Bonjour tout le monde.
Allez, j'ai pas été très sérieux depuis notre retour de vacances, et n'ai écrit qu'un pauvre petit article. Février sera plus productif ! Je l'espère en tout cas !
Comme je vous l'expliquais dans un article précédent, j'assure depuis juillet la fonction de coordinateur de la Maison Française de KNUST dans l'Université à Kumasi. La Maison Française étant une toute nouvelle structure, disons que je suis sensé essuyer les plâtres et faire des choses nouvelles, qui sont parfois quelque peu laborieuse.
Car la difficulté, ce n'est pas la Maison Française, mais l'Université ! On pourrait dire de manière respectueuse que ce n'est pas la machine la mieux huilée du monde. Pire ! Le Ghana (et une bonne partie de l'Afrique), ont eu l'excellente idée d'adopter le même type d'administration que nous, et ici aussi, alors que les règles et les lois font parfois office de décoration, la bureaucratie règne. Seul soucis : Les gens qui s'en occupent sont peut-être moins consciencieux... et le matériel moins efficace. Sans compter les coupures de courant. Ecoutez l'histoire d'un petit chèque, il illustrera bien ceci.
En juillet, lors de ma prise de fonction au sein de la Maison Française, il était prévu que l'ambassade de France me donne une petite somme d'argent, me permettant d'assurer le bon fonctionnement de la structure. Je me suis donc rapidement mis au boulot pour proposer un budget prévisionnel pour l'année universitaire à venir. Une fois ceci effectué, il a fallu que je me tourne vers l'université pour que le « Finance Office » (département en charge des pêpêtes à la fac) crée un compte « Maison Française » pour que l'argent puisse y être gardé. Finance Office a eu la très bonne idée de créer 2 comptes : le premier en euros, le deuxième en dollar. Hey, c'est assez comique puisque moi je suis au Ghana et que mes dépenses se feront donc en monnaie locale. Fort heureusement, un mail a suffi pour arranger les choses (la Maison Française a maintenant 3 comptes pour 3 devises!!). En tout cas, il fallait se dépêcher.
Quand tout était prêt du côté de l'université, on avait plus vraiment d'argent dans les caisses de l'ambassade, et on m'a demandé de patienter quelque peu... , août, puis septembre sont vite passés laissant place à octobre, et moi, j'avais besoin d'argent. Le compte était encore désespérément vide.
Un jour j'ai reçu un mail d'Accra : « c'est bon ! On balance le pognon ! ». Yiiiiha ! C'était fin-octobre, il était temps !
Après quelques jours, et confirmation qu'un virement avait été effectué sur le compte de l'université, j'ai contacté « Finance office » pour récupérer l'argent :
« aucun virement n'a été effectué » m'a-t-on dit
« bien sûr que si !! » l'ambassade m'a-t-elle répondu.
J'ai alors demandé à mon interlocuteur du Finance office s'il était bien certain de ce qu'il me disait, lui rappelant qu'il y avait plusieurs comptes...
« ah oui !! Touts mes excuses ! J'avais oublié de consulter le compte en ghana cédis ! » m'a-t-il finalement expliqué! Ouf ! J'avais eu chaud !
Avec l'assurance que l'argent était là, je pouvais enfin me permettre de sortir de mon bureau et de me rendre en personne auprès du Finance Office, pour obtenir des infos sur la manière dont je devais m'y prendre pour récupérer cet argent.
On m'a présenté quelqu'un qui s'occuperait de moi et m'expliquerait tout. Remarque, c'était plutôt simple, il suffisait que j'écrive une lettre adressée au « Finance Officer » pour lui demander de bien vouloir me donner la somme.
Le lendemain, j'étais à nouveau là bas.
« Ah, mais votre lettre, ça ne va pas monsieur »
« Bah, c'est exactement ce que vous m'avez demandé »
« Oui, mais bon, sur la lettre, nous on doit savoir ce que vous voulez faire avec cet argent »
(petit sourire) « c'est l'argent de l'ambassade, donné pour moi, vous n'être qu'intermédiaires »
« Non non, c'est comme ça ! Revenez avec une lettre expliquant les dépenses que vous comptez faire avec l'argent »
Le lendemain, j'étais à nouveau là- bas ! Prêt ! La lettre que j'avais entre les mains allait enfin me permettre de lancer les projets prévus depuis quelques mois déjà !
Ah bah non en fait ! Retour à la case départ. La personne qui s'occupait de moi avait oublié de me signifier un petit détail important :
« Ah, mais comme vous dépendez du Department of Modern Languages, vous ne pouvez pas prendre l'argent, c'est votre chef de département (Dr. Marfo) qui doit adresser la lettre au finance officer.
« Pu.... Commence à me gonfler cette histoire » ai-je pensé tout bas en quittant son bureau.
J'ai eu quelques difficultés à trouver Dr Marfo, je lui ai donc laissé un lettre lui expliquant qu'il devait faire une lettre au finance officer. Il a répondu à ma lettre par une autre lettre en m'expliquant qu'il avait rien compris et en me demandant de passer dans son bureau. Ce que j'ai fait. Après explications, il a tout pigé et a fait ce qui lui était demandé ! Cool ! A réception de la lettre du chef de département, le finance officer à répondu qu'il n'était pas au courant de cette somme d'argent (oui, vous comprenez, il est dans le bureau d'à côté... il peut pas tout savoir). Dans sa lettre, le finance officer demandait une preuve que cette somme avait été déposée pour la Maison Française... Heureusement, j'avais gardé les échanges de mails avec son collègue (vous savez, le mail où je lui demande de vérifier que le virement a été effectué alors qu'il m'assurait du contraire). Heureusement, ces échanges de mails accompagnés du justificatif de virement fourni par l'ambassade ont suffit. Dr Marfo pouvait alors faire les démarches.
Vous vous doutez que tout ca a pris quelque temps ! On était déjà début décembre !
« j'aurai l'argent avant noël ! » me suis-je stupidement dit.
Après quelques temps, Dr Marfo m'a confirmé qu'il avait envoyé la lettre, et que le processus était donc en court, qu'on aurait l'argent bientôt. Le petit chèque, qui était un peu feignant au départ à pas mal bougé à ce moment là ! Il a commencé par passer du « Finance Office » au « Budget Office ». Comme le temps passait, nous sommes partis en vacances... J'avais échoué, et l'argent ne servirait pas pour le 1er semestre de l'année universitaire.
En revenant au Ghana il y a quelques semaines, je me suis assuré que le chèque était bien au Budget Office. il a ensuite descendu un étage supplémentaire pour se retrouver au « Audit Office ». J'ai vérifié, il était là-bas avant qu'il n'arrive au « Cash Office ».
Le cash office, c'était la dernière étape. Je m'attendais à ce que le chef de département arrive rapidement avec une belle liasse de billets. Ca permettrait de lancer le deuxième semestre sur les chapeaux de roue !
Un jour, le chef m'a appelé. Il revenait du cash office. C'est bon ! J'allais enfin récupérer l'argent prévu pour septembre ! Je me suis vite rendu dans son bureau, avec la satisfaction du devoir accompli. J'ai frappé, me suis précipité à l'intérieur, et à voir la tête de Dr Marfo, quelque chose de pas cool se passait. Il a alors pris quelque chose sur son bureau, et me l'a tendu. Le cash office venait de lui faire... un chèque.
« C'est la Fac de sciences sociales qui doit encaisser ce chèque » lui a-t-on dit au cash office. « Voyez avec eux comment vous pouvez récupérer l'argent ».
Nous sommes maintenant le 2 février 2013. Nous en sommes pour l'instant à ce point là. J'en ai marre, mais ça va vite s'arranger, Je sais comment récupérer cet argent. A priori, c'est très simple. Tenez vous bien ! Je dois adresser une lettre à mon chef de département lui demandant de bien vouloir me donner la somme demandée. Sur cette lettre, je dois mettre un budget prévisionnel pour justifier des dépenses à effectuer. Le chef, une fois réception de cette lettre, devra écrire un courrier au « Dean of Social Science » pour lui demander de bien vouloir nous donner la somme que je demande.
Facile !!
Quoique.
Comme vous le voyez, tout est facile ici. Il faut comprendre ce qu'on nous conseille de faire, se douter que ça ne marchera pas, mais le faire quand même parce que ça prouve à tout le monde qu'on travaille bien ! Et puis, il faut écrire... Je maitrise absolument parfaitement les lettres administratives en anglais. C'est au moins ça ! Ah, et puis, si vous venez bosser ici un jour, soyez un peu patients !
Tout va bien pour nous, nous rentrons d'un week-end ressourçant à Accra. La vie à Kumasi reprend son cours. Tout va bien quoi !
De grosses bises de nous deux !
Sylv et Caro.
dimanche 3 février 2013
dimanche 20 janvier 2013
Mes chers lecteurs, bonjour !
Nous y revoilà ! Les batteries rechargées par ces agréables vacances en France, les bagages pleins de gourmandises qui sentent plus ou moins bon, nous sommes arrivés à bon port vendredi dernier. Une fois n'est pas coutume, la guigne de Caro nous a laissés tranquilles, mise à part un petite frayeur à l'arrivée finale, nous avons tourné au dessus de Kumasi pendant 30 minutes sans pouvoir atterrir. La visibilité était trop mauvaise. L'Harmattan est là ! Pour ceux (nombreux) qui pensaient jusqu'ici que l'Harmattan n'était qu'un maison d'édition, je vous renvoie à l'article que j'ai écris l'année dernière à ce sujet. Ca m'évitera de me répéter. Ghana Mbi est un blog exigeant !
Je pense que certain d'entre vous qui sont très informés sur l'actualité internationale ont pensé à moi ces derniers temps. Quelques soucis politiques se sont produits en République Centrafricaine où j'ai passé 9 mois il y a de cela 2 ans. Ces événements m'ont en tout cas donné une idée pour Ghana Mbi... Comment ?
Une grande partie d'entre vous n'a pas suivi le blog que je tenais à l'époque, et j'ai pensé qu'il serait bon, pour une fois, de ne pas me concentrer sur le Ghana et de vous faire une mini compilation des plus belles photos que j'ai prises lorsque j'étais à Bangui. Un des buts de Ghana mbi est quand même de montrer des belles choses ! Et puis finalement, l'image que j'ai de ce pays n'est pas celle d'un pays dangereux... au contraire !
Sylv
Nous y revoilà ! Les batteries rechargées par ces agréables vacances en France, les bagages pleins de gourmandises qui sentent plus ou moins bon, nous sommes arrivés à bon port vendredi dernier. Une fois n'est pas coutume, la guigne de Caro nous a laissés tranquilles, mise à part un petite frayeur à l'arrivée finale, nous avons tourné au dessus de Kumasi pendant 30 minutes sans pouvoir atterrir. La visibilité était trop mauvaise. L'Harmattan est là ! Pour ceux (nombreux) qui pensaient jusqu'ici que l'Harmattan n'était qu'un maison d'édition, je vous renvoie à l'article que j'ai écris l'année dernière à ce sujet. Ca m'évitera de me répéter. Ghana Mbi est un blog exigeant !
Je pense que certain d'entre vous qui sont très informés sur l'actualité internationale ont pensé à moi ces derniers temps. Quelques soucis politiques se sont produits en République Centrafricaine où j'ai passé 9 mois il y a de cela 2 ans. Ces événements m'ont en tout cas donné une idée pour Ghana Mbi... Comment ?
Une grande partie d'entre vous n'a pas suivi le blog que je tenais à l'époque, et j'ai pensé qu'il serait bon, pour une fois, de ne pas me concentrer sur le Ghana et de vous faire une mini compilation des plus belles photos que j'ai prises lorsque j'étais à Bangui. Un des buts de Ghana mbi est quand même de montrer des belles choses ! Et puis finalement, l'image que j'ai de ce pays n'est pas celle d'un pays dangereux... au contraire !
Sylv
dimanche 16 décembre 2012
Mes chers lecteurs bonjour.
Cet article est un peu particulier puisqu'il s'agit probablement du dernier sur ghana-mbi avant l'année 2013. La plupart d'entre vous est déjà au courant, nous rentrons quelques temps au bercail le week-aend prochain, et nous ne reviendrons au Ghana que le 10 janvier. Une chose est sûre en tout cas, revenir va nous faire beaucoup de bien !!
Quoiqu'il en soit, nous sommes encore ici, et le premier semestre de l'année universitaire touche à sa fin, amenant dans son sillage des centaines de copies à corriger et des étudiants en panique parce qu'ils ont raté leurs examens (ou qu'ils ont oublié qu'ils en avaient un...).
Je me suis rendu compte avec un petit peu de recul que, même si je travaille depuis mon arrivée à l'université, je n'ai finalement que très peu parlé du système universitaire ghanéen. J'ai expliqué l'organisation spatiale et hiérarchique de la fac, mais pour le reste, vous ne savez (encore) rien, même si ça ressemble un petit peu au système français.
Ici, la grande différence avec la France réside dans le fait que pour obtenir son bachelor (licence) il faut étudier pendant 4 ans. Il y a donc une année supplémentaire pour le premier diplôme. Les masters et doctorats, eux, suivent la même logique qu'en France.
Lorsque vous arrivez à la fac au Ghana, vous postulez dans les départements qui vous tentent le plus, sachant que c'est en général votre note au bac qui définira votre « affectation ». Autrement dit, en prenant un cas concret, si vous vous êtes vautré en géo lors de l'examen final, inutile d'espérer accéder à la licence de géo. Finalement, déjà dès l'entrée, une petite sélection s'opère, même s'il est quand même plutôt fréquent que les étudiants s'inscrivent d'eux mêmes dans les matières qu'ils réussissent le mieux.
En France, les études universitaires sont très spécialisées, vous avez décidé de faire de l'histoire ? Vous mangerez de l'histoire à longueur de temps, et seules quelques options vous permettront de varier les plaisir. Ici, les cursus sont obligatoirement doubles. Tous les étudiants suivent donc 2 cursus dans les mêmes études (un « major » et un « minor »). Le volume horaire de chacun de ces programme est identique, c'est au niveau des crédits (coefficients ) que la différence se fait.
Les étudiants doivent également, pendant 1 semestre dans leur licence (quand ils le souhaitent) suivre le « VC course » qui sont des cours de sport ou des cours artistiques (danse traditionnelle, drumming, peinture). Je trouve personnellement que c'est pas une mauvaise idée !
L'année universitaire démarre mi-aout avec l'arrivée des « continuous students » (tout le monde sauf les premières années). La fin du mois est en général réservée à l'inscription administrative des étudiants qui courent de partout pour s'inscrire dans leur département et leurs différentes option. Du côté des profs, c'est le calme avant la tempête, le semestre va bientôt commencer !
Début septembre, c'est parti pour 12 semaines (théoriques) de classe. Comme à l'université française, les emplois du temps ne sont pas les plus chargés du monde (entre 15 et 20h par semaine). Mi-septembre, les « freshers » (1ere année) arrivent, avec les yeux écarquillés par la taille du campus. Si j'étais le VC, j'obligerai toutes les premières années à avoir une boussole dans la poche pendant leurs 2 premières semaines à la fac...
Deux semaine d'inscriptions (où c'est un peu l'anarchie, il faut l'avouer), et les freshers rejoignent leurs aînés dans les salles de classes à partir de début octobre, le semestre a réellement démarré... sur un rythme plutôt coolos, les centres de ressource sont plutôt fréquentés, toujours par les mêmes étudiants, comme en France en fait.
A partir de fin octobre, la première période d'examens arrive, et la première vague de stress s'empare de la fac, c'est les « midsem » (midsemester), qui comptent en général pour 30 % de la note finale du semestre. J'ai été très surpris l'an dernier en me rendant compte qu'une fois les midsem passés, beaucoup d'étudiants ne vont plus en cours... Ils semblent considérer qu'ils ont eu leur dose et qu'ils pourront avoir leurs exams finaux sans soucis... Ainsi soit-il.
Après les 2 semaines de midsem on repart pour quelques semaines de cours qui se concluent par les exams finaux (fin novembre), qui comptent pour 70 % de la note finale du semestre. Bizarrement, les centres de ressources se remplissent à ras bord à partir de début novembre, et tout ceux qui ont rien foutu depuis septembre travaillent comme des fous... Ah, en fait, ça change pas par rapport à la France ! Ah si ! Y a un truc qui change : les centres de ressources ne sont pas les seuls à voir leur fréquentation augmenter, les étudiants ghanéens sont très pieux, et certains préfèrent prier plutôt que réviser, les églises font le plein !!
Fin décembre, les exams sont terminés, et les étudiants se ruent hors de la fac, les vacances arrivent, il faut surtout pas manquer la moindre seconde ! Les profs empilent les copies sur leur bureau et se penchent avec attention sur les travaux de leurs étudiants (ou refilent les copies à d'anciens étudiants pour qu'ils le fassent à leur place). Ici, de toute manière, quasiment tout le monde réussit son année, et celui qui se rate a eu de gros problèmes de santé en général. Chez nous, et vous serez peu nombreux à me contredire (j'espère), avoir 14/20 à la fac est déjà un bon résultat, des notes comme 18/19 sont quasiment inatteignables ! Ici, c'est le contraire. Comme l'a dit ma patronne il y a peu : « ici, pour les midsems, il faut considérer que ceux qui ont moins de 23/30 sont des nuls ». C'est un peu vrai pour être honnête, et pour moi, c'est vraiment bizarre !
Mi-janvier, tout le monde reprend, et c'est reparti ! De janvier à mai, c'est le même rituel : 1 mois et demi très calme, 2 semaines de pression, environ 2 semaines de total relâchement, puis à peu près 3 semaines de stress et de travail pour 2 semaines d'examens qui décideront si oui ou non vous passez en année supérieure, ce qui ne devrait pas être mis en doute.
Mi mai, tout est terminé et les étudiants font leurs bagages pour de vrai cette fois-ci. Peu à peu, le campus qui accueille pendant 9 mois presque 40000 étudiants se vide pour ne devenir qu'une ville fantôme. Ils reviendront en août pour la même mascarade. A l'Université de Kumasi, ça fait 60 ans que ça dure, et apparemment, personne ne s'en lasse !!!
C'est tout pour cette fois, parlons un peu pokitique, les élections sont désormais passées, et se sont déroulées dans le calme. Le président sortant qui avait remplace Atta Mills à sa mort (Mahama) a été réélu avec 50,7 % des voix et il n'y aura donc pas de 2ème tour. Son opposant (Akufo Addo) conteste les résultats et fait intervenir la justice dans l'histoire... Apparemment, ça n'aura aucune influence puisque la communauté internationale a accepté ces résultats et que les élections se sont assez bien passées pour que l'on ait pas de doute sur l'identité du vainqueur. Il est un peu mauvais perdant Akufo Addo.
De grosses bises, en attendant de vous voir en chaire et en os dans 1 semaine.
Sylv et Caro.
Cet article est un peu particulier puisqu'il s'agit probablement du dernier sur ghana-mbi avant l'année 2013. La plupart d'entre vous est déjà au courant, nous rentrons quelques temps au bercail le week-aend prochain, et nous ne reviendrons au Ghana que le 10 janvier. Une chose est sûre en tout cas, revenir va nous faire beaucoup de bien !!
Quoiqu'il en soit, nous sommes encore ici, et le premier semestre de l'année universitaire touche à sa fin, amenant dans son sillage des centaines de copies à corriger et des étudiants en panique parce qu'ils ont raté leurs examens (ou qu'ils ont oublié qu'ils en avaient un...).
Je me suis rendu compte avec un petit peu de recul que, même si je travaille depuis mon arrivée à l'université, je n'ai finalement que très peu parlé du système universitaire ghanéen. J'ai expliqué l'organisation spatiale et hiérarchique de la fac, mais pour le reste, vous ne savez (encore) rien, même si ça ressemble un petit peu au système français.
Ici, la grande différence avec la France réside dans le fait que pour obtenir son bachelor (licence) il faut étudier pendant 4 ans. Il y a donc une année supplémentaire pour le premier diplôme. Les masters et doctorats, eux, suivent la même logique qu'en France.
Lorsque vous arrivez à la fac au Ghana, vous postulez dans les départements qui vous tentent le plus, sachant que c'est en général votre note au bac qui définira votre « affectation ». Autrement dit, en prenant un cas concret, si vous vous êtes vautré en géo lors de l'examen final, inutile d'espérer accéder à la licence de géo. Finalement, déjà dès l'entrée, une petite sélection s'opère, même s'il est quand même plutôt fréquent que les étudiants s'inscrivent d'eux mêmes dans les matières qu'ils réussissent le mieux.
En France, les études universitaires sont très spécialisées, vous avez décidé de faire de l'histoire ? Vous mangerez de l'histoire à longueur de temps, et seules quelques options vous permettront de varier les plaisir. Ici, les cursus sont obligatoirement doubles. Tous les étudiants suivent donc 2 cursus dans les mêmes études (un « major » et un « minor »). Le volume horaire de chacun de ces programme est identique, c'est au niveau des crédits (coefficients ) que la différence se fait.
Les étudiants doivent également, pendant 1 semestre dans leur licence (quand ils le souhaitent) suivre le « VC course » qui sont des cours de sport ou des cours artistiques (danse traditionnelle, drumming, peinture). Je trouve personnellement que c'est pas une mauvaise idée !
L'année universitaire démarre mi-aout avec l'arrivée des « continuous students » (tout le monde sauf les premières années). La fin du mois est en général réservée à l'inscription administrative des étudiants qui courent de partout pour s'inscrire dans leur département et leurs différentes option. Du côté des profs, c'est le calme avant la tempête, le semestre va bientôt commencer !
Début septembre, c'est parti pour 12 semaines (théoriques) de classe. Comme à l'université française, les emplois du temps ne sont pas les plus chargés du monde (entre 15 et 20h par semaine). Mi-septembre, les « freshers » (1ere année) arrivent, avec les yeux écarquillés par la taille du campus. Si j'étais le VC, j'obligerai toutes les premières années à avoir une boussole dans la poche pendant leurs 2 premières semaines à la fac...
Deux semaine d'inscriptions (où c'est un peu l'anarchie, il faut l'avouer), et les freshers rejoignent leurs aînés dans les salles de classes à partir de début octobre, le semestre a réellement démarré... sur un rythme plutôt coolos, les centres de ressource sont plutôt fréquentés, toujours par les mêmes étudiants, comme en France en fait.
A partir de fin octobre, la première période d'examens arrive, et la première vague de stress s'empare de la fac, c'est les « midsem » (midsemester), qui comptent en général pour 30 % de la note finale du semestre. J'ai été très surpris l'an dernier en me rendant compte qu'une fois les midsem passés, beaucoup d'étudiants ne vont plus en cours... Ils semblent considérer qu'ils ont eu leur dose et qu'ils pourront avoir leurs exams finaux sans soucis... Ainsi soit-il.
Après les 2 semaines de midsem on repart pour quelques semaines de cours qui se concluent par les exams finaux (fin novembre), qui comptent pour 70 % de la note finale du semestre. Bizarrement, les centres de ressources se remplissent à ras bord à partir de début novembre, et tout ceux qui ont rien foutu depuis septembre travaillent comme des fous... Ah, en fait, ça change pas par rapport à la France ! Ah si ! Y a un truc qui change : les centres de ressources ne sont pas les seuls à voir leur fréquentation augmenter, les étudiants ghanéens sont très pieux, et certains préfèrent prier plutôt que réviser, les églises font le plein !!
Fin décembre, les exams sont terminés, et les étudiants se ruent hors de la fac, les vacances arrivent, il faut surtout pas manquer la moindre seconde ! Les profs empilent les copies sur leur bureau et se penchent avec attention sur les travaux de leurs étudiants (ou refilent les copies à d'anciens étudiants pour qu'ils le fassent à leur place). Ici, de toute manière, quasiment tout le monde réussit son année, et celui qui se rate a eu de gros problèmes de santé en général. Chez nous, et vous serez peu nombreux à me contredire (j'espère), avoir 14/20 à la fac est déjà un bon résultat, des notes comme 18/19 sont quasiment inatteignables ! Ici, c'est le contraire. Comme l'a dit ma patronne il y a peu : « ici, pour les midsems, il faut considérer que ceux qui ont moins de 23/30 sont des nuls ». C'est un peu vrai pour être honnête, et pour moi, c'est vraiment bizarre !
Mi-janvier, tout le monde reprend, et c'est reparti ! De janvier à mai, c'est le même rituel : 1 mois et demi très calme, 2 semaines de pression, environ 2 semaines de total relâchement, puis à peu près 3 semaines de stress et de travail pour 2 semaines d'examens qui décideront si oui ou non vous passez en année supérieure, ce qui ne devrait pas être mis en doute.
Mi mai, tout est terminé et les étudiants font leurs bagages pour de vrai cette fois-ci. Peu à peu, le campus qui accueille pendant 9 mois presque 40000 étudiants se vide pour ne devenir qu'une ville fantôme. Ils reviendront en août pour la même mascarade. A l'Université de Kumasi, ça fait 60 ans que ça dure, et apparemment, personne ne s'en lasse !!!
C'est tout pour cette fois, parlons un peu pokitique, les élections sont désormais passées, et se sont déroulées dans le calme. Le président sortant qui avait remplace Atta Mills à sa mort (Mahama) a été réélu avec 50,7 % des voix et il n'y aura donc pas de 2ème tour. Son opposant (Akufo Addo) conteste les résultats et fait intervenir la justice dans l'histoire... Apparemment, ça n'aura aucune influence puisque la communauté internationale a accepté ces résultats et que les élections se sont assez bien passées pour que l'on ait pas de doute sur l'identité du vainqueur. Il est un peu mauvais perdant Akufo Addo.
De grosses bises, en attendant de vous voir en chaire et en os dans 1 semaine.
Sylv et Caro.
dimanche 2 décembre 2012
30 millions d'amis
Bonjour à tous.
Aujourd'hui, nous avons décidé de partager avec vous un article un petit peu particulier. Ghana mbi se passera cette semaine de paroles inutiles, et de textes de plusieurs pages, pour partager avec vous une foule de photos.
Depuis 1 an que je suis ici, j'en ai fait des rencontres ! Des étudiants, des profs, un ambassadeur, des présidents d'université, des commerçants... Bref, un paquet de monde ! J'ai également fait d'autres rencontres, moins constructives, certes, mais parfois plus faciles à photographier.
Ils nous ont fait rire, ils nous ont foutu la trouille, ils nous ont fait halluciner, on les a chassés, tués, observés, nourris, et chaque fois, finalement, la seule chose qu'il nous reste, c'est une ou deux photos sur un ordinateur. Allez, j'arrête de parler, profitez.
Des fourmis combattantes, petites mais douloureuses quand elles vous accrochent.
Leur maison.
Un truc qui vole?
Une termitière, jolie non?
Une araignée d'assez gros calibre.
Le papillon militaire.
"El Boliviano" l'ai-je surnommé.
Scarabées Porte bonheur?
Quelques papillons:
Encore quelques autres amis mais un peu plus gros.
Un oiseau
Un crocodile qui aimerait bien manger la photo précédente.
Une chèvre affamée.
Mais surtout n'oublions pas nos amis les chiens.
Abena notre chienne.
Et ses petits qui ont fait craquer beaucoup de monde.
Pour finir Collier que nous avons gardé jusqu'à 4 mois, gros mangeur de riz et gros crado.
Bisous
Sylv et Caro.
Aujourd'hui, nous avons décidé de partager avec vous un article un petit peu particulier. Ghana mbi se passera cette semaine de paroles inutiles, et de textes de plusieurs pages, pour partager avec vous une foule de photos.
Depuis 1 an que je suis ici, j'en ai fait des rencontres ! Des étudiants, des profs, un ambassadeur, des présidents d'université, des commerçants... Bref, un paquet de monde ! J'ai également fait d'autres rencontres, moins constructives, certes, mais parfois plus faciles à photographier.
Ils nous ont fait rire, ils nous ont foutu la trouille, ils nous ont fait halluciner, on les a chassés, tués, observés, nourris, et chaque fois, finalement, la seule chose qu'il nous reste, c'est une ou deux photos sur un ordinateur. Allez, j'arrête de parler, profitez.
Des fourmis combattantes, petites mais douloureuses quand elles vous accrochent.
Leur maison.
Un truc qui vole?
Une termitière, jolie non?
Une araignée d'assez gros calibre.
Le papillon militaire.
"El Boliviano" l'ai-je surnommé.
Scarabées Porte bonheur?
Quelques papillons:
Encore quelques autres amis mais un peu plus gros.
Un oiseau
Un crocodile qui aimerait bien manger la photo précédente.
Une chèvre affamée.
Mais surtout n'oublions pas nos amis les chiens.
Abena notre chienne.
Et ses petits qui ont fait craquer beaucoup de monde.
Pour finir Collier que nous avons gardé jusqu'à 4 mois, gros mangeur de riz et gros crado.
Bisous
Sylv et Caro.
samedi 24 novembre 2012
Un peu de politique ...
Salut tout le monde !
Les plus calés d'entre vous en actualité sont au courant, les autres l'apprendront probablement à travers cet article, le Ghana a connu il y a peu et connaitra d'ici peu quelques chamboulements importants.
C'était le 24 juillet 2012, nous étions rentrés du Togo quelques jours plus tôt, et j'étais officiellement un peu plus vieux depuis la veille. C'est alors qu'un ami ghanéen nous a appelé nous demandant :
- « Vous êtes au courant ? »
« Non ! »
« On est en deuil, le président est mort »
Après vérification, c'était bien vrai. John Atta Mills, président en poste depuis trois ans venait de décéder subitement. Nous n'avions donc plus de président...
Alors l'addition hâtive est la plus facile : pays d'Afrique + pas de président = hmmmm, pas cool !!!
Effectivement... ailleurs en tout cas, car s'il y a bien une chose pour laquelle le Ghana dépasse de loin tous ses voisins, c'est bien sa stabilité politique. Ici, les choses se sont passées dans un sérénité incroyable.
Les différents monuments et lieux publics du pays (statues, bâtiments administratifs...) ont revêtus leurs habits de deuil (tissus noirs entre autre) et le pays est doucement entré dans une période d'hommage au président défunt. Les conversations de trottoir ressemblaient à ça (désolé, je ne voudrais pas traduire, pour ceux qui ne comprennent pas, vous n'aviez qu'à bosser un peu plus à l'école;) :
Moi : « Hey, it's been a long time, how are you ? »
Pas moi : - Yeah, I'm OK, but you know I'm sad.
Moi (stupidement) : - really ? What's wrong ?
pas moi – Our president's dead man ! »
Et c'est la chose qui m'a peut être le plus étonné, pendant l'espace de quelques temps la tradition du deuil, si présente ici, a complètement éclipsé toute appartenance politique. Les partis n'existaient plus...
De son côté, le gouvernement travaillait tranquillement, et en l'espace d'une journée, le vice président (John Dramani Mahama) devenait le vrai président, jusqu'à la fin du mandat prévu... Et à part la journée nationale d'hommage à Atta Mills (jour férié), l'affaire était oubliée en deux semaines ! La grande classe.
Puis le temps est passé doucement nous menant au mois de novembre, mois précédent l'élection présidentielle ! Nous y sommes, elles pointent le bout de leur nez, sereinement elles aussi !
Depuis quelques semaines maintenant, nous sommes donc rentrés en période de campagne intensive et les différents candidats, en particulier les deux favoris sont partout. Des petites posters d'eux sont collés sur chaque réverbère des avenues principales, des drapeaux des partis flottent sur ces mêmes réverbères, le sol, et surtout les sol bien propre de l'université sont décorés de posters à la gloire du candidats. Alors, concernant les posters, ils n'ont absolument rien de différents des nôtres... Je passe dessus.
La grande différence réside en particulier dans l'attitude des militants. Alors que chez nous, les militants tractent au maximum (entre autre bien entendu), ici, le principe du militantisme c'est de monter dans un bus, porter les couleurs du parti, avec des drapeaux, mettre la musique à donf, et faire le maximum de bruit pour se faire remarquer. C'est finalement un peu comme quand les black stars (foot) jouent...
Alors, j'avoue ne pas être exactement au courant de tout, malheureusement je n'ai pas très facilement accès aux journaux, et la radio est en majorité en twi (ou de trop mauvaise qualité pour être comprise en anglais), je suis donc pas un pro de l'élection ghanéenne. Il y a en tout cas 8 candidats, dont 2 grands favoris :
Le NDC (National Democratic Congress) est représenté par le président sortant John Dramani Mahama.
Le NPP (New Patriotic Party) est lui représenté par Nana Akufo-Addo (qui n'est pas une femme).
Il faut également savoir que ces deux partis représentent plus ou moins une majorité ethnique.... Les Akans (famille à laquelle est rattachée l'ethnie ashanti, dominante à Kumasi) ont plutôt tendance à voter NPP, les autres ethnies (Ewe, Ga) ont une légère préférence vers le NDC. Mais c'est une constatation très légère qui ne peut pas être comparée à d'autres pays (Centrafrique??).
Voilà, vous en savez déjà pas mal, je ne parlerai pas des programmes, car je ne suis clairement pas assez calé pour vous les présenter objectivement...
En tout cas, ces six mois auront été agités politiquement, et le seront encore jusqu'au 7 décembre, jour du premier tour (férié pour le coup). En tout cas, les choses sont très calmes, et tout cela se passe dans une vraie bonne ambiance. De notre côté, nous aurons, le temps de notre séjour, vécu sans président de la république pendant quelques heures, et vécu une présidentielle en terres étrangères. Bon bilan.
A bientôt
Sylvain et Caro
Les plus calés d'entre vous en actualité sont au courant, les autres l'apprendront probablement à travers cet article, le Ghana a connu il y a peu et connaitra d'ici peu quelques chamboulements importants.
C'était le 24 juillet 2012, nous étions rentrés du Togo quelques jours plus tôt, et j'étais officiellement un peu plus vieux depuis la veille. C'est alors qu'un ami ghanéen nous a appelé nous demandant :
- « Vous êtes au courant ? »
« Non ! »
« On est en deuil, le président est mort »
Après vérification, c'était bien vrai. John Atta Mills, président en poste depuis trois ans venait de décéder subitement. Nous n'avions donc plus de président...
Alors l'addition hâtive est la plus facile : pays d'Afrique + pas de président = hmmmm, pas cool !!!
Effectivement... ailleurs en tout cas, car s'il y a bien une chose pour laquelle le Ghana dépasse de loin tous ses voisins, c'est bien sa stabilité politique. Ici, les choses se sont passées dans un sérénité incroyable.
Les différents monuments et lieux publics du pays (statues, bâtiments administratifs...) ont revêtus leurs habits de deuil (tissus noirs entre autre) et le pays est doucement entré dans une période d'hommage au président défunt. Les conversations de trottoir ressemblaient à ça (désolé, je ne voudrais pas traduire, pour ceux qui ne comprennent pas, vous n'aviez qu'à bosser un peu plus à l'école;) :
Moi : « Hey, it's been a long time, how are you ? »
Pas moi : - Yeah, I'm OK, but you know I'm sad.
Moi (stupidement) : - really ? What's wrong ?
pas moi – Our president's dead man ! »
Et c'est la chose qui m'a peut être le plus étonné, pendant l'espace de quelques temps la tradition du deuil, si présente ici, a complètement éclipsé toute appartenance politique. Les partis n'existaient plus...
De son côté, le gouvernement travaillait tranquillement, et en l'espace d'une journée, le vice président (John Dramani Mahama) devenait le vrai président, jusqu'à la fin du mandat prévu... Et à part la journée nationale d'hommage à Atta Mills (jour férié), l'affaire était oubliée en deux semaines ! La grande classe.
Puis le temps est passé doucement nous menant au mois de novembre, mois précédent l'élection présidentielle ! Nous y sommes, elles pointent le bout de leur nez, sereinement elles aussi !
Depuis quelques semaines maintenant, nous sommes donc rentrés en période de campagne intensive et les différents candidats, en particulier les deux favoris sont partout. Des petites posters d'eux sont collés sur chaque réverbère des avenues principales, des drapeaux des partis flottent sur ces mêmes réverbères, le sol, et surtout les sol bien propre de l'université sont décorés de posters à la gloire du candidats. Alors, concernant les posters, ils n'ont absolument rien de différents des nôtres... Je passe dessus.
La grande différence réside en particulier dans l'attitude des militants. Alors que chez nous, les militants tractent au maximum (entre autre bien entendu), ici, le principe du militantisme c'est de monter dans un bus, porter les couleurs du parti, avec des drapeaux, mettre la musique à donf, et faire le maximum de bruit pour se faire remarquer. C'est finalement un peu comme quand les black stars (foot) jouent...
Alors, j'avoue ne pas être exactement au courant de tout, malheureusement je n'ai pas très facilement accès aux journaux, et la radio est en majorité en twi (ou de trop mauvaise qualité pour être comprise en anglais), je suis donc pas un pro de l'élection ghanéenne. Il y a en tout cas 8 candidats, dont 2 grands favoris :
Le NDC (National Democratic Congress) est représenté par le président sortant John Dramani Mahama.
Le NPP (New Patriotic Party) est lui représenté par Nana Akufo-Addo (qui n'est pas une femme).
Il faut également savoir que ces deux partis représentent plus ou moins une majorité ethnique.... Les Akans (famille à laquelle est rattachée l'ethnie ashanti, dominante à Kumasi) ont plutôt tendance à voter NPP, les autres ethnies (Ewe, Ga) ont une légère préférence vers le NDC. Mais c'est une constatation très légère qui ne peut pas être comparée à d'autres pays (Centrafrique??).
Voilà, vous en savez déjà pas mal, je ne parlerai pas des programmes, car je ne suis clairement pas assez calé pour vous les présenter objectivement...
En tout cas, ces six mois auront été agités politiquement, et le seront encore jusqu'au 7 décembre, jour du premier tour (férié pour le coup). En tout cas, les choses sont très calmes, et tout cela se passe dans une vraie bonne ambiance. De notre côté, nous aurons, le temps de notre séjour, vécu sans président de la république pendant quelques heures, et vécu une présidentielle en terres étrangères. Bon bilan.
A bientôt
Sylvain et Caro
samedi 17 novembre 2012
Tut Tut!!
Bonjour tout le monde.
J'avais hésité à inclure le contenu de cet article dans le précédent sur la circulation. Je me suis finalement ravisé et ai décidé d'en faire un sujet à part entière.
En France, il est rarement utilisé, et peut même faire l'objet d'une amende dans le cas d'un usage intempestif. On se demande même parfois pourquoi les voitures en sont équipées...
Ici, par contre, les choses sont complètement différentes et aucun conducteur ne peut s'en passer. A croire que ça fait même partie du permis de conduite.
Vous savez sûrement à quoi je fais référence : le klaxon.
Commençons par une petite métaphore, les rues ghanéennes ressemblent tout à fait aux stades sud-africains pendant la coupe du monde. Vous vous souvenez, les organisateurs avaient eu la bonne idée de sortir des trompettes communément appelées vuvuzela qui rendaient fous les téléspectateurs. Eh bien voilà, ici pas besoin de la télé, il suffit de sortir un petit peu et vous y êtes ! Ca ressemble un peu à une fanfare de débutants, parce que, évidemment, ces fameux klaxons, dépendant du véhicule sur lequel ils sont installés (âge, état, taille, modèle) proposent une gamme de sonorités assez impressionnante ! Faut dire qu'entre un énorme camion qui fait sursauter tout ceux qui se trouvent à moins de 50m et un trotro fatigué, la différence est plutôt flagrante...
Alors, heureusement, pour améliorer les choses, certains taximen ont la bonne idée de changer leur klaxon. « Tuuuut !! » c'est pas assez original, et un peu monotone ! Alors on a parfois le droit à une petite mélodie. Ils aiment bien également les longs klaxons qui commencent très fort, et qui mettent un peu de temps à s'arrêter. Ceux-ci sont plutôt drôles, on croirait que quelqu'un est dans le moteur en train de presser le klaxon pour en sortir la dernière petite bulle d'air !
Alors certains d'entre vous me demanderont : « mais pourquoi ils klaxonnent? ». J'ai tenté, avec Caro, de faire la liste des significations habituelles des coups de klaxons au Ghana. La voilà.
Un coup de klaxon c'est d'abord destiné aux autres véhicules et leurs conducteurs:
-hey attention, je vais te doubler par la droite, donc ne te rabats pas
-hey attention, j'te double par la gauche, ne déboite pas
-Hoooooo ! le feu est passé au vert depuis au moins 3 seconde !! avance avec ton gros tas ! (le gros tas, c'est la voiture, pas la femme du conducteur à la place du mort hein)
-Hey taxi, ton feu est rouge, et maintenant t'es au milieu de l'intersection et moi j'peux pas passer, alors bouge toi avant que j'te rentre dedans
-trotro rouge, ouais, toi là, tu fais vraiment n'importe quoi !
-Fais gaffe, t'es en train de perdre ton pot d'échappement !
-Hey, tu fais la queue, comme tout le monde et t'arrête de nous gruger !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-Attention, j'arrive à l'intersection, je roule un peu vite et j'ai la flemme de ralentir, alors ça m'arrangerait bien si vous ne grilliez pas le feu parce que sinon on va se rentrer dedans et il va y avoir du grabuge (en général, c'est le klaxon spécial nuit celui là, il est souvent accompagné d'une petite accélération du rythme cardiaque et d'une prière intérieure).
Alors, évidemment, les piétons sont aussi cibles d'une grande variété de coups de klaxons, en voici une petite liste:
-Hey Hey Hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon taxi ?
-Hey hey hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon trotro ?
-Hey hey hey, toi le blanc avec du pognon, monte dans mon taxi ! Le sien il est moins cool !
-Atteeeeeeeeeeentioooooooooon, ne traversez paaaaaaaaaaass, je passe !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-T'es trop au bord de la route, j'vais te tailler un short mon gars, alors décale toi
-waouh la moeuf !
-Waouh le mec !
-« tuuut tuuuut », juste pour m'amuser !
-« tuuut tuuuut », juste par réflexe !
Cette liste est bien entendu non exhaustive et c'est à vous, chers lecteurs qui connaissez le Ghana, de la continuer. En tout cas, vous voyez qu'avec un petit son, on peut en dire des choses !! Faut un peu d’entraînement pour tous les comprendre, mais en tout cas, analyser les coups de klaxon lorsqu'on fait un petit tour en taxi, ça occupe, et c'est plutôt drôle.
Une chose est par contre certaine, lors de notre retour en France, si jamais vous êtes en voiture, et que vous nous voyez de loin, ne klaxonnez pas, cela n'aura absolument aucun effet sur nous ! Bien au contraire, on apprend au fur et à mesure à passer outre, et ne plus y faire attention, car, à trop l'utiliser, c'est comme tout, personne n'y prête plus guère attention.
Voilà, vous savez désormais tout sur les klaxons au Ghana, tiens j'en profite pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de cette expression en anglais. Klaxonner se dit « to blow the horn ». Ca pourrait vous être utile un jour, qui sait ?
Tuuuuuuuuuuuuut tuuuuuuuuuuuuuut !
Sylvain et Caro.
J'avais hésité à inclure le contenu de cet article dans le précédent sur la circulation. Je me suis finalement ravisé et ai décidé d'en faire un sujet à part entière.
En France, il est rarement utilisé, et peut même faire l'objet d'une amende dans le cas d'un usage intempestif. On se demande même parfois pourquoi les voitures en sont équipées...
Ici, par contre, les choses sont complètement différentes et aucun conducteur ne peut s'en passer. A croire que ça fait même partie du permis de conduite.
Vous savez sûrement à quoi je fais référence : le klaxon.
Commençons par une petite métaphore, les rues ghanéennes ressemblent tout à fait aux stades sud-africains pendant la coupe du monde. Vous vous souvenez, les organisateurs avaient eu la bonne idée de sortir des trompettes communément appelées vuvuzela qui rendaient fous les téléspectateurs. Eh bien voilà, ici pas besoin de la télé, il suffit de sortir un petit peu et vous y êtes ! Ca ressemble un peu à une fanfare de débutants, parce que, évidemment, ces fameux klaxons, dépendant du véhicule sur lequel ils sont installés (âge, état, taille, modèle) proposent une gamme de sonorités assez impressionnante ! Faut dire qu'entre un énorme camion qui fait sursauter tout ceux qui se trouvent à moins de 50m et un trotro fatigué, la différence est plutôt flagrante...
Alors, heureusement, pour améliorer les choses, certains taximen ont la bonne idée de changer leur klaxon. « Tuuuut !! » c'est pas assez original, et un peu monotone ! Alors on a parfois le droit à une petite mélodie. Ils aiment bien également les longs klaxons qui commencent très fort, et qui mettent un peu de temps à s'arrêter. Ceux-ci sont plutôt drôles, on croirait que quelqu'un est dans le moteur en train de presser le klaxon pour en sortir la dernière petite bulle d'air !
Alors certains d'entre vous me demanderont : « mais pourquoi ils klaxonnent? ». J'ai tenté, avec Caro, de faire la liste des significations habituelles des coups de klaxons au Ghana. La voilà.
Un coup de klaxon c'est d'abord destiné aux autres véhicules et leurs conducteurs:
-hey attention, je vais te doubler par la droite, donc ne te rabats pas
-hey attention, j'te double par la gauche, ne déboite pas
-Hoooooo ! le feu est passé au vert depuis au moins 3 seconde !! avance avec ton gros tas ! (le gros tas, c'est la voiture, pas la femme du conducteur à la place du mort hein)
-Hey taxi, ton feu est rouge, et maintenant t'es au milieu de l'intersection et moi j'peux pas passer, alors bouge toi avant que j'te rentre dedans
-trotro rouge, ouais, toi là, tu fais vraiment n'importe quoi !
-Fais gaffe, t'es en train de perdre ton pot d'échappement !
-Hey, tu fais la queue, comme tout le monde et t'arrête de nous gruger !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-Attention, j'arrive à l'intersection, je roule un peu vite et j'ai la flemme de ralentir, alors ça m'arrangerait bien si vous ne grilliez pas le feu parce que sinon on va se rentrer dedans et il va y avoir du grabuge (en général, c'est le klaxon spécial nuit celui là, il est souvent accompagné d'une petite accélération du rythme cardiaque et d'une prière intérieure).
Alors, évidemment, les piétons sont aussi cibles d'une grande variété de coups de klaxons, en voici une petite liste:
-Hey Hey Hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon taxi ?
-Hey hey hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon trotro ?
-Hey hey hey, toi le blanc avec du pognon, monte dans mon taxi ! Le sien il est moins cool !
-Atteeeeeeeeeeentioooooooooon, ne traversez paaaaaaaaaaass, je passe !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-T'es trop au bord de la route, j'vais te tailler un short mon gars, alors décale toi
-waouh la moeuf !
-Waouh le mec !
-« tuuut tuuuut », juste pour m'amuser !
-« tuuut tuuuut », juste par réflexe !
Cette liste est bien entendu non exhaustive et c'est à vous, chers lecteurs qui connaissez le Ghana, de la continuer. En tout cas, vous voyez qu'avec un petit son, on peut en dire des choses !! Faut un peu d’entraînement pour tous les comprendre, mais en tout cas, analyser les coups de klaxon lorsqu'on fait un petit tour en taxi, ça occupe, et c'est plutôt drôle.
Une chose est par contre certaine, lors de notre retour en France, si jamais vous êtes en voiture, et que vous nous voyez de loin, ne klaxonnez pas, cela n'aura absolument aucun effet sur nous ! Bien au contraire, on apprend au fur et à mesure à passer outre, et ne plus y faire attention, car, à trop l'utiliser, c'est comme tout, personne n'y prête plus guère attention.
Voilà, vous savez désormais tout sur les klaxons au Ghana, tiens j'en profite pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de cette expression en anglais. Klaxonner se dit « to blow the horn ». Ca pourrait vous être utile un jour, qui sait ?
Tuuuuuuuuuuuuut tuuuuuuuuuuuuuut !
Sylvain et Caro.
dimanche 4 novembre 2012
En route...
L'expression « avoir son permis dans une pochette surprise » est désormais connue de tous en France. Si seulement ! Si seulement on savait qu'il y a des endroit où c'est effectivement le cas ! La seule différence, c'est que cette pochette surprise coûte un peu..
Vous l'avez compris, parlons un petit peu de la conduite ghanéenne. Mêmes voitures, mêmes infrastructures (à part quelques nids de poules supplémentaires ici), même signalisation... Tout est pareil ! Vraiment ?
Le Ghana, en tant que pays d'Afrique développé, voit son nombre de véhicules augmenter à vu d'oeil. Les anciens du pays nous raconte qu'il y a à peine 15 ans, Kumasi ne connaissait pas la circulation. Maintenant, ça a changé, et les voitures, camions, et autres scooters ne cessent d'arpenter les routes ghanéennes, de manière plus ou moins académique, certes, mais bon... peut on réellement leur en vouloir quand le permis s'achète, ou se passe sur un parking... Petit tour d'horizon des différences flagrantes... Et y en a un certain nombre !
Tout d'abord, comme c'est le cas en Centrafrique, ici, le piéton n'est pas le roi. Il n'a jamais la priorité, et après tout, s'il se fait renverser, ben c'est qu'il était au mauvais endroit. Il arrive donc très régulièrement de se faire frôler par les trotros et les taxis, en particulier sur les petits axes lorsque les véhicules roulent à petit allure. A force, on développe une compétence « compas dans l'oeil », pour savoir si ça passe ou pas. Révolue l'époque où on se jette sur le bas côté avec un soupir de soulagement. Mais ça nous arrive à tous à notre arrivée ! Si par contre vous êtes piétons et que vous souhaitez traverser une grande route, le premier conseil est de se rendre au passage piéton le plus proche et d'attendre que le feu soit rouge, sinon... utilisez vos mains et, l'espace de quelques instants, devenez flics. Bras tendu qui veut dire « hey mon gars, arrête toi, j'aimerais bien passer de l'autre côté, et si j'étais vivant quand j'atteins l'autre côté, ça serait mieux. Si la voiture semble réagir et freiner, c'est bon ! Vous pouvez traverser. N'hésitez pas à faire un petit geste pour dire merci, car ici, et surtout pour la conduite, interagir avec les mains, ça fait partie des règles.
Car vous ne le savez probablement pas, le code de la route ghanéen connait quelques différences par rapport à celui qu'on apprend lorsqu'on passe le permis en France. La règle des priorités est bien différente. Alors que chez nous, la droite est toujours la plus forte, ici, la priorité, c'est pour les axes majeurs. Donc finalement, si vous êtes sur une petite route et que vous croisez une plus grande route, ben vous n'êtes plus prioritaires. Le soucis, vous le comprenez. Parfois, les routes sont de taille égale, et si jamais il n'y a pas d'indication particulière (feu, panneau) vous vous débrouillez, et puis c'est tout !
L'autre grande différence dans le code de la route ici, ce sont les mains. Certains gestes définis font partie des règles. Lorsque vous êtes conducteur, si vous souhaitez qu'on vous laisse passer, lever l'index gauche hors de votre voiture (comme à l'école), et hop, c'est compris ! Faites le signe « peace » hors de l'habitacle, et la personne comprendra qu'elle peut s'engager. Soyez un peu polis non de non ! Levez la main gauche par la fenêtre pour dire merci !
En parlant de politesse tenez, disons que la courtoisie au volant n'est pas réellement l'élément prépondérant dans la conduite ghanéenne. Un certain de nombre de réactions considérées comme les pires incivilités en France sont d'ailleurs régulièrement employées.
Lorsqu'un obstacle se trouve sur votre voie et qu'on ne peut plus se croiser, on s'arrête et on laisse l'autre passer. Ici, tu fonces ! Avec un peu de chance, t'arriveras au niveau de l'obstacle avant l'autre et du coup tu passeras en premier ! Les camions sont les spécialistes pour ça, qui oserait les défier en un contre un ?
Même situation, même réaction. Si vous souhaitez changer de file (parce que votre voie disparaît par exemple), bon courage, car laisser passer quelqu'un devant soi n'est pas vraiment un truc ghanéen... et les gens accéléreront pour ne pas vous laisser passer. Soyez un fin stratège ! Mettez vous en travers de la route, de toute manière, une fois que votre capot est engagé, si vous bloquez l'accès de l'autre voie, vous avez gagné !!!
Dernier exemple, peut être pas le plus fréquent, mais, pour moi en tout cas, le plus désespérant. Vous souhaitez tourner à gauche au feu et vous vous mettez donc sur la file de gauche, en attendant que le feu passe au vert (qui est vert pour ceux qui passent tout droit). On ne peut même pas compter le nombre de véhicules qui vont tout droit, grillent toutes les voitures qui attendent de tourner, et qui lorsqu'elles arrivent au feu, se font une petite place dans la file... Finalement, être civilisé, c'est cool, mais ça fait quand même perdre du temps.
Les rond-points n'ont pas vraiment de règle, ce n'est pas parce qu'on est engagé qu'on devient prioritaires, et s'arrêter au milieu d'un rond point pour laisser une voiture s'engager est monnaie courante.
Toutes ces petits trucs posent quelques problèmes de... bouchons bien évidemment. Et c'est là qu'on se rend quand même compte que respecter le code de la route, ça fluidifie vachement la circulation. D'ailleurs, on se rend souvent compte que les moments où ça roule le mieux, il y a des policiers en charge de la circulation... Hmmm, étonnant !
Les ghanéens sont par contre à l'origine d'une invention géniale, un peu dangereuse, mais qui fonctionne bien : la deux voies modulable.
Que ça soit pour se rendre à Accra ou à Cape Coast, nous devons emprunter pendant de longues heures une des routes principales du Ghana qui est une deux voies (1 voie dans chaque sens). Il y a quelques zones où la route est plus large et où on peut doubler, mais c'est assez rare, si vous voulez doubler, il faut donc affronter les voitures qui arrivent dans le sens inverse. Dangereux et j'aime pas trop ce genre de route, même en France, d'ailleurs, que ça soit Caro ou moi-même, quand on prend le bus pour Cape Coast ou Accra, ON A PEUR !! Les conducteurs ne font pas trop attention à ce qui arrive en face quand on double. Un virage !! Pas grave ! Une fin de côte !! pas grave !! On déboite, on se lance, et advienne que pourra ! Par contre, et de manière assez surprenante, il y a assez peu d'accidents sur ce type de route... Ca, c'est grâce à l'invention ! La route modulable !
Alors que vous pensez circuler sur une 2 voies, cette dernière est modulable à volonté en 3 voies. Comment ? La bande d'arrêt d'urgence pardi ! Si vous doublez, et qu'une voiture arrive en face, pas de panique ! Le véhicule que vous doublez va se décaler à moitié sur le bas côté de droite, celui qui arrive en face va faire de même, et comme par magie, vous passez à 3 ! C'est génial ! Et ca fonctionne hein ! Ca m'est déjà arrivé plein de fois, et on s'habitue tellement que ça fait même plus vraiment trop peur... bon, le seul risque, c'est que le conducteur que vous doublez n'aie par exemple pas de rétro, et qu'il ne se décale pas... Mais ça n'a pas l'air d'arriver bien souvent.
Finalement, après quelques temps, on s'habitue, et puis, quand on connaît un peu l'Italie (Sicile par exemple...) c'est pas vraiment mieux... A croire que plus on descend dans le sud, moins on conduit bien...
Voilà, veuillez m'excuser, j'ai l'impression que cet article est un petit peu décousu, mais il y a tellement à dire que j'ai dû sélectionner. La circulation routière, c'est quand même un sacré truc ici ! Et puis, après tout, c'est pas très académique, mais ça fonctionne. C'est bien ça le principal !
Aujourd'hui, ceux d'entre vous qui sont facebookés s'en sont rendus compte, c'est mon anniversaire, et l'anniversaire de Ghana Mbi par la même occasion. Allez, c'est le moment de faire un petit bilan.
Ghana Mbi vous a gratifié en 1 an exactement de 46 articles (47 avec celui-ci), vous êtes exactement 1000 personnes à avoir posé vos yeux sur mes écrits et avez visité le blog 2554 fois exactement. Alors, après tout, je ne peux finir que d'une manière :
MERCI !
Une bise à tous
Sylv et Caro
Vous l'avez compris, parlons un petit peu de la conduite ghanéenne. Mêmes voitures, mêmes infrastructures (à part quelques nids de poules supplémentaires ici), même signalisation... Tout est pareil ! Vraiment ?
Le Ghana, en tant que pays d'Afrique développé, voit son nombre de véhicules augmenter à vu d'oeil. Les anciens du pays nous raconte qu'il y a à peine 15 ans, Kumasi ne connaissait pas la circulation. Maintenant, ça a changé, et les voitures, camions, et autres scooters ne cessent d'arpenter les routes ghanéennes, de manière plus ou moins académique, certes, mais bon... peut on réellement leur en vouloir quand le permis s'achète, ou se passe sur un parking... Petit tour d'horizon des différences flagrantes... Et y en a un certain nombre !
Tout d'abord, comme c'est le cas en Centrafrique, ici, le piéton n'est pas le roi. Il n'a jamais la priorité, et après tout, s'il se fait renverser, ben c'est qu'il était au mauvais endroit. Il arrive donc très régulièrement de se faire frôler par les trotros et les taxis, en particulier sur les petits axes lorsque les véhicules roulent à petit allure. A force, on développe une compétence « compas dans l'oeil », pour savoir si ça passe ou pas. Révolue l'époque où on se jette sur le bas côté avec un soupir de soulagement. Mais ça nous arrive à tous à notre arrivée ! Si par contre vous êtes piétons et que vous souhaitez traverser une grande route, le premier conseil est de se rendre au passage piéton le plus proche et d'attendre que le feu soit rouge, sinon... utilisez vos mains et, l'espace de quelques instants, devenez flics. Bras tendu qui veut dire « hey mon gars, arrête toi, j'aimerais bien passer de l'autre côté, et si j'étais vivant quand j'atteins l'autre côté, ça serait mieux. Si la voiture semble réagir et freiner, c'est bon ! Vous pouvez traverser. N'hésitez pas à faire un petit geste pour dire merci, car ici, et surtout pour la conduite, interagir avec les mains, ça fait partie des règles.
Car vous ne le savez probablement pas, le code de la route ghanéen connait quelques différences par rapport à celui qu'on apprend lorsqu'on passe le permis en France. La règle des priorités est bien différente. Alors que chez nous, la droite est toujours la plus forte, ici, la priorité, c'est pour les axes majeurs. Donc finalement, si vous êtes sur une petite route et que vous croisez une plus grande route, ben vous n'êtes plus prioritaires. Le soucis, vous le comprenez. Parfois, les routes sont de taille égale, et si jamais il n'y a pas d'indication particulière (feu, panneau) vous vous débrouillez, et puis c'est tout !
L'autre grande différence dans le code de la route ici, ce sont les mains. Certains gestes définis font partie des règles. Lorsque vous êtes conducteur, si vous souhaitez qu'on vous laisse passer, lever l'index gauche hors de votre voiture (comme à l'école), et hop, c'est compris ! Faites le signe « peace » hors de l'habitacle, et la personne comprendra qu'elle peut s'engager. Soyez un peu polis non de non ! Levez la main gauche par la fenêtre pour dire merci !
En parlant de politesse tenez, disons que la courtoisie au volant n'est pas réellement l'élément prépondérant dans la conduite ghanéenne. Un certain de nombre de réactions considérées comme les pires incivilités en France sont d'ailleurs régulièrement employées.
Lorsqu'un obstacle se trouve sur votre voie et qu'on ne peut plus se croiser, on s'arrête et on laisse l'autre passer. Ici, tu fonces ! Avec un peu de chance, t'arriveras au niveau de l'obstacle avant l'autre et du coup tu passeras en premier ! Les camions sont les spécialistes pour ça, qui oserait les défier en un contre un ?
Même situation, même réaction. Si vous souhaitez changer de file (parce que votre voie disparaît par exemple), bon courage, car laisser passer quelqu'un devant soi n'est pas vraiment un truc ghanéen... et les gens accéléreront pour ne pas vous laisser passer. Soyez un fin stratège ! Mettez vous en travers de la route, de toute manière, une fois que votre capot est engagé, si vous bloquez l'accès de l'autre voie, vous avez gagné !!!
Dernier exemple, peut être pas le plus fréquent, mais, pour moi en tout cas, le plus désespérant. Vous souhaitez tourner à gauche au feu et vous vous mettez donc sur la file de gauche, en attendant que le feu passe au vert (qui est vert pour ceux qui passent tout droit). On ne peut même pas compter le nombre de véhicules qui vont tout droit, grillent toutes les voitures qui attendent de tourner, et qui lorsqu'elles arrivent au feu, se font une petite place dans la file... Finalement, être civilisé, c'est cool, mais ça fait quand même perdre du temps.
Les rond-points n'ont pas vraiment de règle, ce n'est pas parce qu'on est engagé qu'on devient prioritaires, et s'arrêter au milieu d'un rond point pour laisser une voiture s'engager est monnaie courante.
Toutes ces petits trucs posent quelques problèmes de... bouchons bien évidemment. Et c'est là qu'on se rend quand même compte que respecter le code de la route, ça fluidifie vachement la circulation. D'ailleurs, on se rend souvent compte que les moments où ça roule le mieux, il y a des policiers en charge de la circulation... Hmmm, étonnant !
Les ghanéens sont par contre à l'origine d'une invention géniale, un peu dangereuse, mais qui fonctionne bien : la deux voies modulable.
Que ça soit pour se rendre à Accra ou à Cape Coast, nous devons emprunter pendant de longues heures une des routes principales du Ghana qui est une deux voies (1 voie dans chaque sens). Il y a quelques zones où la route est plus large et où on peut doubler, mais c'est assez rare, si vous voulez doubler, il faut donc affronter les voitures qui arrivent dans le sens inverse. Dangereux et j'aime pas trop ce genre de route, même en France, d'ailleurs, que ça soit Caro ou moi-même, quand on prend le bus pour Cape Coast ou Accra, ON A PEUR !! Les conducteurs ne font pas trop attention à ce qui arrive en face quand on double. Un virage !! Pas grave ! Une fin de côte !! pas grave !! On déboite, on se lance, et advienne que pourra ! Par contre, et de manière assez surprenante, il y a assez peu d'accidents sur ce type de route... Ca, c'est grâce à l'invention ! La route modulable !
Alors que vous pensez circuler sur une 2 voies, cette dernière est modulable à volonté en 3 voies. Comment ? La bande d'arrêt d'urgence pardi ! Si vous doublez, et qu'une voiture arrive en face, pas de panique ! Le véhicule que vous doublez va se décaler à moitié sur le bas côté de droite, celui qui arrive en face va faire de même, et comme par magie, vous passez à 3 ! C'est génial ! Et ca fonctionne hein ! Ca m'est déjà arrivé plein de fois, et on s'habitue tellement que ça fait même plus vraiment trop peur... bon, le seul risque, c'est que le conducteur que vous doublez n'aie par exemple pas de rétro, et qu'il ne se décale pas... Mais ça n'a pas l'air d'arriver bien souvent.
Finalement, après quelques temps, on s'habitue, et puis, quand on connaît un peu l'Italie (Sicile par exemple...) c'est pas vraiment mieux... A croire que plus on descend dans le sud, moins on conduit bien...
Voilà, veuillez m'excuser, j'ai l'impression que cet article est un petit peu décousu, mais il y a tellement à dire que j'ai dû sélectionner. La circulation routière, c'est quand même un sacré truc ici ! Et puis, après tout, c'est pas très académique, mais ça fonctionne. C'est bien ça le principal !
Aujourd'hui, ceux d'entre vous qui sont facebookés s'en sont rendus compte, c'est mon anniversaire, et l'anniversaire de Ghana Mbi par la même occasion. Allez, c'est le moment de faire un petit bilan.
Ghana Mbi vous a gratifié en 1 an exactement de 46 articles (47 avec celui-ci), vous êtes exactement 1000 personnes à avoir posé vos yeux sur mes écrits et avez visité le blog 2554 fois exactement. Alors, après tout, je ne peux finir que d'une manière :
MERCI !
Une bise à tous
Sylv et Caro
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