dimanche 16 décembre 2012

Mes chers lecteurs bonjour.

Cet article est un peu particulier puisqu'il s'agit probablement du dernier sur ghana-mbi avant l'année 2013. La plupart d'entre vous est déjà au courant, nous rentrons quelques temps au bercail le week-aend prochain, et nous ne reviendrons au Ghana que le 10 janvier. Une chose est sûre en tout cas, revenir va nous faire beaucoup de bien !!
Quoiqu'il en soit, nous sommes encore ici, et le premier semestre de l'année universitaire touche à sa fin, amenant dans son sillage des centaines de copies à corriger et des étudiants en panique parce qu'ils ont raté leurs examens (ou qu'ils ont oublié qu'ils en avaient un...).
Je me suis rendu compte avec un petit peu de recul que, même si je travaille depuis mon arrivée à l'université, je n'ai finalement que très peu parlé du système universitaire ghanéen. J'ai expliqué l'organisation spatiale et hiérarchique de la fac, mais pour le reste, vous ne savez (encore) rien, même si ça ressemble un petit peu au système français.

Ici, la grande différence avec la France réside dans le fait que pour obtenir son bachelor (licence) il faut étudier pendant 4 ans. Il y a donc une année supplémentaire pour le premier diplôme. Les masters et doctorats, eux, suivent la même logique qu'en France.
Lorsque vous arrivez à la fac au Ghana, vous postulez dans les départements qui vous tentent le plus, sachant que c'est en général votre note au bac qui définira votre « affectation ». Autrement dit, en prenant un cas concret, si vous vous êtes vautré en géo lors de l'examen final, inutile d'espérer accéder à la licence de géo. Finalement, déjà dès l'entrée, une petite sélection s'opère, même s'il est quand même plutôt fréquent que les étudiants s'inscrivent d'eux mêmes dans les matières qu'ils réussissent le mieux.
En France, les études universitaires sont très spécialisées, vous avez décidé de faire de l'histoire ? Vous mangerez de l'histoire à longueur de temps, et seules quelques options vous permettront de varier les plaisir. Ici, les cursus sont obligatoirement doubles. Tous les étudiants suivent donc 2 cursus dans les mêmes études (un « major » et un « minor »). Le volume horaire de chacun de ces programme est identique, c'est au niveau des crédits (coefficients ) que la différence se fait.
Les étudiants doivent également, pendant 1 semestre dans leur licence (quand ils le souhaitent) suivre le « VC course » qui sont des cours de sport ou des cours artistiques (danse traditionnelle, drumming, peinture). Je trouve personnellement que c'est pas une mauvaise idée !

L'année universitaire démarre mi-aout avec l'arrivée des « continuous students » (tout le monde sauf les premières années). La fin du mois est en général réservée à l'inscription administrative des étudiants qui courent de partout pour s'inscrire dans leur département et leurs différentes option. Du côté des profs, c'est le calme avant la tempête, le semestre va bientôt commencer !
Début septembre, c'est parti pour 12 semaines (théoriques) de classe. Comme à l'université française, les emplois du temps ne sont pas les plus chargés du monde (entre 15 et 20h par semaine). Mi-septembre, les « freshers » (1ere année) arrivent, avec les yeux écarquillés par la taille du campus. Si j'étais le VC, j'obligerai toutes les premières années à avoir une boussole dans la poche pendant leurs 2 premières semaines à la fac...
Deux semaine d'inscriptions (où c'est un peu l'anarchie, il faut l'avouer), et les freshers rejoignent leurs aînés dans les salles de classes à partir de début octobre, le semestre a réellement démarré... sur un rythme plutôt coolos, les centres de ressource sont plutôt fréquentés, toujours par les mêmes étudiants, comme en France en fait.
A partir de fin octobre, la première période d'examens arrive, et la première vague de stress s'empare de la fac, c'est les « midsem » (midsemester), qui comptent en général pour 30 % de la note finale du semestre. J'ai été très surpris l'an dernier en me rendant compte qu'une fois les midsem passés, beaucoup d'étudiants ne vont plus en cours... Ils semblent considérer qu'ils ont eu leur dose et qu'ils pourront avoir leurs exams finaux sans soucis... Ainsi soit-il.
Après les 2 semaines de midsem on repart pour quelques semaines de cours qui se concluent par les exams finaux (fin novembre), qui comptent pour 70 % de la note finale du semestre. Bizarrement, les centres de ressources se remplissent à ras bord à partir de début novembre, et tout ceux qui ont rien foutu depuis septembre travaillent comme des fous... Ah, en fait, ça change pas par rapport à la France ! Ah si ! Y a un truc qui change : les centres de ressources ne sont pas les seuls à voir leur fréquentation augmenter, les étudiants ghanéens sont très pieux, et certains préfèrent prier plutôt que réviser, les églises font le plein !!

Fin décembre, les exams sont terminés, et les étudiants se ruent hors de la fac, les vacances arrivent, il faut surtout pas manquer la moindre seconde ! Les profs empilent les copies sur leur bureau et se penchent avec attention sur les travaux de leurs étudiants (ou refilent les copies à d'anciens étudiants pour qu'ils le fassent à leur place). Ici, de toute manière, quasiment tout le monde réussit son année, et celui qui se rate a eu de gros problèmes de santé en général. Chez nous, et vous serez peu nombreux à me contredire (j'espère), avoir 14/20 à la fac est déjà un bon résultat, des notes comme 18/19 sont quasiment inatteignables ! Ici, c'est le contraire. Comme l'a dit ma patronne il y a peu : « ici, pour les midsems, il faut considérer que ceux qui ont moins de 23/30 sont des nuls ». C'est un peu vrai pour être honnête, et pour moi, c'est vraiment bizarre !

Mi-janvier, tout le monde reprend, et c'est reparti ! De janvier à mai, c'est le même rituel : 1 mois et demi très calme, 2 semaines de pression, environ 2 semaines de total relâchement, puis à peu près 3 semaines de stress et de travail pour 2 semaines d'examens qui décideront si oui ou non vous passez en année supérieure, ce qui ne devrait pas être mis en doute.

Mi mai, tout est terminé et les étudiants font leurs bagages pour de vrai cette fois-ci. Peu à peu, le campus qui accueille pendant 9 mois presque 40000 étudiants se vide pour ne devenir qu'une ville fantôme. Ils reviendront en août pour la même mascarade. A l'Université de Kumasi, ça fait 60 ans que ça dure, et apparemment, personne ne s'en lasse !!!


C'est tout pour cette fois, parlons un peu pokitique, les élections sont désormais passées, et se sont déroulées dans le calme. Le président sortant qui avait remplace Atta Mills à sa mort (Mahama) a été réélu avec 50,7 % des voix et il n'y aura donc pas de 2ème tour. Son opposant (Akufo Addo) conteste les résultats et fait intervenir la justice dans l'histoire... Apparemment, ça n'aura aucune influence puisque la communauté internationale a accepté ces résultats et que les élections se sont assez bien passées pour que l'on ait pas de doute sur l'identité du vainqueur. Il est un peu mauvais perdant Akufo Addo.

De grosses bises, en attendant de vous voir en chaire et en os dans 1 semaine.

Sylv et Caro.

dimanche 2 décembre 2012

30 millions d'amis

Bonjour à tous.

Aujourd'hui, nous avons décidé de partager avec vous un article un petit peu particulier. Ghana mbi se passera cette semaine de paroles inutiles, et de textes de plusieurs pages, pour partager avec vous une foule de photos.
Depuis 1 an que je suis ici, j'en ai fait des rencontres ! Des étudiants, des profs, un ambassadeur, des présidents d'université, des commerçants... Bref, un paquet de monde ! J'ai également fait d'autres rencontres, moins constructives, certes, mais parfois plus faciles à photographier.
Ils nous ont fait rire, ils nous ont foutu la trouille, ils nous ont fait halluciner, on les a chassés, tués, observés, nourris, et chaque fois, finalement, la seule chose qu'il nous reste, c'est une ou deux photos sur un ordinateur. Allez, j'arrête de parler, profitez.


Des fourmis combattantes, petites mais douloureuses quand elles vous accrochent.



Leur maison.



Un truc qui vole?



Une termitière, jolie non?



Une araignée d'assez gros calibre.



Le papillon militaire.



"El Boliviano" l'ai-je surnommé.




Scarabées Porte bonheur?



Quelques papillons:










Encore quelques autres amis mais un peu plus gros.



Un oiseau



Un crocodile qui aimerait bien manger la photo précédente.



Une chèvre affamée.


Mais surtout n'oublions pas nos amis les chiens.
Abena notre chienne.




Et ses petits qui ont fait craquer beaucoup de monde.







Pour finir Collier que nous avons gardé jusqu'à 4 mois, gros mangeur de riz et gros crado.


Bisous

Sylv et Caro.









samedi 24 novembre 2012

Un peu de politique ...

Salut tout le monde !
Les plus calés d'entre vous en actualité sont au courant, les autres l'apprendront probablement à travers cet article, le Ghana a connu il y a peu et connaitra d'ici peu quelques chamboulements importants.

C'était le 24 juillet 2012, nous étions rentrés du Togo quelques jours plus tôt, et j'étais officiellement un peu plus vieux depuis la veille. C'est alors qu'un ami ghanéen nous a appelé nous demandant :
- « Vous êtes au courant ? »
« Non ! »
« On est en deuil, le président est mort »
Après vérification, c'était bien vrai. John Atta Mills, président en poste depuis trois ans venait de décéder subitement. Nous n'avions donc plus de président...
Alors l'addition hâtive est la plus facile : pays d'Afrique + pas de président = hmmmm, pas cool !!!
Effectivement... ailleurs en tout cas, car s'il y a bien une chose pour laquelle le Ghana dépasse de loin tous ses voisins, c'est bien sa stabilité politique. Ici, les choses se sont passées dans un sérénité incroyable.
Les différents monuments et lieux publics du pays (statues, bâtiments administratifs...) ont revêtus leurs habits de deuil (tissus noirs entre autre) et le pays est doucement entré dans une période d'hommage au président défunt. Les conversations de trottoir ressemblaient à ça (désolé, je ne voudrais pas traduire, pour ceux qui ne comprennent pas, vous n'aviez qu'à bosser un peu plus à l'école;) :
Moi : « Hey, it's been a long time, how are you ? »
Pas moi : - Yeah, I'm OK, but you know I'm sad.
Moi (stupidement) : - really ? What's wrong ? 
pas moi – Our president's dead man ! »
Et c'est la chose qui m'a peut être le plus étonné, pendant l'espace de quelques temps la tradition du deuil, si présente ici, a complètement éclipsé toute appartenance politique. Les partis n'existaient plus...
De son côté, le gouvernement travaillait tranquillement, et en l'espace d'une journée, le vice président (John Dramani Mahama) devenait le vrai président, jusqu'à la fin du mandat prévu... Et à part la journée nationale d'hommage à Atta Mills (jour férié), l'affaire était oubliée en deux semaines ! La grande classe.
Puis le temps est passé doucement nous menant au mois de novembre, mois précédent l'élection présidentielle ! Nous y sommes, elles pointent le bout de leur nez, sereinement elles aussi !
Depuis quelques semaines maintenant, nous sommes donc rentrés en période de campagne intensive et les différents candidats, en particulier les deux favoris sont partout. Des petites posters d'eux sont collés sur chaque réverbère des avenues principales, des drapeaux des partis flottent sur ces mêmes réverbères, le sol, et surtout les sol bien propre de l'université sont décorés de posters à la gloire du candidats. Alors, concernant les posters, ils n'ont absolument rien de différents des nôtres... Je passe dessus.
La grande différence réside en particulier dans l'attitude des militants. Alors que chez nous, les militants tractent au maximum (entre autre bien entendu), ici, le principe du militantisme c'est de monter dans un bus, porter les couleurs du parti, avec des drapeaux, mettre la musique à donf, et faire le maximum de bruit pour se faire remarquer. C'est finalement un peu comme quand les black stars (foot) jouent...
Alors, j'avoue ne pas être exactement au courant de tout, malheureusement je n'ai pas très facilement accès aux journaux, et la radio est en majorité en twi (ou de trop mauvaise qualité pour être comprise en anglais), je suis donc pas un pro de l'élection ghanéenne. Il y a en tout cas 8 candidats, dont 2 grands favoris :
Le NDC (National Democratic Congress) est représenté par le président sortant John Dramani Mahama.
Le NPP (New Patriotic Party) est lui représenté par Nana Akufo-Addo (qui n'est pas une femme).
Il faut également savoir que ces deux partis représentent plus ou moins une majorité ethnique.... Les Akans (famille à laquelle est rattachée l'ethnie ashanti, dominante à Kumasi) ont plutôt tendance à voter NPP, les autres ethnies (Ewe, Ga) ont une légère préférence vers le NDC. Mais c'est une constatation très légère qui ne peut pas être comparée à d'autres pays (Centrafrique??).
Voilà, vous en savez déjà pas mal, je ne parlerai pas des programmes, car je ne suis clairement pas assez calé pour vous les présenter objectivement...
En tout cas, ces six mois auront été agités politiquement, et le seront encore jusqu'au 7 décembre, jour du premier tour (férié pour le coup). En tout cas, les choses sont très calmes, et tout cela se passe dans une vraie bonne ambiance. De notre côté, nous aurons, le temps de notre séjour, vécu sans président de la république pendant quelques heures, et vécu une présidentielle en terres étrangères. Bon bilan.

A bientôt

Sylvain et Caro

samedi 17 novembre 2012

Tut Tut!!

Bonjour tout le monde.
J'avais hésité à inclure le contenu de cet article dans le précédent sur la circulation. Je me suis finalement ravisé et ai décidé d'en faire un sujet à part entière.
En France, il est rarement utilisé, et peut même faire l'objet d'une amende dans le cas d'un usage intempestif. On se demande même parfois pourquoi les voitures en sont équipées...
Ici, par contre, les choses sont complètement différentes et aucun conducteur ne peut s'en passer. A croire que ça fait même partie du permis de conduite.
Vous savez sûrement à quoi je fais référence : le klaxon.
Commençons par une petite métaphore, les rues ghanéennes ressemblent tout à fait aux stades sud-africains pendant la coupe du monde. Vous vous souvenez, les organisateurs avaient eu la bonne idée de sortir des trompettes communément appelées vuvuzela qui rendaient fous les téléspectateurs. Eh bien voilà, ici pas besoin de la télé, il suffit de sortir un petit peu et vous y êtes ! Ca ressemble un peu à une fanfare de débutants, parce que, évidemment, ces fameux klaxons, dépendant du véhicule sur lequel ils sont installés (âge, état, taille, modèle) proposent une gamme de sonorités assez impressionnante ! Faut dire qu'entre un énorme camion qui fait sursauter tout ceux qui se trouvent à moins de 50m et un trotro fatigué, la différence est plutôt flagrante...
Alors, heureusement, pour améliorer les choses, certains taximen ont la bonne idée de changer leur klaxon. « Tuuuut !! » c'est pas assez original, et un peu monotone ! Alors on a parfois le droit à une petite mélodie. Ils aiment bien également les longs klaxons qui commencent très fort, et qui mettent un peu de temps à s'arrêter. Ceux-ci sont plutôt drôles, on croirait que quelqu'un est dans le moteur en train de presser le klaxon pour en sortir la dernière petite bulle d'air !
Alors certains d'entre vous me demanderont : « mais pourquoi ils klaxonnent? ». J'ai tenté, avec Caro, de faire la liste des significations habituelles des coups de klaxons au Ghana. La voilà.
Un coup de klaxon c'est d'abord destiné aux autres véhicules et leurs conducteurs:
-hey attention, je vais te doubler par la droite, donc ne te rabats pas
-hey attention, j'te double par la gauche, ne déboite pas
-Hoooooo ! le feu est passé au vert depuis au moins 3 seconde !! avance avec ton gros tas ! (le gros tas, c'est la voiture, pas la femme du conducteur à la place du mort hein)
-Hey taxi, ton feu est rouge, et maintenant t'es au milieu de l'intersection et moi j'peux pas passer, alors bouge toi avant que j'te rentre dedans
-trotro rouge, ouais, toi là, tu fais vraiment n'importe quoi !
-Fais gaffe, t'es en train de perdre ton pot d'échappement !
-Hey, tu fais la queue, comme tout le monde et t'arrête de nous gruger !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-Attention, j'arrive à l'intersection, je roule un peu vite et j'ai la flemme de ralentir, alors ça m'arrangerait bien si vous ne grilliez pas le feu parce que sinon on va se rentrer dedans et il va y avoir du grabuge (en général, c'est le klaxon spécial nuit celui là, il est souvent accompagné d'une petite accélération du rythme cardiaque et d'une prière intérieure).
Alors, évidemment, les piétons sont aussi cibles d'une grande variété de coups de klaxons, en voici une petite liste:
-Hey Hey Hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon taxi ?
-Hey hey hey, toi t'es blanc, t'as du pognon, tu veux pas monter dans mon trotro ?
-Hey hey hey, toi le blanc avec du pognon, monte dans mon taxi ! Le sien il est moins cool !
-Atteeeeeeeeeeentioooooooooon, ne traversez paaaaaaaaaaass, je passe !
-Yo mon frère ! Ca fait une éternité ! Comment tu vas ?
-T'es trop au bord de la route, j'vais te tailler un short mon gars, alors décale toi
-waouh la moeuf !
-Waouh le mec !
-« tuuut tuuuut », juste pour m'amuser !
-« tuuut tuuuut », juste par réflexe !
Cette liste est bien entendu non exhaustive et c'est à vous, chers lecteurs qui connaissez le Ghana, de la continuer. En tout cas, vous voyez qu'avec un petit son, on peut en dire des choses !! Faut un peu d’entraînement pour tous les comprendre, mais en tout cas, analyser les coups de klaxon lorsqu'on fait un petit tour en taxi, ça occupe, et c'est plutôt drôle.
Une chose est par contre certaine, lors de notre retour en France, si jamais vous êtes en voiture, et que vous nous voyez de loin, ne klaxonnez pas, cela n'aura absolument aucun effet sur nous ! Bien au contraire, on apprend au fur et à mesure à passer outre, et ne plus y faire attention, car, à trop l'utiliser, c'est comme tout, personne n'y prête plus guère attention.

Voilà, vous savez désormais tout sur les klaxons au Ghana, tiens j'en profite pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de cette expression en anglais. Klaxonner se dit « to blow the horn ». Ca pourrait vous être utile un jour, qui sait ?

Tuuuuuuuuuuuuut tuuuuuuuuuuuuuut !

Sylvain et Caro.

dimanche 4 novembre 2012

En route...

L'expression « avoir son permis dans une pochette surprise » est désormais connue de tous en France. Si seulement ! Si seulement on savait qu'il y a des endroit où c'est effectivement le cas ! La seule différence, c'est que cette pochette surprise coûte un peu..
Vous l'avez compris, parlons un petit peu de la conduite ghanéenne. Mêmes voitures, mêmes infrastructures (à part quelques nids de poules supplémentaires ici), même signalisation... Tout est pareil ! Vraiment ?
Le Ghana, en tant que pays d'Afrique développé, voit son nombre de véhicules augmenter à vu d'oeil. Les anciens du pays nous raconte qu'il y a à peine 15 ans, Kumasi ne connaissait pas la circulation. Maintenant, ça a changé, et les voitures, camions, et autres scooters ne cessent d'arpenter les routes ghanéennes, de manière plus ou moins académique, certes, mais bon... peut on réellement leur en vouloir quand le permis s'achète, ou se passe sur un parking... Petit tour d'horizon des différences flagrantes... Et y en a un certain nombre !
Tout d'abord, comme c'est le cas en Centrafrique, ici, le piéton n'est pas le roi. Il n'a jamais la priorité, et après tout, s'il se fait renverser, ben c'est qu'il était au mauvais endroit. Il arrive donc très régulièrement de se faire frôler par les trotros et les taxis, en particulier sur les petits axes lorsque les véhicules roulent à petit allure. A force, on développe une compétence « compas dans l'oeil », pour savoir si ça passe ou pas. Révolue l'époque où on se jette sur le bas côté avec un soupir de soulagement. Mais ça nous arrive à tous à notre arrivée ! Si par contre vous êtes piétons et que vous souhaitez traverser une grande route, le premier conseil est de se rendre au passage piéton le plus proche et d'attendre que le feu soit rouge, sinon... utilisez vos mains et, l'espace de quelques instants, devenez flics. Bras tendu qui veut dire « hey mon gars, arrête toi, j'aimerais bien passer de l'autre côté, et si j'étais vivant quand j'atteins l'autre côté, ça serait mieux. Si la voiture semble réagir et freiner, c'est bon ! Vous pouvez traverser. N'hésitez pas à faire un petit geste pour dire merci, car ici, et surtout pour la conduite, interagir avec les mains, ça fait partie des règles.
Car vous ne le savez probablement pas, le code de la route ghanéen connait quelques différences par rapport à celui qu'on apprend lorsqu'on passe le permis en France. La règle des priorités est bien différente. Alors que chez nous, la droite est toujours la plus forte, ici, la priorité, c'est pour les axes majeurs. Donc finalement, si vous êtes sur une petite route et que vous croisez une plus grande route, ben vous n'êtes plus prioritaires. Le soucis, vous le comprenez. Parfois, les routes sont de taille égale, et si jamais il n'y a pas d'indication particulière (feu, panneau) vous vous débrouillez, et puis c'est tout !
L'autre grande différence dans le code de la route ici, ce sont les mains. Certains gestes définis font partie des règles. Lorsque vous êtes conducteur, si vous souhaitez qu'on vous laisse passer, lever l'index gauche hors de votre voiture (comme à l'école), et hop, c'est compris ! Faites le signe « peace » hors de l'habitacle, et la personne comprendra qu'elle peut s'engager. Soyez un peu polis non de non ! Levez la main gauche par la fenêtre pour dire merci !
En parlant de politesse tenez, disons que la courtoisie au volant n'est pas réellement l'élément prépondérant dans la conduite ghanéenne. Un certain de nombre de réactions considérées comme les pires incivilités en France sont d'ailleurs régulièrement employées.
Lorsqu'un obstacle se trouve sur votre voie et qu'on ne peut plus se croiser, on s'arrête et on laisse l'autre passer. Ici, tu fonces ! Avec un peu de chance, t'arriveras au niveau de l'obstacle avant l'autre et du coup tu passeras en premier ! Les camions sont les spécialistes pour ça, qui oserait les défier en un contre un ?
Même situation, même réaction. Si vous souhaitez changer de file (parce que votre voie disparaît par exemple), bon courage, car laisser passer quelqu'un devant soi n'est pas vraiment un truc ghanéen... et les gens accéléreront pour ne pas vous laisser passer. Soyez un fin stratège ! Mettez vous en travers de la route, de toute manière, une fois que votre capot est engagé, si vous bloquez l'accès de l'autre voie, vous avez gagné !!!
Dernier exemple, peut être pas le plus fréquent, mais, pour moi en tout cas, le plus désespérant. Vous souhaitez tourner à gauche au feu et vous vous mettez donc sur la file de gauche, en attendant que le feu passe au vert (qui est vert pour ceux qui passent tout droit). On ne peut même pas compter le nombre de véhicules qui vont tout droit, grillent toutes les voitures qui attendent de tourner, et qui lorsqu'elles arrivent au feu, se font une petite place dans la file... Finalement, être civilisé, c'est cool, mais ça fait quand même perdre du temps.
Les rond-points n'ont pas vraiment de règle, ce n'est pas parce qu'on est engagé qu'on devient prioritaires, et s'arrêter au milieu d'un rond point pour laisser une voiture s'engager est monnaie courante.
Toutes ces petits trucs posent quelques problèmes de... bouchons bien évidemment. Et c'est là qu'on se rend quand même compte que respecter le code de la route, ça fluidifie vachement la circulation. D'ailleurs, on se rend souvent compte que les moments où ça roule le mieux, il y a des policiers en charge de la circulation... Hmmm, étonnant !
Les ghanéens sont par contre à l'origine d'une invention géniale, un peu dangereuse, mais qui fonctionne bien : la deux voies modulable.
Que ça soit pour se rendre à Accra ou à Cape Coast, nous devons emprunter pendant de longues heures une des routes principales du Ghana qui est une deux voies (1 voie dans chaque sens). Il y a quelques zones où la route est plus large et où on peut doubler, mais c'est assez rare, si vous voulez doubler, il faut donc affronter les voitures qui arrivent dans le sens inverse. Dangereux et j'aime pas trop ce genre de route, même en France, d'ailleurs, que ça soit Caro ou moi-même, quand on prend le bus pour Cape Coast ou Accra, ON A PEUR !! Les conducteurs ne font pas trop attention à ce qui arrive en face quand on double. Un virage !! Pas grave ! Une fin de côte !! pas grave !! On déboite, on se lance, et advienne que pourra ! Par contre, et de manière assez surprenante, il y a assez peu d'accidents sur ce type de route... Ca, c'est grâce à l'invention ! La route modulable !
Alors que vous pensez circuler sur une 2 voies, cette dernière est modulable à volonté en 3 voies. Comment ? La bande d'arrêt d'urgence pardi ! Si vous doublez, et qu'une voiture arrive en face, pas de panique ! Le véhicule que vous doublez va se décaler à moitié sur le bas côté de droite, celui qui arrive en face va faire de même, et comme par magie, vous passez à 3 ! C'est génial ! Et ca fonctionne hein ! Ca m'est déjà arrivé plein de fois, et on s'habitue tellement que ça fait même plus vraiment trop peur... bon, le seul risque, c'est que le conducteur que vous doublez n'aie par exemple pas de rétro, et qu'il ne se décale pas... Mais ça n'a pas l'air d'arriver bien souvent.

Finalement, après quelques temps, on s'habitue, et puis, quand on connaît un peu l'Italie (Sicile par exemple...) c'est pas vraiment mieux... A croire que plus on descend dans le sud, moins on conduit bien...

Voilà, veuillez m'excuser, j'ai l'impression que cet article est un petit peu décousu, mais il y a tellement à dire que j'ai dû sélectionner. La circulation routière, c'est quand même un sacré truc ici ! Et puis, après tout, c'est pas très académique, mais ça fonctionne. C'est bien ça le principal !


Aujourd'hui, ceux d'entre vous qui sont facebookés s'en sont rendus compte, c'est mon anniversaire, et l'anniversaire de Ghana Mbi par la même occasion. Allez, c'est le moment de faire un petit bilan.
Ghana Mbi vous a gratifié en 1 an exactement de 46 articles (47 avec celui-ci), vous êtes exactement 1000 personnes à avoir posé vos yeux sur mes écrits et avez visité le blog 2554 fois exactement. Alors, après tout, je ne peux finir que d'une manière :

MERCI !

Une bise à tous

Sylv et Caro



mardi 23 octobre 2012

Vadrouille à Babaso


Bonjour tout le monde !
Le week-end dernier, vous avez été privés d'article, mais finalement, c'est plutôt normal étant donné qu'à ce moment là, j'étais justement en train de rassembler la matière pour écrire un article. On peut pas vraiment tout faire en même temps...
Nous avons profité de mon week-end de 3 jours et de la présence de Flore pour s'éloigner un petit peu de Kumasi, en direction d'une zone que nous n'avons pas encore visitée : le nord. Bon, en 3 jours, vous le comprendrez bien, on peut pas aller bien loin, mais c'est toujours mieux que rien. Notre destination, le titre l'indique déjà : Babaso (prononcer Babasso). Alors pour les fans de cartes et autre google hearth (pensée pour la personne qui se reconnaitra), Babaso se trouve à quelques kilomètre d'Ejura, au nord-est de Mampong (qui est elle-même au nord-est de Kumasi, vous me suivez?). Vous ne trouverez pas Babaso car c'est tout simplement trop petit. Il s'agit en fait d'une mission catholique installée au sein d'un minuscule village (à la louche 150 habitants).
Mais que vont-ils faire dans une mission catholique ?!
Eh bien mes chers lecteurs, nous y étions pour voir un ami. Henri (cf article sur le match de foot), est volontaire dans cette mission catholique où il est chargé d'un certain nombre de projets agricoles, et il a eu la gentillesse de nous recevoir pour une petite mise au vert de quelques jours.
Le départ était prévu pour vendredi après-midi, vers 14h car l'idée d'origine était d'arriver là-bas avant la nuit (qui tombe vers 18h en ce moment...). Sachez qu'il faut en temps normal environ 2h15 pour s'y rendre. Je dis en temps normal car pour nous, ça ne s'est pas passé exactement comme ça. Nous sommes pourtant partis à l'heure, pleins de bonne volonté, seulement, ici plus qu'ailleurs, tout ne dépend vraiment pas de nous, et l'heure et demie que nous avons passée dans le trotro pour rejoindre la gare routière de Kumasi depuis le campus nous l'a encore une fois prouvé. Nous avons eu beau nous dépêcher pour trouver un trotro pour Mampong, les embouteillages pour quitter Kumasi n'ont pas arrangé les choses, et nous sommes arrivés à Mampong à la tombée de la nuit. Petit pipi dans un coin pour Flore (je sais, je suis un salop!!) et hop, taxi collectif jusqu'à Ejura. Bon, en plus, on a mis notre grain de sel dans le retard puisqu'on s'est arrêtés à la mauvaise « station » à notre arrivée à Ejura, et Henri a dû nous chercher un peu. Bref, après le repas dans un petit resto d'Ejura (poulet riz frit comme d'hab faut pas s'attendre à autre cose), un peu fatigués et un peu moites nous avons finalement posé nos (petits) sacs.
Nous avons commencé par boire un verre de bienvenue avec les deux prêtres en charge de Babaso (tous deux nigérians et plutôt pas du genre stéréotype du prêtre...). L'un d'eux avait en plus passé 2 ans à Bangui et j'ai pu retrouver mes quelques mini bases restantes de Sangö.
Le petit verre terminé, Henri nous a fait découvrir la maison et nous avons fini la soirée tranquillement. En « brousse », y a pas grand chose à faire le soir... déjà qu'à Kumasi...
Ca me fait toujours un peu bizarre d'arriver à destination le soir car on ne peut pas voir grand chose de notre environnement, ni de ce qu'on est venu voir...
Lendemain, réveil ! Effectivement, c'est pas très très grand... et un peu rural, mais c'est plutôt vert et joli ! Quelques habitations sont rassemblées et les gens s'activent tranquillement devant leur maison. La plupart des bâtiments sont en béton, le vrai signe que c'est quand même un peu la cambrousse : les animaux. Y en a de partout, bien plus qu'en ville, et c'est aussi bien plus diversifié ! Des poules, des moutons, des chêvres ou encore des cochons gambadent gaiement autour des habitations, se régalant des divers détritus jetés ça et là. Henri nous montre quelques trucs dans le « compound ». On est surtout restés émerveillés devant l'arbre à Calebasse ! Vous saviez comment ça poussait vous ces trucs ?! Et ben voilà, merci Sylvain !!




On est restés quelques temps là dessous, Flore priait pour qu'il y en ait pas une qui lui tombe dessus, avant de repartir en s'éloignant petit à petit de Babaso. Le coin est vraiment joli, et comme nous l'explique Henri, nous sommes dans la zone de transition entre la forêt humide et la savane arborée (wikipédia est votre ami!). C'est vrai que la végétation change un peu, c'est en tout cas beaucoup moins touffu qu'entre Kumasi et Cape Coast par exemple, mais pour ceux qui pensent déjà au roi lion, on est quand même loin de ça ! Ca reste très vert !
Notre chemin a continué un peu, au gré des forêts et surtout des champs qui se succèdent là bas. On trouve en majorité des haricots et du maïs.





Puis nous avons croisé le petit cours d'eau où, comme dans chaque village, deux scènes de vie se heurtent : les femmes, et parfois les aînées de la famille (pas simple d'être l'aîné en Afrique) lavent le linge. A cinq mètres d'eux, les enfants du village chahutent et s'amusent dans l'eau un peu lessiveuse. Nous avons rapidement traversé, mais après quelques centaines de mètres nous avons rebroussé chemin et sommes donc retournés à la rivière. C'est arrivés là bas que l'un des enfants a dit « take a picture » ! LA phrase !! L'autorisation de faire des photos ! On hésite toujours dans ce genre d'endroits, vous aimeriez, vous, qu'un étranger vous demande de vous photographier quand vous étendez votre linge sur le balcon ? On a donc profité de cette super opportunité pour mitrailler ! Voilà les meilleures.







Après le bon quart d'heure passé avec les petits, nous somme rentrés tranquillement chez Henri pour manger un bout. Après la sieste obligatoire, nous avons quitté Babaso pour Ejura dans le but d'acheter quelques trucs. Ejura est plutôt petite, mais très fameuse au Ghana car son marché, chaque lundi, est une étape importante pour l'achat des légumes. Les lundis seulement, car on était samedi, et les légumes ne couraient pas vraiment les rues... Nous avons tout de même trouvé quelques trucs et sommes rentrés à Babaso. La soirée a, comme la veille, été calme. Il nous fallait dormir un peu ! On s'était couchés tard la veille, et le lendemain... Fallait déjà repartir.
Le dimanche matin a été plus que calme également. Henri parti à la messe (obligation professionnelle), nous avons profité d'un petit moment calme pour déjeuner tranquillement puis papoter. Et le moment de partir est vite arrivé. Le voyage n'aura pas été sans raison puisqu'on se débarrasse d'un paquet (Flore qui partira le lendemain vers le grand nord). Le retour a été plus rapide que l'aller, même si les 2h restent un fantasme. Ca nous a pris environ 3h pour rentrer à la maison, et préparer... la reprise du boulot, mais bon, c'est ce que je me dis à chaque fois : « Je suis quand même venu pour bosser... ».

A bientôt, de grosses bises

Sylv et Caro.

jeudi 11 octobre 2012

Football !

Salut tout le monde !

Toutes mes sincères excuses, ça fait un petit moment que je ne me suis pas penché réellement sur Ghana Mbi. Peut-être parce que je n'avais rien de très excitant à partager avec vous. Mais les choses ont changé ! Me revoilà! Avec la ferme intention de me faire pardonner pour cette longue absence !

Une fois n'est pas coutume, j'ai réussi à traîner Caro et Flore notre invitée, à... un match de foot !

J'en ai peut être déjà parlé un petit peu, ceux qui s'y connaissent le savent déjà, au Ghana, le foot est une véritable institution ! On s'en rend rapidement compte lorsqu'on remarque le nombre de personnes portant des maillots des différentes équipes, ou encore quand on compte le nombre de petits fagnons et produits dérivés accrochés dans les taxis.
Ils sont tous fans de 3 équipes :
- L'équipe nationale. Vous savez que le Ghana est une des meilleures équipes de football africaine.

- Un club européen. Evidemment, les clubs français sont totalement oubliés ! Ici, c'est le championnat anglais qui est prioritaire, suivi par le championnat espagnol. Pour les spécialistes, parmi les équipes qui ont le plus de succès, on trouve les Manchester, Arsenal, Chelsea, le Réal, le Barça, et dans une moindre mesure quelques fans d'Italie. J'ai croisé une ou deux fois un maillot lyonnais ou parisien, mais ça reste très rare ! En tout cas, vous ne pouvez pas être en manque de foot européen ici ! Tous les grands matchs sont diffusés n'importe où dans le pays ! C'est d'ailleurs dingue car quel que soit le match, on entend toujours des hurlements énormes à chaque événement, comme si on se trouvait à chaque fois dans la ville concernée par la partie. Autrement dit, l'université devient chaque week-end et à tour de rôle Manchester, Barcelone et Milan. La classe non ?!

- Le dernier club supporté par les ghanéen est le club local, car, oui, il existe un championnat national professionnel au Ghana qui, même s'il demeure d'un niveau moyen, attire les foules, et l'enthousiasme des spectateurs. C'est évidemment ce championnat que nous sommes allés voir dimanche.

En plus, nous avons de la chance, car kumasi possède un des clubs les plus fameux de ce championnat, le Réal Madrid du Ghana en quelque sorte,il évolue en rouge et blanc et s'appelle : « AS Kotoko Asante ».
Loin de moi l'idée de vous faire un descriptif total du club, je ne suis pas non plus spécialiste, mais en tout cas, sachez que c'est un des clubs les plus titrés du championnat, et leur dernier titre de champion du Ghana remonte à... juin dernier ! On est les champions en titre !
Alors évidemment, quand vous connaissez l'amour des gens pour le foot, la facilité que les gens ont à supporter un club qui gagne et que vous ajoutez la fierté qu'ont les gens d'être ashantis (j'en parlerai plus tard), ça ne peut faire que des étincelles ! Et c'est le cas !

Mon premier contact avec ce club : A mon arrivée, je suis allé boire un verre dans un bar dansant appelé « Echoes ». A un certain moment, une chanson (en langue locale donc incompréhensible pour moi, malheureusement) a créé une véritable émulsion, et au moins la moitié des gens tranquillement assis sur leurs siège se sont levés et se sont mis à courir dans le bar en balançant au dessus de leur tête n'importe quel objet pouvant ressembler à une écharpe. Cette chanson, c'était l'hymne de Kotoko !

Je savais que l'équipe évoluait au stade Baba Yara, en plein centre ville, et j'attendais avec impatience de pouvoir m'y rendre, pour goûter à l'ambiance au sein du stade. Il m'a quand même fallu attendre quasiment un an avant d'avoir enfin l'occasion d'y aller ! Laissez moi vous raconter !

Le championnat ghanéen se joue en général le dimanche après midi. C'est donc ce dimanche, à 14h (match à 15h) que nous nous sommes rendus, Flore, Caro et moi-même au stade. En trotro bien évidemment !
Après quelques minutes d'attente durant lesquelle certains supporter n'ont pas hésité à nous faire part de leur enthousiasme, par la voix, et grâce à la petite trompette qu'ils ont tous, nous avons retrouvé Olivier et Henry, deux amis français pour enfin pénétrer dans la symbolique antre de l'AS Kotoko Asante.



Comme vous pouvez le voir sur les différentes photos, le stade Baba Yara est plutôt grand, plutôt neuf, et contrairement au stade de Bangui, cette fois en tout cas, il n'accueillait pas 3 fois plus de supporters qu'il n'avait de place ! Nous nous sommes installés en tribune latérale, prêts à regarder le match.




Après quelques minutes d'attente en plein soleil (je rédigerai bientôt un nouvel article sur le climat) les joueurs reviennent sur la pelouse ! C'est l'heure des débats ! Nous jouons aujourd'hui contre Amidaus, le club de Tema (au sud du Ghana). Le stade n'est pas complet, mais est tout de même bien plein, surtout notre tribune ! Le match démarre !





Moi qui ai l'habitude de me rendre de temps en temps à Gerland, plus chaude ambiance de France (qui a dit que j'étais chauvin?), j'ai été un petit peu déçu par l'ambiance générale du stade. Les supporters ici sont plutôt spectateurs. En tout cas, très peu d'entre eux (à part le petit coin dans le virage qui mettait un peu d'ambiance) participe activement à faire la fête..
Attention ! Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ambiance ! Elle est tout simplement différente ! Très différente même !

Une grosse proportion des spectateurs regarde le match avec des écouteurs vissés sur les oreilles. Ecoutent-ils la musiques ? Sont-ils prêts à recevoir des appels? Que nenni ! Ils suivent un match à la radio ! Le match de Heart of Oaks, l'équipe rivale venue d'Accra ! Un peu comme un supporter lyonnais, qui gagne à moitié quand St Etienne a perdu (pareil avec Marseille et Paris etc...) ici, c'est Heart of Oaks qu'il faut dézinguer ! Le stade réagit d'ailleurs quasiment autant à ce qu'il se passe sur l'autre pelouse que devant leurs yeux. Non, j’exagère, car même s'il ne chante pas, le public réagit !
A chaque action manquée, passe raté, centre dans les tribunes, ou faute non sifflée, c'est l'effervescence. Tous les supporters se retournent les uns vers les autres et commentent à leur manière l'action qu'ils viennent de voir. Malheureusement pour nous, ces commentaires sont la plupart du temps en Twi, ce qui nous empêche de comprendre vraiment ce qu'ils disent, mais ça participe tout de même à rendre l'expérience encore plus dépaysante, d'autant que lorsqu'ils parlent Twi, on peut rapidement avoir l'impression que les gens s'engueulent ! Alors voilà, pour nous, étrangers venus voir un match, on a l'impression de se retrouver dans une tribune où les gens regardent 50% du match, et passent les 50% autres à s'engueuler ! Trop la classe !

Et le match alors ? Ben c'était le premier du championnat et Kotoko n'a pas l'air réellement prêt puisqu'on a été gratifiés d'un magnifique 0-0... Et on a presque perdus ! Mais finalement, et surtout pour nous, l'important, c'était vraiment de participer, et de boire une bière en terrasse pour se rafraichir !

On vous embrasse, et même quand je n'écris pas, on pense quand même un tout petit peu à vous.

Et à la votre!




Sylv et Caro.

dimanche 23 septembre 2012

Un peu d'économie ...


Salut tout le monde.

Allez, commençons aujourd'hui comme d'habitude : passons du coq à l'âne ! Après le super article de la semaine dernière sur les bonjour ghanéens, parlons un peu économie ! C'est important l'économie ! Surtout à cause de la crise ! Les gens s'y connaissent tous maintenant !
Une fois n'est pas coutume, cet article sera surtout destiné aux gens qui vont un jour se rendre au Ghana, ça peut leur donner une bonne idée de budget « dépenses ». Pour les autres, ça peut vous donner une petit idée des prix pratiqués ailleurs, et, vous vous en doutez, le prix de certains produits changent vachement entre la France et le Ghana.

Commençons par le commencement. Ici, la monnaie utilisée est le Ghana Cédi (GHC). Le taux de change par rapport à l'euro est d'environ 2,40, dépendant évidemment des fluctuations de la bourse. 1 euros = environ 2,40 cédis. Les centimes de cédis sont les pèséwas. La monnaie a récemment changé, et il arrive que les vendeurs utilisent encore l'ancienne. Un peu comme avec l'ancien franc, les GHC étaient moins forts, donc les prix beaucoup plus hauts. Quand on m'annonçait un prix de 7000GHC pour un paquet de biscuits, je tirai la gueule ! Maintenant j'ai compris ! Il suffit d'enlever 4 zéros ! Ca donne finalement 70 pésèwas ! Beaucoup mieux, et beaucoup plus abordable !
Le terme « Ghana » est une autre manière de parler de cédis. Les vendeurs demandent souvent « 3 ghana ». On comprend à force.

Alors, évidemment, nous achetons la grande majorité de nos produits au marché. Pas le méga marché central, mais le marché de « Tech junction », à côté de l'université. C'est assez proche de la maison, et on y trouve quasiment tout. Le reste s'achète à la zone commerciale de la fac. De temps en temps (environ 1 fois par mois), on se fait un petit plaisir et on va au supermarché d'importation pour prendre quelques incontournables introuvables ailleurs.
Au marché, sur les étals, les fruits et légumes sont souvent vendus soit à l'unité, soit exposés en petits tas. On achète le tas pour un prix rond. Allez, commençons un peu la liste des trucs qu'on achète très souvent. Ca vous donnera aussi une idée des produits disponibles ici.

Tomates : 4 ou 5 pour 1 cédis
Petits poivrons verts : 2 ou 3 pour 1 cédis
Oignons : 4 ou 5 pour 1 cédis
Avocats : selon la taille, ils oscillent entre 0,70 et 2 GHC.
Choux fleurs : 1 cédis le tout petit choux fleur
Carottes : 1 cédis les 4
Patates : 5 cédis le kilo (assez cher quand même!)
Petites bananes locales : environ 3 cédis la dizaine
Ananas : selon la taille, entre GHC 1 et GHC 2,50
Mangues : environ 1 cédis les 4.
Oranges : 20 pésèwas l'unité
Citrons (essentiel pour le rhum) : GHC 1 les 4
Farine blanche : 1,20 GhC la grosse tasse de 200g
sucre : même prix que la farine

Voilà pour les fruits et légumes. Evidemment, les prix varient selon la taille du fruit, et bien entendu, selon la saison. En ce moment, on ne trouve pas de mangues, et les bananes sont très chères. Par contre, les oranges inondent les étals ! En général au Ghana, on ne négocie pas. Bien qu'à force, on connaisse les prix, on peut râler quand on se fait arnaquer. Certains vendeurs n'hésitent pas à mettre le pâquet ! Pas plus tard qu'hier, nous avons voulu acheter du poisson, qu'on nous proposait à GHC 20. La vendeuse suivante nous a vendu les mêmes pour 7 cédis !
On peut quand même négocier un peu, surtout quand le produit que vous achetez n'est pas très joli. Un peu pourri, un peu fissuré, et vous pouvez demander une ristourne... Ca marche parfois ! Surtout quand on leur rappelle que si ce n'est pas nous qui achetons, ça leur restera sur les bras à la fin de la journée...
Continuons avec les divers produits manufacturés

Sachet de 5kg de riz : environ 18GHC
500g de pâtes : 1,50
boite de vache qui rit (universel la vache qui rit!) 2 cédis
boites de sardines et thon : environ 1,50 GHC
le pot de mayo basique est à environ 3,50 GHC.
Une bouteille de pinard (pas très bon, mais on s'en contente) coûte en moyenne 10GHC, alors qu'une bière de 75cl coûte à peu près 3,5 cédis.
Pour la viande, ce n'est malheureusement pas très diversifié. On trouve du poulet à 5 cédis le kilo, de la viande hachées 5cédis les 500 grammes, et des saucisses de volailles à 2,5 cédis les 10.
Pour le poisson, le prix oscille entre 5 et 15 cédis selon la taille et le type de poisson.

Voilà pour les trucs qu'on achète assez souvent. Si vous ne voulez pas faire les courses et manger seulement local, ici, ce sont les spécialistes des espèce de « patisseries salées » comme par exemple les roulés à la saucisses, ou les chaussons à la viande. Selon la taille, ils coûtent soit 50 pésewas, soit 1 cédis. Les sachets d'eau qu'on achète dans la rue sont à 10 pésewas. Un plat de riz dans les « restos U » de la facs coûte environ 4GHC (poulet compris), alors qu'un plat local vous coûtera environ 2,5 ou 3 cédis.

Hier a été un grand jour, car nous sommes allés au supermarché « Ababio », le supermarché d'importation pour se faire un rationnement en produits importés ! Alors, vous vous doutez que la qualité n'est pas réellement au rendez-vous, mais c'est mieux que rien. Vous imaginez aussi que ce genre de produits sont destinés à une clientèle plutôt friquée, et ça se ressent quelque peu sur les prix. En général, quand nous allons là bas, nous achetons :
Un bloc de gouda à environ 15 cédis les 200g
Une plaquette de beurre demi sel qui coûte à peu près 9 cédis
Une boite de conserve de 400g de jambon (oui oui, ça existe) coûtera environ le même prix.
La plaquette de chocolat coûte environ 8 cédis

Et c'est à peu près tout. Imaginez qu'on consomme tout ça avec modération. Le bloc de gouda et le beurre nous tiennent habituellement 3 semaines... minimum !!!


Voilà tout. Prenez bien note, vous aurez une interrogation écrite la prochaine fois. Si vous souhaitez connaître le prix d'autres produits, n'hésitez pas à me demander par mail ou même en commentant l'article. Vous aurez votre réponse !

De grosses bises à tout le monde !

Sylv et Caro.


dimanche 16 septembre 2012

Bonjour

Bonjour tout le monde !

Après une entracte de 2 semaines, revoilà un article sur Ghana-mbi.
Pour aujourd'hui, nous allons revenir aux bases ! C'est parfois nécessaires ! Et puis, je pensais déjà avoir traité le sujet, en fait, j'avais confondu avec bangui de grand chemin.
Faute avouée est à moitié pardonnée ! Alors bonne lecture !

En vivant dans un pays étranger, les relations inter-personnelles changent obligatoirement, à commencer par la manière de dire bonjour ! Petite explication du bonjour ghanéen :

Ici, comme dans la plupart des pays du monde, la bise n'existe ABSOLUMENT pas ! Hors de question ! Beurk ! J'ai quelque fois essayé avec des personnes que je connaissais bien, ou que je m'apprêtais à ne pas revoir pendant un long moment, si j'osais, je dirai que seule leur couleur de peau les a empêché de rougir. Ici, en tout cas, la bise paraît être aussi « osée » qu'un acte sexuel. C'est vous dire !

Je recommence ce paragraphe comme le précédent. Ici, comme dans la plupart des pays du monde, c'est la poignée de main qui prime. Tout le monde se sert la main, femmes, enfants, hommes, vieux, riches, jeune, pauvres... Ça paraît toujours aussi impersonnel pour un français, mais bon... C'est ainsi. Alors, évidemment, selon le degré d'affinité avec les gens, la poignée de main évolue ! Elle peut être plus longue avec les amis, et surtout, elle peut être suivie du fameux « check » tel que je l'avais découvert également à Bangui (je me demande d'ailleurs s'il n'existe pas sur tout le continent africain!). Alors, petite leçon pratique pour ceux qui ne suivaient pas mon blog précédent :
Choisissez un partenaire, et serrez lui la main tout à fait normalement.
C'est au moment où les mains sont sensées se séparer qu'il faut se concentrer ! Au lieu d'enlever votre main comme un malpoli, faites glisser vos doigts le long de la paume de la main de votre partenaire, jusqu'à ce que le bout de votre majeur soit contre le bout de son majeur.
Ajoutez votre pouce de l'autre côté du majeur de votre partenaire (vous le tenez entre vos deux doigts).
Dans un petit mouvement brusque vers le bas, vous devez essayer de faire claquer vos majeurs ensemble, comme lorsque vous écoutez de la musique qui vous plait et que vous claquez des doigts pour battre le rythme. Sauf que cette fois, vous êtes deux !
Lorsqu'un claquement sort de votre poignée de main, alors, à ce moment là, vous savez faire.
vous avez la clâsse !

Mis à part cette petite poignée de main stylée, ici, bien entendu, on fait des calins (hug pour les anglicistes)! Plein de calins ! Surtout en ce moment ! Les gens ne se sont pas vus depuis un moment à cause des vacances, alors ça n'arrête pas ! Pour nous, c'est toujours un peu surprenant, ça nous arrive quand même pas super souvent de faire ça en France. Et je me retrouve un peu dans la même situation qu'un ghanéen obligé de faire la bise. La première chose qui me vient en tête : « mais j'le connais pas assez pour lui faire un calin comme ça !!! ». bon, il paraît qu'ici, ça veut rien dire...

Voilà pour les relations physiques avec les personnes. Mais ici, étant donné que toute personne que vous croisez plus de 2 fois dans votre vie est potentiellement un ami, vous avez un sacré paquet de monde à saluer ! Et ça augmente quotidiennement en plus ! Et si vous serrez la main à tout le monde, le temps passé à travailler se réduira comme peau de chagrin ! Alors ici, on salue de la main. Un petit coucou, qui paraît tellement enfantin pour un français ! Mais les gens aiment ! Ils adorent ça, à condition que vous le fassiez avec la main droite ! Et ils répondent en général, soit par un sourire, soit par un geste de main similaire, soit par d'autres gestes un peu bizarres, il faut bien l'avouer :
salut militaire
On lève les poings comme si on venait de gagner la coupe du monde de foot
on montre son index et son majeur dans un mouvement pacifiste
clin d'oeil, ça peut arriver aussi parfois.

Bref, ne connaissant pas non plus tous les rouages du Ghana, je présume que tous ces gestes sont sensés vouloir dire bonjour... peut être...

La dernière chose dont on se rend vite compte avec les « bonjours » ici, c'est la différence de rythme ! A partir de 14h, terminés les « Hello! » ou « Hi ! ». bonjour les « good evening ». Vous venez tout juste de terminer le déjeuner, et c'est déjà le soir ! Mes étudiants font évidemment les mêmes erreurs en français, et si nous avons cours en début d'après midi, je peux être certain qu'en entrant dans la salle, ils m'accableront d'un « bonsoir ». Ahlala, comme dirait une personne un peu enveloppée : « ils sont fous ces ghanéens » !


Voilà tout pour aujourd'hui, je ne sais comment vous dire au revoir ! On se caline ? On s'fait la bise ? On se serre la pogne ? Peu importe après tout ! Tant qu'on arrive à dire ce qu'on veut !

Sylv et Caro.

dimanche 2 septembre 2012

Sans titre!

Bonjour à tous !

J'avais promis dans mon premier article sur Ghana-mbi que je vous dirais tout, que je ne cacherais rien. Alors voilà un article qui satisfera bien des curieux. C'est un sujet que je n'ai encore jamais vraiment abordé, et pourtant, c'est quelque chose totalement omniprésent dans notre vie quotidienne ici, au Ghana, et puis, par la même occasion dans les différents coins d'Afrique que j'ai visités.

Alors, avant de commencer, laissez moi vous prévenir, si vous êtes à table, ou si vous vous apprêtez à manger, ce n'est peut être pas le meilleur moment pour squatter sur Ghana-mbi, enfin, c'est votre choix après tout, je décline toute responsabilité !

Outre les routes et les bâtiments, il y a un élément qui ne trompe pas sur le développement d'un pays, c'est la forme et l'odeur... des toilettes !
En France faire ses besoins est tellement simple et pratique ! Les cuvettes sont en général propres, et maintenant même les WC publics sont dotés de systèmes de nettoyage complet ! On fait ses besoins dans les lieux publics dans d'aussi bonnes conditions quand chez soi ! On ne s'en rend même plus compte, mais c'est un sacré luxe ! Car tous les endroits du monde ne sont pas dotés de tels conforts pour nos petits fesses, et faire ses besoins peut parfois se transformer en réel parcours du combattant !

Les premiers WC publics restent les rues. Il est extrêmement régulier qu'on trouve quelqu'un en train de pisser quelque part en extérieur, et pas seulement dans la forêt ! Les dames profitent également de leurs longues robes pour s'accroupir et faire ce qu'elles ont à faire. Certains petits recoins dans l'université me rappellent d'ailleurs bien les rues de Lorient en plein festival interceltique ! Ici, pour être clair, on peut pisser à peu près de partout, à part s'il est écrit sur le mur « Do not urinate here » … On croise souvent ce genre d'écriteau !
Lors de notre voyage à Lomé, un soir, une envie soudaine m'a pris dans la rue, et je me suis approché du mur pour faire mon besoin, j'ai été assez surpris que Ben, notre couchsurfeur, me demande de ne pas faire ça contre un mur, mais plutôt au milieu de la rue ! On ne sait pas le pourquoi du comment, en tout cas, l'espace de quelques minutes, j'ai eu le rôle de mini rond-point !! encore un truc qu'on ne pige pas bien... !

Alors, ça c'est pour le pipi extérieur ! Comment ça se passe pour le reste ?
Comme je le dis souvent, le Ghana est un pays développé, et si on est privilégié (nous le sommes) on jouit d'un certain confort à ce niveau là ! La grande majorité des toilettes dans les lieux publics sont les mêmes que celles que l'on a en France. A la différence qu'ici, il n'y a pas de lavage automatique, et que même quand quelqu'un est sensé nettoyer, il peut arriver qu'il oublie... pendant un moment ! Les toilettes du bâtiment à côté de mon bureau sont restées telles qu'elles pendant plus d'1 mois. Il est loin le moment où l'odeur de javel vous chatouille les narines !

Au Togo, le voisin, c'est encore un petit peu différent ! Les toilettes dans les lieux publics « basiques », sont en général bien plus sommaires. Il s'agit d'une petit pièce à ciel ouvert avec un sol en pente. Dans le coin du mur, au bout de la pente, un trou, derrière le trou, le caniveau du bord de route. Et hop ! Ni vu ni connu ! Alors, dans un sens, le système est plutôt pas trop mal, et pas chiant à laver, puisqu'il suffit d'y balancer un seau d'eau pour que l'endroit soit clean ! Et puis, ça évite que les gens en foutent de partout, puisque, justement, le partout est toujours le bon endroit ! La classe !
Par contre, comment faire pour la grosse commission ? Sans mauvais jeu de mot, si vous êtes dans les rues de Lomé et qu'une grosse envie vous prend, vous êtes plutôt dans la merde ! Car absolument aucun maquis ou magasin n'a de coin adapté pour ça. Alors, attendez d'arriver à l'hôtel ou chez votre hôte pour pouvoir vous soulager. Par contre, ne vous attendez encore pas au grand confort, quoique ! Au Togo, les maisons ne sont en général pas reliées à l'eau courante, et il n'y a donc aucune chasse d'eau. Par contre, il y a une cuvette ! C'est dans ce cas le principe des « toilettes sèches » qui est préconisé. Des vers remplacent la chasse, et c'est pas trop mal ainsi ! Sachez qu'en général, ce type de WC sont à l'extérieur de la maison, dans le coin « hygiène » à côté de la douche. La plupart du temps, c'est à ciel ouvert (mieux pour les odeurs quand même), mais si c'est très bien entretenu, un toit ne pose aucun problème ! Si les toilettes sont occupées et que l'envie d'uriner se fait réellement pressante, vous pouvez toujours utiliser la douche, de toute manière, le système d'évacuation est le même que dans les toilettes publiques, tout ira dans la rue !
Pour ceux qui découvriraient ce genre de chose et souhaiteraient rendre les lieux un peu plus propres, évitez les produits chimiques, les vers n'aiment pas ça, et se feront un plaisir de sortir dans la cour pour respirer. Là, ça deviendra dégueu !!!

En Centrafrique, les choses sont encore un petit peu plus corsées ! Pas d'eau courante, donc pas de chasse d'eau, mais la petite chose qui manque, c'est la cuvette. Vous aurez donc la plupart du temps une petite pièce d'environ 2m carré, avec un trou. Pour éviter les odeurs, il arrive également d'utiliser le système de l'assiette qui bouche le trou. Lorsqu'on souhaite faire ses besoins, un coup de pompe dans l'assiette suffit à relever le couvercle ! Et voilà ! Dans les quartiers réellement pauvres, WC et douches partagent le même espace. Le seau d'eau d'avant la douche est cette fois vraiment préconisé ! Mais ça, je suppose que vous vous en doutez !


Voilà, je pense que c'est tout, je suis quand même assez fier de moi, j'ai réussi à faire 1 page et demie sur les toilettes en Afrique ! C'est déjà pas mal du tout ! J'espère n'avoir choqué personne, en tout cas, s'il vous prend l'envie de voyager pour la première fois dans ce genre de coin, vous ne pourrez pas dire qu'on vous a prévenu ! Et vous pourrez pas demander aux gens « mais, elle est où la cuvette ? », vous vous feriez bien foutre de vous !

De grosses bises à tous !

Sylv et Caro

PS : Ah oui ! J'oubliais de vous dire ! Le PQ est ici fait pour se moucher, optionnel en tout cas! Au Ghana, Secouer la petite goutte prend tout son sens !

dimanche 26 août 2012

Tro-tros


J'en ai déjà parlé, puis reparlé, puis encore parlé, mais finalement, vous en savez très peu ! Trop peu par rapport à tout ce qu'il y a à savoir là-dessus. Je veux parler aujourd'hui du moyen de transport le plus courant au Ghana, les vaisseaux de la route, les maseratti de l'Afrique, j'ai nommé : les trotros !
Alors, petit rappel pour les non-assidus au blog et qui auraient raté les quelques articles où j'y faisais référence : Les trotros sont des minibus, en général de 12 ou 16 places, qui remplissent à eux seuls le rôle de lignes de bus, quand ils se contentent de voyager en ville, ils peuvent également remplacer le train quand il s'agit de se déplacer d'une ville à une autre. Bref, quand tu veux aller quelque part, de toute manière, un trotro t'y mènera ! Il suffit juste de trouver le bon, et qu'il soit plein ! Car, je vous le rappelle, le trotro ne quittera sa gare de départ que lorsqu'il tous les sièges sont occupés !!
Alors qu'en France, le chauffeur du bus est le maitre à bord, et qu'il gère la conduite, ainsi que la surveillance du compostage des tickets de transport, au Ghana, c'est différent ! Le chauffeur est bien assez occupé à slalomer entre les voitures et à éviter les nids de poules qui bordent les routes ! Et c'est sûr que ça devient quand même difficile de tout gérer quand on a pour rôle de préserver la vie d'une quinzaine de personne ! Alors le chauffeur a un collègue, appelé ici « mate » (le compagnon...). Le mate a plusieurs rôle :
S'occuper du remplissage du véhicule, à son départ, et pendant son trajet si les gens descendent avant le terminus. La technique employée pour remplir cette tâche est divisible en deux partie : La gestuelle : Descendre de la voiture et la montrer du doigt. Le pointage du doigt est très important, parce que parfois, plusieurs trotros, qui partent du même endroit, vont au même endroit, alors il faut bien indiquer le bon, pour pas que les gens se trompent ! Je soupçonne aussi certains mate d'aimer tout simplement mettre des baffes! Ca arrive quand même assez régulièrement de passer à côté de l'un d'eux et... 'BIM' ! Petit claque qui mène toujours vers la même réaction « oooooh sorry!!! »
La deuxième partie pour remplir le trotro : la voix ! Bien sûr, c'est le plus efficace, car montrer le véhicule de manière muette ne servirait pas à grand chose ! Les mates ont en général une voix qui porte, je n'en ai jamais suivi un du début à la fin de la journée, mais je suis certains que leur voix est plus rauque en fin d'après-midi qu'en début de matiné, parce que, pardonnez moi l'expression : putain, qu'est ce qu'ils gueulent ! Alors, bien sûr, ils crient pas n'importe quoi, mais en général la destination finale du véhicule. Un peu comme pour nous avec les bus ou métros, on choisi une direction principale qui nous mènera à notre arrêt. Alors, concernant la destination, si vous souhaitez vous rendre au Ghana, il y a quelques petits trucs à savoir ! Sachez d'abord que la destination annoncée par le mate n'a phonétiquement rien à voir avec votre manière de prononcer le nom ! Petit exemple : Kejetia, le nom du marché central de Kumasi, se dit en language mate : « ketsia », Konongo se prononce plutôt « kwanango » quant à Ejisu, c'est plutôt « Edsou ». Cette impression d'accent à couper au couteau est encore plus flagrante car les mate, qui répètent leur destination en continue, donnent parfois l'impression d'être comme un disque, criant par exemple : « Konongo !! Konongo !! Konongo ! » mais de temps à autre, il semble que le disque se raye et ça deviendra alors : « konongo ! Kokokokokonongo, konoooooooongo ! » et ainsi de suite !
Pour les amis linguistes un peu perchés qui suivent le blog, je suis sûr qu'il est tout à fait possible de faire un thèse sur la prononciation des mates ! C'est certain !

Après un certain effort vocal et, surtout, après avoir mis quelques claques aux passants, le trotro est plein ! Enfin ! On est prêts à partir ! Le chauffeur démarre doucement et le mate, hyper agile ! Bien entendu, monte en marche dans le trotro. En général, une place lui est réservée à côté de la porte coulissante du véhicule, mais il arrive parfois que le minibus soit trop plein, c'est pour ça qu'une des qualités requises pour être un bon mate, c'est la souplesse ! Parfois, ils en ont bien besoin !
Une fois qu'on est partis, le fameux mate a pour tâche de gérer la validation des titres de transport, autrement dit, ils ont pour charge de récupérer l'argent du transport. Chaque « station » a un prix fixe, ça facilite bien les choses, il n'y a en général pas besoin de négocier le prix, comme ça peut être le cas dans le taxi. Le mate a alors pour charge de récupérer tout l'argent des passagers qui savent en général quel est le prix qu'ils doivent payer, et ils annoncent de toute manière la station à laquelle ils s'arrêtent. En général, le paiement commence par les passagers du fond, qui font passer leurs pièces aux passagers devant eux, qui donnent au mate. Dans le cas où il faudrait rendre de la monnaie, évidemment, c'est le chemin inverse qui est utilisé ! Une fois que tout l'habitacle a payé son dû, c'est au tour des passagers assis à la « place du mort » de payer. Dans ce cas, le mate crie « front ! » pour faire comprendre que leur portefeuille doit passer à la casserole ! Bien sûr, impossible de frauder dans un trotro ! Faut pas rêver !
Ah ! Ca fait un moment qu'on voyage ! Mon arrêt approche ! Mais que dois-je faire ?? Gesticuler dans tous les sens? Me mettre à pleurer ? Sauter en cours de route ? Nan !! Tout simplement crier : « Mate » ! et lui indiquer qu'on souhaite descendre ici.
Le mate et le chauffeur ne communiquent pas, du moins pas par voix. Pour indiquer qu'il faut s'arrêter, le mate (qui a en général le bras à l'extérieur du véhicule, sorti par la fenêtre), se contente de taper d'un coup sec sur le toit du trotro. C'est le signal ! Et le chauffeur s'arrête sur le bord de la route. C'est alors à notre tour de passer à l'action, de se faufiler au milieu du véhicule en faisant attention de n'éborgner personne avant d'atteindre la porte. Porte que, bien sûr, le mate nous ouvre. Il nous précède en descendant du véhicule, car en général, il bloque la sortie. Après avoir violenté un peu la porte coulissante qui est sortie de ses rails (ça arrive très régulièrement), le mate nous laisse sortir. On a payé, on est arrivés à bon port, et on peu tranquillement s'éloigner du trotro. Alors qu'on s'éloigne, une douce musique résonne dans nos oreilles : « Konongo ! Kokokokokonongo !! Konooooongo » ! Il faut bien combler les places qu'on vient de laisser vide !

Voilà, vous savez tout désormais sur comment se passe un voyage en trotro, et vous comprenez que le mate joue un rôle primordial ! A la fois mécano, banquier, portier, et hurleur professionnel (sans compter le mettage de claques...) ça fait un certain paquets de compétences ça !

De grosses bises à tout le monde ! Je profite de cet article pour souhaiter la bienvenue à la petite Jade, née le 21/08/2012.

A très bientôt

Sylv et Caro

mercredi 15 août 2012

On rentre 3 semaines et on repart....

Bonjour à tous !

J'avoue, On a traîné un petit peu avant de poster cet article. Mais on se disait qu'il vous fallait peut être un petit peu de temps pour digérer la série de longs textes pour raconter nos vacances, et puis, même si on en a toujours à dire, on n'avait rien d'urgent à partager avec vous !

La dernier article posté parlait de nos vacances, allez, changeons un petit peu de sujet, et parlons... de nos vacances ! Pas celle qu'on a passées en juillet, mais plutôt celles dont nous venons de revenir. Alors, rassurez-vous, et je me rassure par la même occasion, c'était moins intense, et ça ne fera l'objet que d'un article ! Pas de pages entières à lire, ne vous en faites pas !

Alors que pour l'excursion de juillet, on s'était concentrés sur la zone est du Ghana, et plus particulièrement la zone sud-est, cette fois, on est restés sur le sud, mais c'était l'ouest qui nous intéressait plus. On vous avait racontés nos aventures du mois de mars à Cape Coast, au fort d'Elmina, et Kakum Park, cette fois, on s'est encore un petit peu plus excentrés, direction la Côte d'Ivoire ! Sans toutefois traverser la frontière ! Malheureusement, les vacances étaient moins longues cette fois !

Comme c'est quasiment toujours le cas, les vacances ont commencé... à la station de bus STC, en direction de Takoradi, la troisième plus grande ville du pays, située à environ 1h30 de route à l'ouest de Cape Coast. Après le voyage en bus, toujours aussi long (plus de 6h quand même!), nous sommes arrivés à notre première destination, Takoradi donc, qui était plus une étape de passage qu'une réelle destination touristique. Mais il était impossible, en partant de Kumasi, de rejoindre directement notre destination finale. Enfin, si, ça l'était en fait, mais je vous expliquerai plus tard !
Nous sommes arrivés à Takoradi aux alentours de 18h, et la seule chose que nous ayons faite (à part s'étirer après le voyage éprouvant) c'est manger... On comptait faire un resto, mais ceux conseillés sur les guides étaient carrément hors de prix, on a donc mangé dans un « maquis », bien sûr, sans couteau ni fourchette, mais ça, on s'y fait !
Le lendemain matin, notre seul activité était « Monkey Hill », un colline un petit peu en périphérie de Takoradi. Comme son nom l'indique, c'est une colline protégée peuplée par un certain nombre de singes et on ne pouvait rater ça ! On a effectivement été gâtés ! A peine 100m effectués sur la route que déjà un arbre commençait à gigoter dans tous les sens ! Et avec nos yeux de lynx, qui commencent à être habitués à l'observation de faune et flore diverse au sein de la forêt tropicale, nous avons rapidement pu distinguer 1, puis 2, puis 3, en fait, plein de nos cousins ! Alors de quelle espèce s'agissait il ? Nous n'en avons absolument aucune idée ! Peut être qu'un spécialiste tombant par hasard sur ce blog aura l'amabilité de poster un commentaire pour m'indiquer le nom de ces singes. Ah bah oui, évidemment, y a des photos !





Nous n'avons malheureusement pas passé énormément de temps sur la colline aux singes, car des gens, et plus particulièrement le « garde » de la colline est venu nous demander « une aide financière », pour pouvoir visiter et prendre des photos des lieux. Evidemment, on s'était renseignés avant, et l'accès au site était ouvert à tous, à la limite, payable en sourire. Comme ce genre d'histoire arrive tout de même assez régulièrement, et que ça peut avoir tendance à nous gonfler, on a donc rebroussé chemin. De toute manière, on avait bien d'autres choses à faire. On a rempaqueté nos affaires, pour nous rendre à notre destination finale : Akwidaa Beach. Cette fois, ce n'était pas STC en charge de notre convoyage, mais plutôt STA, la Société des Trotros Abîmés. Encore une fois, le trotro était abîmé, mais en assez bon état pour nous mener à bon port. Et pourtant c'était pas de la tarte ! La route était la plus mauvaise que j'aie vu depuis que je suis au Ghana ! E en plus, il avait plu il y a peu ! Peut être même que la STA dispose de véhicule « TP » (trotros avec des Palmes). Enfin, bref, le voyage n'a tout de même pas été de tout repos ! Surtout entre Agona (notre étape sur la route) et Akwidaa.
Arrivés à destination, nous voilà parachutés sur une colline, à l'entrée d'un petit village tout à fait typiques ! Les maisons en béton se comptaient sur les doigts d'une main, et encore une fois, cette fameuse terre de couleur ocre était bel et bien présente ! C'est une fois arrivés en bas du village que nos yeux se sont écarquillés, et qu'on s'est attendus à passer quelques bonnes petites journées ! Au milieu du village, une petite rivière qui prenait sa source à quelques pas de là, dans la mer. Vers la gauche, la rivière se faisait plus importante, et s'éloignait au loin ! Bien sûr, un petit pont piéton permettait de passer d'une rive à l'autre ! A l'embouchure, du côté de la mer, et du côté de la rivière, un certain nombre d'embarcations colorées, attendaient leurs propriétaires pour partir en pêche, ou en croisière, bien que je doute qu'une croisière puisse être très reposante sur ce genre de bateau !
Bref, pour résumer, ce petit village nommé Akwidaa a tout l'air d'un petit coin de paradis ! Malheureusement, nous n'avons pas réellement osé prendre de photos, vous le savez, ça peut parfois poser des problèmes !
Après nous être un petit peu perdus entre les maisons, après nous être fait bêler dessus par les chèvres, et nous être fait passer entre les jambes par les poules, nous avons finalement trouvé le chemin qui menait à notre « hôtel ». Il fallait emprunter un petit passage sur les hauteurs, longer la mer, et redescendre pour... encore une fois pousser un « waouw ! ». Car, si le village était beau, le campement Ezile Bay ne pouvait pas le jalouser ! En bord de plage dans une petite baie d'environ 300 m de long, quelques bungalows se succédaient sur la plages, accompagnés bien entendu de tables pour manger un bout, et évidemment, de transats en bambous pour lambiner un peu. Tout ce qu'il fallait pour se reposer en fait ! Allez, stop la description, voilà des photos, car, si dans le village la retenue était de rigueur, une fois arrivés à destination, on s'en est donnés à cœur joie ! Les premières photos montrent d'ailleurs exactement le point de vue que l'on a lorsqu'on arrive. Pas mal nan ?






Et la première journée pourrait se résumer ainsi : petite bière au soleil (on ne vous cache rien ! Admettez que vous vous en doutiez!), petite baignade dans un océan qui reste quand même relativement froid, même sous les tropiques, et petites ballades dans les baies environnantes ! Car il n'y avait pas que celle là ! Après l'hôtel, encore une ! Et je suppose tout le long de la côte !
Notre seul mouvement pour cette première journée a été une petite ballade justement jusqu'à la baie suivante, on a quand même pris la peine de monter la petit colline pour prendre des photos... jugez en par vous même !






La deuxième journée sur place a été quelque peu plus active, rassurez-vous ! Les directeurs de l'hôtel (français! = bon repas avec du vin et quelques langoustines) nous ont indiqué un bar auquel il fallait se renseigner pour des balades en pirogue sur la rivière, et découvrir la mangrove ! C'était bien vu ! Et nous nous sommes rapidement trouvés sur une petite embarcation (pas une pirogue, malheureusement) pour faire une balade ! Nous n'avions pas pris l'appareil photo, il paraît que eau + haute technologie ça ne fait pas très bon ménage, et on ne sait jamais vraiment si on finira secs ou mouillés !
En tout cas, la ballade était très agréable, et on en a appris un tout petit plus sur la mangrove. Et puis, je me suis retrouvé avec une pagaye entre les mains et mes bras ont été mis à contribution ! Heureusement, j'avais fait mes armes à Bangui, et je n'ai pas été trop déboussolé !
En tout cas, une petite ballade d'une heure, au milieu d'une rivière, au calme, ça fait toujours du bien !
Une fois de retour à l'hôtel, nous n'avons pas traîné et nous avons cette fois chaussé les baskets (non, c'est faux, tous en claquette!) pour nous aventurer encore un petit peu plus à l'ouest du Ghana, en direction d'un coin bien connu ici : Cape Three Points. Certains connaissent car c'est une super coin pour surfer, d'autres parce que c'est un nom rigolo, nous, nous connaissions parce qu'il s'agit en fait du point le plus au sud du Ghana ! Rien de bien spécial là dedans, mais on en avait entendu parler, et il paraît que c'est joli ! En tout cas, avant d'y arriver, il fallait prendre notre courage à deux mains, car on avait quand même 6 bornes à parcourir pour s'y rendre ! Et comme nous sommes intelligents et très soucieux de notre santé, nous avons quitté l'hôtel à... 11h30 ! On voulait vraiment éviter le moment où le soleil tape !
La marche est passées plutôt rapidement, mais on a été ralentis en court de chemin ! Un groupe de 3 jeunes filles nous ont arrêtés pour qu'on les aide à charger leurs fagots de bois sur leur tête. Je doute qu'elle fasse ça depuis très longtemps d'ailleurs, car, mis à part l'ainée qui a su se stabiliser sans problème, les deux autres ados ne semblaient pas vraiment expérimentées ! Et il y avait toujours un problème ! Soit le foulard qu'elles se mettent sur la tête pour se protéger le crâne et stabiliser la charge ne tenait pas, soit les fagots n'étaient pas bien placés, soit, encore, c'était trop lourd ! Heureusement, un jeune homme du village est passé par là, et a accepté d'échanger avec la plus jeune son sac de maïs avec justement un des fagots, trop lourd à porter ! Et nous, ben on faisait notre entrainement de « épaulé jeté » de fagots de bois ! Et vous pouvez me faire confiance, ça pèse !! Lourd ! Et je pense qu'aucun de Caro ou moi n'aurait le cou et les jambes assez musclés pour porter ces charges!
Bref, après ce petit intermède « transpiration / mal aux bras » nous avons repris notre route pour finalement arriver 1h15 plus tard à Cape Three Points. Après le déjeuner dans l'auberge appelée Escape Three Points, et une petite conversation avec des touristes allemands, on a fait une promenade sur la plage et on a admiré le paysage. Cape Three Points est en fait la petite bande de terre qui s'avance dans la mer (oups, j'ai oublié mes cours de géo, comment ça s'appelle déjà ? Un cap ? Que dis-je, une péninsule? ahahah), au bout de celle ci, un phare. On venait de manger, et on avait laissé l'appétit de barracuda à Escape. En tout cas, le coin est très sympa, tout aussi calme qu'à Akwidaa, et on s'est permis de faire quelques roulés boulés dans le sable ! Caro s'est même permis un trempage de genoux inopiné dû à une vague un peu plus importante que les autres.




Bref, on s'est bien marrés, avant de rebrousser chemin, et de repartir d'où on venait. Cette fois, il était environ 15h, et... il faisait encore plus chaud qu'à l'aller ! Ca méritait bien une petite baignade à l'arrivée !

Et voilà, nos vacances était déjà terminées ! Et le lendemain, nous sommes repartis, avec comme idée de rallier directement Kumasi, d'abord avec la compagnie STA, puis STC pour Faire Takoradi- Kumasi. Le voyage commençait très mal car nous avons attendu notre premier trotro pendant une bonne heure, mais ensuite, les choses se sont goupillées au top !
Comme d'habitude, on est rentrés fatigués, faut dire qu'on avait quitté l'hôtel le matin à 8h30 et qu'on a posé nos valises à la maison le soir vers 19h30. L'équivalent en gros d'un « Accra - Paris », mais pour couvrir une distance de 400km. L'Afrique, c'est vraiment un autre monde !

On vous embrasse, en espérant que tout va bien pour vous !

Sylv et Caro

Ps: petit point statistique Ghana mbi a fêté il y a peu sa 2000 ème visite réparti sur 770 visiteurs différents environ.

mercredi 1 août 2012

Fin du voyage: tout s'était bien passé...

Salut tout le monde !
Nous revoilà pour l’ultime article de nos aventures est-ghanéennes. Bien sûr, il nous reste encore le sud ouest et le nord à vous présenter lorsque nous irons, autant vous dire que Ghana-mbi est bien loin de s’arrêter.

Jusqu’à présent, notre voyage s’était passé comme sur des roulettes, et le programme que nous avions fait avant de partir était respecté quasiment à la minute près. Evidemment, vous vous doutez que si je commence à raconter comme cela, c’est que les choses se sont gâtées par la suite, mais c’était après tout les conséquences de notre choix de voyager « à la locale », en considérant les mésaventures comme finalement des aventures culturelles, disons le ainsi. Mais trêve de blabla, voilà l’histoire.

Pour notre dernière étape de ce voyage, nous avions décidé de nous rendre dans un des lieux les plus côtés du Ghana, une des attractions touristiques les plus connues du pays : les chutes de Wli.
Comme leur nom l’indique, il s’agit de chutes d’eau situées quasiment à la frontière avec le Togo, à environ 30 minutes de voiture au nord de Hohoe (vous trouverez sur une carte du Ghana si vous cherchez). On nous avait conseillé cet endroit depuis un moment, et puisque de toute manière nous étions dans le coin, on ne pouvait passer à côté.
Les chutes (il y en a 2) ont la particularité d’être plutôt éloignées de la « civilisation » et donc des hôtels. Pour atteindre la première plus bas sur la montagne, il faut se balader pendant environ 45 minutes, la deuxième, quant à elle, s’atteint en environ 2 heures de marche.
Afin, encore une fois, de respecter notre timing, nous avions choisi de quitter Kpalimé assez tôt, aux environs de 8h, pour prendre un trotro en direction de Hohoe, puis de prendre un taxi collectif une fois à hohoe pour nous rendre à Wli. Nous avions prévu que ce trajet durerait environ 4 ou 5 heures (porte à porte), en comptant qu’il n’y avait que 3h de routes, c’était largement faisable. Cela nous faisait arriver vers midi ou une heure à l’hôtel, et nous laissait tout le loisir de nous promener jusqu’à la chute la plus lointaine, et de profiter d’un peu de temps là bas.
Nous avons quitté l’hôtel à l’heure prévue, en direction de la station de trotro de Kpalimé, pleins de bonne volonté, et même plutôt de bonne humeur. Nous sommes arrivés assez rapidement à la station, et comme d’habitude, une gentille personne nous a vite indiqué le trotro en route pour Hohoe. Une fois que nous avions acheté les tickets nous étions à fond, près à affronter les heures de route qui se profilaient à l’horizon.
Malheureusement, et voilà le petit grain de sable qui a enrayé notre machine pourtant bien huilée, comme vous le savez (au moins ceux d’entre vous qui suivent le blog depuis le début), le trotro, moyen de transport très pratique, ne quitte la station que quand il est plein… Et quand, pour un véhicule de 12 places (dans lequel on fait rentrer 16 personnes soit dit en passant), il est écrit sur le ticket « 2 et 3 », on se doute qu’on peut rester bloqués un moment… En tout cas assez longtemps pour s’engueuler avec le responsable des bagages de la station qui me demandait 1000F CFA pour que j’installe mon sac dans le coffre du véhicule. Force est de constater que mes précédentes expériences africaines servent puisque le prix a baissé jusqu’à atteindre les 500 francs… On a même attendu assez longtemps pour prendre la liberté de regarder un épisode de série, puis un autre, puis encore un autre, on a même attendu assez longtemps pour pouvoir goûter à environ toutes les cochonneries que vendaient les mamans dans la station. Les beignets tout huileux, le pain, les biscuits un peu bizarres… Et autour de nous, rien ne se passait. Certaines personnes attendaient que le temps passe assises sur un banc à côté du trotro, de temps à autres, le chauffeur grimpait sur le toit du véhicule pour y poser un sac de riz, ou encore un carton.
Et le temps à passé, encore, et encore, jusqu’à ce que finalement, la voiture soit pleine et que le moteur se mette à ronfler. Enfin !! Nous avons pris nos tickets à 8h30 ce matin, nous comptions arriver à l’hôtel vers 12h30, il est justement 12h30… et nous quittons tout juste Kpalimé. Méchant trotro ! méchant ! Le plus choquant dans tout ça (mais heureusement que c’est comme ça) alors qu’en Europe, dans une telle situation, la gare routière aurait été renversée par une révolution digne des plus grandes, à Kpalimé, et partout ailleurs en Afrique, les gens ne bronchent pas. C’est tout juste s’ils soupirent un coup de temps en temps.

Et nous voilà partis, pour 2h de route, pour repasser la frontière, et pour finir notre premier périple à Hohoe. C’était à ce moment là une maigre consolation, mais la route était plutôt agréable, puisqu’on montait une montagne, pour la descendre ensuite, pour en escalader une suivante. On allait d’ailleurs bizarrement beaucoup plus vite lorsqu’on descendait ! Il y avait certaines côtes qu’on grimpait quand même en première…



Au bout d’environ 45 minutes de voyage, les passagers ont commencé à s’agiter dans le trotro. Tout le monde parlait en Ewe et finalement, au bout d’un moment, nous avons compris : Il faut que chaque personne donne 100 francs au barrage pour qu’on puisse passer. Ah bon… Fort heureusement, le petit bakchiche a marché et nous avons continué notre route, ou plutôt notre chemin car plus on s’éloignait de Kpalimé, plus la route devenait piste, et plus le goudron se raréfiait. Tellement qu’à la fin, le chauffeur évitait les plaques d’asphalte car ça l’obligeait à ralentir
Au bout d’environ 1h30 de route, nous nous arrêtons ! Voilà la frontière ! Ayant tous deux déjà un visa, nous sommes évidemment rentrés au pays sans embrouille. J’ai tout de même eu le temps en prendre notre super véhicule en photo au poste frontière. Il a la classe notre trotro pas vrai ?





Après les 10 petites minutes administratives, nous sommes repartis, et comme la première fois, la différence Togo / Ghana nous a sauté aux yeux. Dans certains endroits de cette planète, il suffit finalement de traverser une barrière pour passer du chemin à la route, et l’autre partie du voyage s’est déroulée bien plus rapidement !
Nous sommes arrivés à Hohoe à 15h30, assez fatigués de rien faire, avouons le, et surtout avec l’envie d’enfin arriver ! Mais d’abord, il fallait trouver un taxi pour aller à Hohoe ! Au Ghana, trouver un taxi est loin d’être difficile ! Trouver un taxi qui respecte le prix normal, ça c’est parfois moins simple, le premier chauffeur qui nous a proposé de nous emmener à Wli nous demandait 30 cédis (environ 12 euros), celui qui nous a finalement emmené nous a pris 2 cédis (même pas 1 euro). La seule différence dans ce prix ? Nous étions avec 2 autres personnes dans la voiture. Hahaha !

Nous voilà enfin arrivés à Wli, qui est un village absolument charmant ! Tout petit, il est entouré de montagnes, mais pas le genre montagne rocheuses, plutôt celles qui sont recouvertes de végétation d’une couleur vert fluo et qui donnent tout de suite envie de poser ses affaires et de passer la journée à regarder. Allez, voilà des photos !








Nous sommes enfin arrivés à l’hôtel vers 16h30, fatigués pour ne pas dire complètement éclatés, et plutôt déçus tout de même : On a perdu une après-midi… Nous avons bien réfléchi et avons finalement pris une décision : la chute la plus éloignée de l’hôtel, ça sera pour un prochain voyage. Il faut avouer qu’après 1 semaine sans s’arrêter, on commençait à avoir envie de rentrer, sans faire d’autre étape.
Heureusement, l’hôtel était plutôt très agréable, et que ça soit le repas ou la nuit, tout s’est bien passé. Voilà d’ailleurs une photo de la paillote de l’hôtel.




Lendemain, driiiiing driiiiiing driiiiing !! Il faut rattraper le temps perdu, voir au moins la première chutes de Wli et rentrer à Kumasi dans la journée ! Autant dire, journée très chargée ! La patronne de l’hôtel, qui connaît bien le pays, nous a prévenu que le trajet Hohoe – Kumasi prendrait trèèèès longtemps, et que nous devions partir tôt. A 8h, nous étions donc à l’ouverture de l’office touristique en charge des chutes, et avons entamé la petite marche très agréable dans la forêt. Wli est très verte, et la balade pour se rendre aux chutes est très agréable. On traverse un certain nombre de fois de petits ruisseaux, toujours sur des ponts assez précaires, mais sans jamais se mouiller ! Voilà des photos.








Au bout de 45 petites minutes de marches, la voilà ! Elle se tient devant nous ! La première chute ! Elle mesure peut être 25 mètres de haut et fait un sacré boucan ! On ne s’en est d’ailleurs pas trop approchés car plus on s’en tient près, plus le vent souffle, et plus elle fait office de brumisateur géant ! Voire même de douche si vous vous approchez un peu trop. Mais je parle pour rien, on a pris des photos !





Après un petit moment passé au pied des chutes, il était l’heure de partir. Le check out de l’hôtel se faisait à 11h, et puis… il nous fallait encore traverser le Ghana d’est en ouest… en contournant le lac Volta par le sud. C’est surtout ça qui rallonge !

Nous avons donc repris tout notre bazar, sans oublier bien entendu la plante offerte l’avant veille par le monsieur dans le village du sommet, et nous avons quitté Wli, un petit peu déçus il faut bien l’avouer, mais il paraît qu’on ne peut pas toujours être contents…
Il était environ 11h, et, selon nos calculs, et en ajoutant une bonne marge, nous en avions pour 7h de route. Avec un peu de chance, on pouvait même arriver à la maison avant la nuit ! Mais de chance nous manquions depuis la veille car en arrivant au trotro en direction de Koforidua (notre étape pour changer de véhicule pour nous rendre à Kumasi), le chauffeur nous a indiqué qu’il restait seulement… 1 place disponible. Grrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!! Alors, comme 24h plus tôt, nous avons patienté, nous avons continué de manger toutes les cochonneries qui nous passaient dans les mains (œufs durs super pimentés, espèces de glaces à la vanille), et nous avons finalement quitté Hohoe 2h plus tard, pas malheureux d’enfin partir.
La route a été longue, trèèèèès longue, puisqu’il y a quasiment 4h de trajets entre Hohoe et Koforidua (dont 1h30 pour les 30 derniers kilomètres) et un petit peu plus de 3h entre Koforidua et Kumasi. La chance est revenue à Koforidua car nous avons trouvé tout de suite un genre de minibus qui s’est rempli très rapidement. Comme prévu nous avons mis 3h à rallier Kumasi, mais, comme lors de notre trajet en trotro entre Cape Coast et Kumasi (article datant de mars) on a bien cru qu’on arriverait à la maison enfermés dans des boites. Promis, les voyages de nuit en transport en commun, c’est terminé pour nous.
21h30, nous voilà enfin à la maison, et, vous l’imaginez, après une telle semaine, on n’a pas veillé toute la nuit !


Voilà, comme j’ai l’habitude de la dire de temps en temps, vous savez désormais tout sur tout, et nous sommes, en tant qu’administrateurs du blog, très fiers de vous avoir tout raconté dans un délai plutôt court. On espère en tout cas que ça vous à plu et on vous embrasse.

Sylv et Caro.