la qualité n'est pas réellement au rendez-vous, mais c'est mieux que rien. Vous imaginez aussi que ce genre de produits sont destinés à une clientèle plutôt friquée, et ça se ressent quelque peu sur les prix. En général, quand nous allons là bas, nous achetons :
Un bloc de gouda à environ 15 cédis les 200g
Une plaquette de beurre demi sel qui coûte à peu près 9 cédis
Une boite de conserve de 400g de jambon (oui oui, ça existe) coûtera environ le même prix.
La plaquette de chocolat coûte environ 8 cédis

Et c'est à peu près tout. Imaginez qu'on consomme tout ça avec modération. Le bloc de gouda et le beurre nous tiennent habituellement 3 semaines... minimum !!!


Voilà tout. Prenez bien note, vous aurez une interrogation écrite la prochaine fois. Si vous souhaitez connaître le prix d'autres produits, n'hésitez pas à me demander par mail ou même en commentant l'article. Vous aurez votre réponse !

De grosses bises à tout le monde !

Sylv et Caro.


dimanche 16 septembre 2012

Bonjour

Bonjour tout le monde !

Après une entracte de 2 semaines, revoilà un article sur Ghana-mbi.
Pour aujourd'hui, nous allons revenir aux bases ! C'est parfois nécessaires ! Et puis, je pensais déjà avoir traité le sujet, en fait, j'avais confondu avec bangui de grand chemin.
Faute avouée est à moitié pardonnée ! Alors bonne lecture !

En vivant dans un pays étranger, les relations inter-personnelles changent obligatoirement, à commencer par la manière de dire bonjour ! Petite explication du bonjour ghanéen :

Ici, comme dans la plupart des pays du monde, la bise n'existe ABSOLUMENT pas ! Hors de question ! Beurk ! J'ai quelque fois essayé avec des personnes que je connaissais bien, ou que je m'apprêtais à ne pas revoir pendant un long moment, si j'osais, je dirai que seule leur couleur de peau les a empêché de rougir. Ici, en tout cas, la bise paraît être aussi « osée » qu'un acte sexuel. C'est vous dire !

Je recommence ce paragraphe comme le précédent. Ici, comme dans la plupart des pays du monde, c'est la poignée de main qui prime. Tout le monde se sert la main, femmes, enfants, hommes, vieux, riches, jeune, pauvres... Ça paraît toujours aussi impersonnel pour un français, mais bon... C'est ainsi. Alors, évidemment, selon le degré d'affinité avec les gens, la poignée de main évolue ! Elle peut être plus longue avec les amis, et surtout, elle peut être suivie du fameux « check » tel que je l'avais découvert également à Bangui (je me demande d'ailleurs s'il n'existe pas sur tout le continent africain!). Alors, petite leçon pratique pour ceux qui ne suivaient pas mon blog précédent :
Choisissez un partenaire, et serrez lui la main tout à fait normalement.
C'est au moment où les mains sont sensées se séparer qu'il faut se concentrer ! Au lieu d'enlever votre main comme un malpoli, faites glisser vos doigts le long de la paume de la main de votre partenaire, jusqu'à ce que le bout de votre majeur soit contre le bout de son majeur.
Ajoutez votre pouce de l'autre côté du majeur de votre partenaire (vous le tenez entre vos deux doigts).
Dans un petit mouvement brusque vers le bas, vous devez essayer de faire claquer vos majeurs ensemble, comme lorsque vous écoutez de la musique qui vous plait et que vous claquez des doigts pour battre le rythme. Sauf que cette fois, vous êtes deux !
Lorsqu'un claquement sort de votre poignée de main, alors, à ce moment là, vous savez faire.
vous avez la clâsse !

Mis à part cette petite poignée de main stylée, ici, bien entendu, on fait des calins (hug pour les anglicistes)! Plein de calins ! Surtout en ce moment ! Les gens ne se sont pas vus depuis un moment à cause des vacances, alors ça n'arrête pas ! Pour nous, c'est toujours un peu surprenant, ça nous arrive quand même pas super souvent de faire ça en France. Et je me retrouve un peu dans la même situation qu'un ghanéen obligé de faire la bise. La première chose qui me vient en tête : « mais j'le connais pas assez pour lui faire un calin comme ça !!! ». bon, il paraît qu'ici, ça veut rien dire...

Voilà pour les relations physiques avec les personnes. Mais ici, étant donné que toute personne que vous croisez plus de 2 fois dans votre vie est potentiellement un ami, vous avez un sacré paquet de monde à saluer ! Et ça augmente quotidiennement en plus ! Et si vous serrez la main à tout le monde, le temps passé à travailler se réduira comme peau de chagrin ! Alors ici, on salue de la main. Un petit coucou, qui paraît tellement enfantin pour un français ! Mais les gens aiment ! Ils adorent ça, à condition que vous le fassiez avec la main droite ! Et ils répondent en général, soit par un sourire, soit par un geste de main similaire, soit par d'autres gestes un peu bizarres, il faut bien l'avouer :
salut militaire
On lève les poings comme si on venait de gagner la coupe du monde de foot
on montre son index et son majeur dans un mouvement pacifiste
clin d'oeil, ça peut arriver aussi parfois.

Bref, ne connaissant pas non plus tous les rouages du Ghana, je présume que tous ces gestes sont sensés vouloir dire bonjour... peut être...

La dernière chose dont on se rend vite compte avec les « bonjours » ici, c'est la différence de rythme ! A partir de 14h, terminés les « Hello! » ou « Hi ! ». bonjour les « good evening ». Vous venez tout juste de terminer le déjeuner, et c'est déjà le soir ! Mes étudiants font évidemment les mêmes erreurs en français, et si nous avons cours en début d'après midi, je peux être certain qu'en entrant dans la salle, ils m'accableront d'un « bonsoir ». Ahlala, comme dirait une personne un peu enveloppée : « ils sont fous ces ghanéens » !


Voilà tout pour aujourd'hui, je ne sais comment vous dire au revoir ! On se caline ? On s'fait la bise ? On se serre la pogne ? Peu importe après tout ! Tant qu'on arrive à dire ce qu'on veut !

Sylv et Caro.

dimanche 2 septembre 2012

Sans titre!

Bonjour à tous !

J'avais promis dans mon premier article sur Ghana-mbi que je vous dirais tout, que je ne cacherais rien. Alors voilà un article qui satisfera bien des curieux. C'est un sujet que je n'ai encore jamais vraiment abordé, et pourtant, c'est quelque chose totalement omniprésent dans notre vie quotidienne ici, au Ghana, et puis, par la même occasion dans les différents coins d'Afrique que j'ai visités.

Alors, avant de commencer, laissez moi vous prévenir, si vous êtes à table, ou si vous vous apprêtez à manger, ce n'est peut être pas le meilleur moment pour squatter sur Ghana-mbi, enfin, c'est votre choix après tout, je décline toute responsabilité !

Outre les routes et les bâtiments, il y a un élément qui ne trompe pas sur le développement d'un pays, c'est la forme et l'odeur... des toilettes !
En France faire ses besoins est tellement simple et pratique ! Les cuvettes sont en général propres, et maintenant même les WC publics sont dotés de systèmes de nettoyage complet ! On fait ses besoins dans les lieux publics dans d'aussi bonnes conditions quand chez soi ! On ne s'en rend même plus compte, mais c'est un sacré luxe ! Car tous les endroits du monde ne sont pas dotés de tels conforts pour nos petits fesses, et faire ses besoins peut parfois se transformer en réel parcours du combattant !

Les premiers WC publics restent les rues. Il est extrêmement régulier qu'on trouve quelqu'un en train de pisser quelque part en extérieur, et pas seulement dans la forêt ! Les dames profitent également de leurs longues robes pour s'accroupir et faire ce qu'elles ont à faire. Certains petits recoins dans l'université me rappellent d'ailleurs bien les rues de Lorient en plein festival interceltique ! Ici, pour être clair, on peut pisser à peu près de partout, à part s'il est écrit sur le mur « Do not urinate here » … On croise souvent ce genre d'écriteau !
Lors de notre voyage à Lomé, un soir, une envie soudaine m'a pris dans la rue, et je me suis approché du mur pour faire mon besoin, j'ai été assez surpris que Ben, notre couchsurfeur, me demande de ne pas faire ça contre un mur, mais plutôt au milieu de la rue ! On ne sait pas le pourquoi du comment, en tout cas, l'espace de quelques minutes, j'ai eu le rôle de mini rond-point !! encore un truc qu'on ne pige pas bien... !

Alors, ça c'est pour le pipi extérieur ! Comment ça se passe pour le reste ?
Comme je le dis souvent, le Ghana est un pays développé, et si on est privilégié (nous le sommes) on jouit d'un certain confort à ce niveau là ! La grande majorité des toilettes dans les lieux publics sont les mêmes que celles que l'on a en France. A la différence qu'ici, il n'y a pas de lavage automatique, et que même quand quelqu'un est sensé nettoyer, il peut arriver qu'il oublie... pendant un moment ! Les toilettes du bâtiment à côté de mon bureau sont restées telles qu'elles pendant plus d'1 mois. Il est loin le moment où l'odeur de javel vous chatouille les narines !

Au Togo, le voisin, c'est encore un petit peu différent ! Les toilettes dans les lieux publics « basiques », sont en général bien plus sommaires. Il s'agit d'une petit pièce à ciel ouvert avec un sol en pente. Dans le coin du mur, au bout de la pente, un trou, derrière le trou, le caniveau du bord de route. Et hop ! Ni vu ni connu ! Alors, dans un sens, le système est plutôt pas trop mal, et pas chiant à laver, puisqu'il suffit d'y balancer un seau d'eau pour que l'endroit soit clean ! Et puis, ça évite que les gens en foutent de partout, puisque, justement, le partout est toujours le bon endroit ! La classe !
Par contre, comment faire pour la grosse commission ? Sans mauvais jeu de mot, si vous êtes dans les rues de Lomé et qu'une grosse envie vous prend, vous êtes plutôt dans la merde ! Car absolument aucun maquis ou magasin n'a de coin adapté pour ça. Alors, attendez d'arriver à l'hôtel ou chez votre hôte pour pouvoir vous soulager. Par contre, ne vous attendez encore pas au grand confort, quoique ! Au Togo, les maisons ne sont en général pas reliées à l'eau courante, et il n'y a donc aucune chasse d'eau. Par contre, il y a une cuvette ! C'est dans ce cas le principe des « toilettes sèches » qui est préconisé. Des vers remplacent la chasse, et c'est pas trop mal ainsi ! Sachez qu'en général, ce type de WC sont à l'extérieur de la maison, dans le coin « hygiène » à côté de la douche. La plupart du temps, c'est à ciel ouvert (mieux pour les odeurs quand même), mais si c'est très bien entretenu, un toit ne pose aucun problème ! Si les toilettes sont occupées et que l'envie d'uriner se fait réellement pressante, vous pouvez toujours utiliser la douche, de toute manière, le système d'évacuation est le même que dans les toilettes publiques, tout ira dans la rue !
Pour ceux qui découvriraient ce genre de chose et souhaiteraient rendre les lieux un peu plus propres, évitez les produits chimiques, les vers n'aiment pas ça, et se feront un plaisir de sortir dans la cour pour respirer. Là, ça deviendra dégueu !!!

En Centrafrique, les choses sont encore un petit peu plus corsées ! Pas d'eau courante, donc pas de chasse d'eau, mais la petite chose qui manque, c'est la cuvette. Vous aurez donc la plupart du temps une petite pièce d'environ 2m carré, avec un trou. Pour éviter les odeurs, il arrive également d'utiliser le système de l'assiette qui bouche le trou. Lorsqu'on souhaite faire ses besoins, un coup de pompe dans l'assiette suffit à relever le couvercle ! Et voilà ! Dans les quartiers réellement pauvres, WC et douches partagent le même espace. Le seau d'eau d'avant la douche est cette fois vraiment préconisé ! Mais ça, je suppose que vous vous en doutez !


Voilà, je pense que c'est tout, je suis quand même assez fier de moi, j'ai réussi à faire 1 page et demie sur les toilettes en Afrique ! C'est déjà pas mal du tout ! J'espère n'avoir choqué personne, en tout cas, s'il vous prend l'envie de voyager pour la première fois dans ce genre de coin, vous ne pourrez pas dire qu'on vous a prévenu ! Et vous pourrez pas demander aux gens « mais, elle est où la cuvette ? », vous vous feriez bien foutre de vous !

De grosses bises à tous !

Sylv et Caro

PS : Ah oui ! J'oubliais de vous dire ! Le PQ est ici fait pour se moucher, optionnel en tout cas! Au Ghana, Secouer la petite goutte prend tout son sens !

dimanche 26 août 2012

Tro-tros


J'en ai déjà parlé, puis reparlé, puis encore parlé, mais finalement, vous en savez très peu ! Trop peu par rapport à tout ce qu'il y a à savoir là-dessus. Je veux parler aujourd'hui du moyen de transport le plus courant au Ghana, les vaisseaux de la route, les maseratti de l'Afrique, j'ai nommé : les trotros !
Alors, petit rappel pour les non-assidus au blog et qui auraient raté les quelques articles où j'y faisais référence : Les trotros sont des minibus, en général de 12 ou 16 places, qui remplissent à eux seuls le rôle de lignes de bus, quand ils se contentent de voyager en ville, ils peuvent également remplacer le train quand il s'agit de se déplacer d'une ville à une autre. Bref, quand tu veux aller quelque part, de toute manière, un trotro t'y mènera ! Il suffit juste de trouver le bon, et qu'il soit plein ! Car, je vous le rappelle, le trotro ne quittera sa gare de départ que lorsqu'il tous les sièges sont occupés !!
Alors qu'en France, le chauffeur du bus est le maitre à bord, et qu'il gère la conduite, ainsi que la surveillance du compostage des tickets de transport, au Ghana, c'est différent ! Le chauffeur est bien assez occupé à slalomer entre les voitures et à éviter les nids de poules qui bordent les routes ! Et c'est sûr que ça devient quand même difficile de tout gérer quand on a pour rôle de préserver la vie d'une quinzaine de personne ! Alors le chauffeur a un collègue, appelé ici « mate » (le compagnon...). Le mate a plusieurs rôle :
S'occuper du remplissage du véhicule, à son départ, et pendant son trajet si les gens descendent avant le terminus. La technique employée pour remplir cette tâche est divisible en deux partie : La gestuelle : Descendre de la voiture et la montrer du doigt. Le pointage du doigt est très important, parce que parfois, plusieurs trotros, qui partent du même endroit, vont au même endroit, alors il faut bien indiquer le bon, pour pas que les gens se trompent ! Je soupçonne aussi certains mate d'aimer tout simplement mettre des baffes! Ca arrive quand même assez régulièrement de passer à côté de l'un d'eux et... 'BIM' ! Petit claque qui mène toujours vers la même réaction « oooooh sorry!!! »
La deuxième partie pour remplir le trotro : la voix ! Bien sûr, c'est le plus efficace, car montrer le véhicule de manière muette ne servirait pas à grand chose ! Les mates ont en général une voix qui porte, je n'en ai jamais suivi un du début à la fin de la journée, mais je suis certains que leur voix est plus rauque en fin d'après-midi qu'en début de matiné, parce que, pardonnez moi l'expression : putain, qu'est ce qu'ils gueulent ! Alors, bien sûr, ils crient pas n'importe quoi, mais en général la destination finale du véhicule. Un peu comme pour nous avec les bus ou métros, on choisi une direction principale qui nous mènera à notre arrêt. Alors, concernant la destination, si vous souhaitez vous rendre au Ghana, il y a quelques petits trucs à savoir ! Sachez d'abord que la destination annoncée par le mate n'a phonétiquement rien à voir avec votre manière de prononcer le nom ! Petit exemple : Kejetia, le nom du marché central de Kumasi, se dit en language mate : « ketsia », Konongo se prononce plutôt « kwanango » quant à Ejisu, c'est plutôt « Edsou ». Cette impression d'accent à couper au couteau est encore plus flagrante car les mate, qui répètent leur destination en continue, donnent parfois l'impression d'être comme un disque, criant par exemple : « Konongo !! Konongo !! Konongo ! » mais de temps à autre, il semble que le disque se raye et ça deviendra alors : « konongo ! Kokokokokonongo, konoooooooongo ! » et ainsi de suite !
Pour les amis linguistes un peu perchés qui suivent le blog, je suis sûr qu'il est tout à fait possible de faire un thèse sur la prononciation des mates ! C'est certain !

Après un certain effort vocal et, surtout, après avoir mis quelques claques aux passants, le trotro est plein ! Enfin ! On est prêts à partir ! Le chauffeur démarre doucement et le mate, hyper agile ! Bien entendu, monte en marche dans le trotro. En général, une place lui est réservée à côté de la porte coulissante du véhicule, mais il arrive parfois que le minibus soit trop plein, c'est pour ça qu'une des qualités requises pour être un bon mate, c'est la souplesse ! Parfois, ils en ont bien besoin !
Une fois qu'on est partis, le fameux mate a pour tâche de gérer la validation des titres de transport, autrement dit, ils ont pour charge de récupérer l'argent du transport. Chaque « station » a un prix fixe, ça facilite bien les choses, il n'y a en général pas besoin de négocier le prix, comme ça peut être le cas dans le taxi. Le mate a alors pour charge de récupérer tout l'argent des passagers qui savent en général quel est le prix qu'ils doivent payer, et ils annoncent de toute manière la station à laquelle ils s'arrêtent. En général, le paiement commence par les passagers du fond, qui font passer leurs pièces aux passagers devant eux, qui donnent au mate. Dans le cas où il faudrait rendre de la monnaie, évidemment, c'est le chemin inverse qui est utilisé ! Une fois que tout l'habitacle a payé son dû, c'est au tour des passagers assis à la « place du mort » de payer. Dans ce cas, le mate crie « front ! » pour faire comprendre que leur portefeuille doit passer à la casserole ! Bien sûr, impossible de frauder dans un trotro ! Faut pas rêver !
Ah ! Ca fait un moment qu'on voyage ! Mon arrêt approche ! Mais que dois-je faire ?? Gesticuler dans tous les sens? Me mettre à pleurer ? Sauter en cours de route ? Nan !! Tout simplement crier : « Mate » ! et lui indiquer qu'on souhaite descendre ici.
Le mate et le chauffeur ne communiquent pas, du moins pas par voix. Pour indiquer qu'il faut s'arrêter, le mate (qui a en général le bras à l'extérieur du véhicule, sorti par la fenêtre), se contente de taper d'un coup sec sur le toit du trotro. C'est le signal ! Et le chauffeur s'arrête sur le bord de la route. C'est alors à notre tour de passer à l'action, de se faufiler au milieu du véhicule en faisant attention de n'éborgner personne avant d'atteindre la porte. Porte que, bien sûr, le mate nous ouvre. Il nous précède en descendant du véhicule, car en général, il bloque la sortie. Après avoir violenté un peu la porte coulissante qui est sortie de ses rails (ça arrive très régulièrement), le mate nous laisse sortir. On a payé, on est arrivés à bon port, et on peu tranquillement s'éloigner du trotro. Alors qu'on s'éloigne, une douce musique résonne dans nos oreilles : « Konongo ! Kokokokokonongo !! Konooooongo » ! Il faut bien combler les places qu'on vient de laisser vide !

Voilà, vous savez tout désormais sur comment se passe un voyage en trotro, et vous comprenez que le mate joue un rôle primordial ! A la fois mécano, banquier, portier, et hurleur professionnel (sans compter le mettage de claques...) ça fait un certain paquets de compétences ça !

De grosses bises à tout le monde ! Je profite de cet article pour souhaiter la bienvenue à la petite Jade, née le 21/08/2012.

A très bientôt

Sylv et Caro

mercredi 15 août 2012

On rentre 3 semaines et on repart....

Bonjour à tous !

J'avoue, On a traîné un petit peu avant de poster cet article. Mais on se disait qu'il vous fallait peut être un petit peu de temps pour digérer la série de longs textes pour raconter nos vacances, et puis, même si on en a toujours à dire, on n'avait rien d'urgent à partager avec vous !

La dernier article posté parlait de nos vacances, allez, changeons un petit peu de sujet, et parlons... de nos vacances ! Pas celle qu'on a passées en juillet, mais plutôt celles dont nous venons de revenir. Alors, rassurez-vous, et je me rassure par la même occasion, c'était moins intense, et ça ne fera l'objet que d'un article ! Pas de pages entières à lire, ne vous en faites pas !

Alors que pour l'excursion de juillet, on s'était concentrés sur la zone est du Ghana, et plus particulièrement la zone sud-est, cette fois, on est restés sur le sud, mais c'était l'ouest qui nous intéressait plus. On vous avait racontés nos aventures du mois de mars à Cape Coast, au fort d'Elmina, et Kakum Park, cette fois, on s'est encore un petit peu plus excentrés, direction la Côte d'Ivoire ! Sans toutefois traverser la frontière ! Malheureusement, les vacances étaient moins longues cette fois !

Comme c'est quasiment toujours le cas, les vacances ont commencé... à la station de bus STC, en direction de Takoradi, la troisième plus grande ville du pays, située à environ 1h30 de route à l'ouest de Cape Coast. Après le voyage en bus, toujours aussi long (plus de 6h quand même!), nous sommes arrivés à notre première destination, Takoradi donc, qui était plus une étape de passage qu'une réelle destination touristique. Mais il était impossible, en partant de Kumasi, de rejoindre directement notre destination finale. Enfin, si, ça l'était en fait, mais je vous expliquerai plus tard !
Nous sommes arrivés à Takoradi aux alentours de 18h, et la seule chose que nous ayons faite (à part s'étirer après le voyage éprouvant) c'est manger... On comptait faire un resto, mais ceux conseillés sur les guides étaient carrément hors de prix, on a donc mangé dans un « maquis », bien sûr, sans couteau ni fourchette, mais ça, on s'y fait !
Le lendemain matin, notre seul activité était « Monkey Hill », un colline un petit peu en périphérie de Takoradi. Comme son nom l'indique, c'est une colline protégée peuplée par un certain nombre de singes et on ne pouvait rater ça ! On a effectivement été gâtés ! A peine 100m effectués sur la route que déjà un arbre commençait à gigoter dans tous les sens ! Et avec nos yeux de lynx, qui commencent à être habitués à l'observation de faune et flore diverse au sein de la forêt tropicale, nous avons rapidement pu distinguer 1, puis 2, puis 3, en fait, plein de nos cousins ! Alors de quelle espèce s'agissait il ? Nous n'en avons absolument aucune idée ! Peut être qu'un spécialiste tombant par hasard sur ce blog aura l'amabilité de poster un commentaire pour m'indiquer le nom de ces singes. Ah bah oui, évidemment, y a des photos !





Nous n'avons malheureusement pas passé énormément de temps sur la colline aux singes, car des gens, et plus particulièrement le « garde » de la colline est venu nous demander « une aide financière », pour pouvoir visiter et prendre des photos des lieux. Evidemment, on s'était renseignés avant, et l'accès au site était ouvert à tous, à la limite, payable en sourire. Comme ce genre d'histoire arrive tout de même assez régulièrement, et que ça peut avoir tendance à nous gonfler, on a donc rebroussé chemin. De toute manière, on avait bien d'autres choses à faire. On a rempaqueté nos affaires, pour nous rendre à notre destination finale : Akwidaa Beach. Cette fois, ce n'était pas STC en charge de notre convoyage, mais plutôt STA, la Société des Trotros Abîmés. Encore une fois, le trotro était abîmé, mais en assez bon état pour nous mener à bon port. Et pourtant c'était pas de la tarte ! La route était la plus mauvaise que j'aie vu depuis que je suis au Ghana ! E en plus, il avait plu il y a peu ! Peut être même que la STA dispose de véhicule « TP » (trotros avec des Palmes). Enfin, bref, le voyage n'a tout de même pas été de tout repos ! Surtout entre Agona (notre étape sur la route) et Akwidaa.
Arrivés à destination, nous voilà parachutés sur une colline, à l'entrée d'un petit village tout à fait typiques ! Les maisons en béton se comptaient sur les doigts d'une main, et encore une fois, cette fameuse terre de couleur ocre était bel et bien présente ! C'est une fois arrivés en bas du village que nos yeux se sont écarquillés, et qu'on s'est attendus à passer quelques bonnes petites journées ! Au milieu du village, une petite rivière qui prenait sa source à quelques pas de là, dans la mer. Vers la gauche, la rivière se faisait plus importante, et s'éloignait au loin ! Bien sûr, un petit pont piéton permettait de passer d'une rive à l'autre ! A l'embouchure, du côté de la mer, et du côté de la rivière, un certain nombre d'embarcations colorées, attendaient leurs propriétaires pour partir en pêche, ou en croisière, bien que je doute qu'une croisière puisse être très reposante sur ce genre de bateau !
Bref, pour résumer, ce petit village nommé Akwidaa a tout l'air d'un petit coin de paradis ! Malheureusement, nous n'avons pas réellement osé prendre de photos, vous le savez, ça peut parfois poser des problèmes !
Après nous être un petit peu perdus entre les maisons, après nous être fait bêler dessus par les chèvres, et nous être fait passer entre les jambes par les poules, nous avons finalement trouvé le chemin qui menait à notre « hôtel ». Il fallait emprunter un petit passage sur les hauteurs, longer la mer, et redescendre pour... encore une fois pousser un « waouw ! ». Car, si le village était beau, le campement Ezile Bay ne pouvait pas le jalouser ! En bord de plage dans une petite baie d'environ 300 m de long, quelques bungalows se succédaient sur la plages, accompagnés bien entendu de tables pour manger un bout, et évidemment, de transats en bambous pour lambiner un peu. Tout ce qu'il fallait pour se reposer en fait ! Allez, stop la description, voilà des photos, car, si dans le village la retenue était de rigueur, une fois arrivés à destination, on s'en est donnés à cœur joie ! Les premières photos montrent d'ailleurs exactement le point de vue que l'on a lorsqu'on arrive. Pas mal nan ?






Et la première journée pourrait se résumer ainsi : petite bière au soleil (on ne vous cache rien ! Admettez que vous vous en doutiez!), petite baignade dans un océan qui reste quand même relativement froid, même sous les tropiques, et petites ballades dans les baies environnantes ! Car il n'y avait pas que celle là ! Après l'hôtel, encore une ! Et je suppose tout le long de la côte !
Notre seul mouvement pour cette première journée a été une petite ballade justement jusqu'à la baie suivante, on a quand même pris la peine de monter la petit colline pour prendre des photos... jugez en par vous même !






La deuxième journée sur place a été quelque peu plus active, rassurez-vous ! Les directeurs de l'hôtel (français! = bon repas avec du vin et quelques langoustines) nous ont indiqué un bar auquel il fallait se renseigner pour des balades en pirogue sur la rivière, et découvrir la mangrove ! C'était bien vu ! Et nous nous sommes rapidement trouvés sur une petite embarcation (pas une pirogue, malheureusement) pour faire une balade ! Nous n'avions pas pris l'appareil photo, il paraît que eau + haute technologie ça ne fait pas très bon ménage, et on ne sait jamais vraiment si on finira secs ou mouillés !
En tout cas, la ballade était très agréable, et on en a appris un tout petit plus sur la mangrove. Et puis, je me suis retrouvé avec une pagaye entre les mains et mes bras ont été mis à contribution ! Heureusement, j'avais fait mes armes à Bangui, et je n'ai pas été trop déboussolé !
En tout cas, une petite ballade d'une heure, au milieu d'une rivière, au calme, ça fait toujours du bien !
Une fois de retour à l'hôtel, nous n'avons pas traîné et nous avons cette fois chaussé les baskets (non, c'est faux, tous en claquette!) pour nous aventurer encore un petit peu plus à l'ouest du Ghana, en direction d'un coin bien connu ici : Cape Three Points. Certains connaissent car c'est une super coin pour surfer, d'autres parce que c'est un nom rigolo, nous, nous connaissions parce qu'il s'agit en fait du point le plus au sud du Ghana ! Rien de bien spécial là dedans, mais on en avait entendu parler, et il paraît que c'est joli ! En tout cas, avant d'y arriver, il fallait prendre notre courage à deux mains, car on avait quand même 6 bornes à parcourir pour s'y rendre ! Et comme nous sommes intelligents et très soucieux de notre santé, nous avons quitté l'hôtel à... 11h30 ! On voulait vraiment éviter le moment où le soleil tape !
La marche est passées plutôt rapidement, mais on a été ralentis en court de chemin ! Un groupe de 3 jeunes filles nous ont arrêtés pour qu'on les aide à charger leurs fagots de bois sur leur tête. Je doute qu'elle fasse ça depuis très longtemps d'ailleurs, car, mis à part l'ainée qui a su se stabiliser sans problème, les deux autres ados ne semblaient pas vraiment expérimentées ! Et il y avait toujours un problème ! Soit le foulard qu'elles se mettent sur la tête pour se protéger le crâne et stabiliser la charge ne tenait pas, soit les fagots n'étaient pas bien placés, soit, encore, c'était trop lourd ! Heureusement, un jeune homme du village est passé par là, et a accepté d'échanger avec la plus jeune son sac de maïs avec justement un des fagots, trop lourd à porter ! Et nous, ben on faisait notre entrainement de « épaulé jeté » de fagots de bois ! Et vous pouvez me faire confiance, ça pèse !! Lourd ! Et je pense qu'aucun de Caro ou moi n'aurait le cou et les jambes assez musclés pour porter ces charges!
Bref, après ce petit intermède « transpiration / mal aux bras » nous avons repris notre route pour finalement arriver 1h15 plus tard à Cape Three Points. Après le déjeuner dans l'auberge appelée Escape Three Points, et une petite conversation avec des touristes allemands, on a fait une promenade sur la plage et on a admiré le paysage. Cape Three Points est en fait la petite bande de terre qui s'avance dans la mer (oups, j'ai oublié mes cours de géo, comment ça s'appelle déjà ? Un cap ? Que dis-je, une péninsule? ahahah), au bout de celle ci, un phare. On venait de manger, et on avait laissé l'appétit de barracuda à Escape. En tout cas, le coin est très sympa, tout aussi calme qu'à Akwidaa, et on s'est permis de faire quelques roulés boulés dans le sable ! Caro s'est même permis un trempage de genoux inopiné dû à une vague un peu plus importante que les autres.




Bref, on s'est bien marrés, avant de rebrousser chemin, et de repartir d'où on venait. Cette fois, il était environ 15h, et... il faisait encore plus chaud qu'à l'aller ! Ca méritait bien une petite baignade à l'arrivée !

Et voilà, nos vacances était déjà terminées ! Et le lendemain, nous sommes repartis, avec comme idée de rallier directement Kumasi, d'abord avec la compagnie STA, puis STC pour Faire Takoradi- Kumasi. Le voyage commençait très mal car nous avons attendu notre premier trotro pendant une bonne heure, mais ensuite, les choses se sont goupillées au top !
Comme d'habitude, on est rentrés fatigués, faut dire qu'on avait quitté l'hôtel le matin à 8h30 et qu'on a posé nos valises à la maison le soir vers 19h30. L'équivalent en gros d'un « Accra - Paris », mais pour couvrir une distance de 400km. L'Afrique, c'est vraiment un autre monde !

On vous embrasse, en espérant que tout va bien pour vous !

Sylv et Caro

Ps: petit point statistique Ghana mbi a fêté il y a peu sa 2000 ème visite réparti sur 770 visiteurs différents environ.