dimanche 24 juin 2012

Maison française, et petites nouvelles

Bonjour à tous !

On reprend les bonnes habitudes avec le petit article hebdomadaire. Celui qui vous permet de vous occuper un petit peu pendant les longs dimanches pluvieux de juin (niark niark niark)

Il fallait bien que ça arrive !! 3 semaines de vacances, c'est bien beau, mais à un moment ou à un autre, l'instant tant redouté réapparaît ! Le réveil sonne le lundi matin, on se réveille dans le pâté, on pousse un soupir de désespoir, on reprend ses habitudes matinales, et on retourne au boulot...
Mais pour moi, je dois avouer que le soupir a été plutôt court, car en même temps que la reprise, je change quasiment de boulot ! Et il faut bien avouer que c'est quand même sacrément motivant !

J'étais depuis mon arrivée en novembre, responsable d'une petite structure appelée « French Ressource Center ». Petite bibliothèque de français dont j'assurai la coordination, et les événements qui s'y rattachaient (en collaboration avec l'association des étudiants de français). Le French Ressource Centre est maintenant dépassé, que dis-je ! Il est même démodé ! Depuis mon arrivée, des bruits couraient qu'il le serait un jour, car un nouveau bâtiment en construction au sein de l'université accueillerait une nouvelle structure réservée au département de français et qui aurait pour nom « Maison Française ». Cette structure devait être organisée ainsi :
le bureau du coordinateur (moi), d'ailleurs, à partir de maintenant, je vous demanderai de bien vouloir m'appeler « monsieur Sylvain », et plus seulement « Sylvain ».
Un centre de ressource, sorte de délocalisation du French Ressource Centre, mais avec tout de même quelques ouvrages supplémentaires
Une grande nouveauté dans l'université : Un laboratoire de langue ! Tout neuf, tout beau, tour propre !
Bien évidemment, entre novembre et mai, de l'eau à coulé sous les ponts, et nous sommes passés d'un espace en travaux, à un espace désormais utilisable ! J'avoue qu'on a eu quelques difficultés, car les retards habituels des travaux additionnés à l'organisation légendaire du Ghana (et la ponctualité, mais nous en reparlerons) n'ont pas facilité les choses. D'autant que lorsque la date de l'inauguration a été fixée, rien n'était encore terminé... Loin de là, les murs n'étaient pas peints et les sols à moitié fait. C'est vrai qu'ici, il y a parfois une organisation un petit peu spéciale ! On passe la deuxième couche de peinture après l'installation des livres, on finit le sol quand les meubles sont installés... Mais en tout cas, ça semble marcher... vous vous doutez en tout cas que je n'ai pas passé des semaines de tout repos ! Déménager une bibliothèque, c'est pas une mince affaire, surtout quand on est limités en nombre de cartons ! Heureusement que Marie et moi-même sommes équipés en malles, ça a un petit peu simplifié les choses !
Déménager un bureau qui n'a pas été réellement bien entretenu pendant de nombreuses années, c'est pas non plus ce qu'il y a de plus facile, et j'ai eu la joie de découvrir un certain nombre de surprises (des boites de stylos qui ont environ 5 ans, des archives non archivées...) J'ai d'ailleurs jeté un certain nombre de kilos de documents totalement inutiles.
Voilà les photos des déménagements




Le déménagement du bureau au French ressource Centre







L'emmenagement de la bibliothèque de la Maison française. du boulot.


Et les livres c'est lourd!

C'est le 17 mai que les choses ont enfin réellement pris forme, puisque c'était la date à laquelle était fixée l'inauguration de la fameuse Maison Française ! Et vu à quel point les Ghanéen (et toute l'Afrique, ou du moins, celle que je connais) sont protocolaires, là aussi on a pas chômé ! Décoration, petits fours, boissons, discours des différentes personnes influentes dans l'université et ailleurs (président de la fac, chef de la coopération culturelle de l'ambassade, directeurs d'Alliance Françaises) étaient présents pour un petit discours. On avait même fait appel à la fanfare de l'école primaire qui nous a joué les deux hymnes nationaux. La grande classe ! Jugez pas vous même !



La table des rois de l'inauguration


La bannière, faites par mes propres soins!


La salle d'inauguration


Mr Ellis, président de l'université, à sa gauche, Mr Dornon, mon patron à l'ambassade



Mr Ellis qui fait son discours


La table des pontes!

Après la cérémonie, bien sûr, Mr le président de la fac et Mr Dornon (de l'ambassade) ont eu le grand honneur de couper le ruban qui laissait l'entrée libre au nouveau petit bijou du département de français, la maison française !! Moi, de mon côté, je n'avais pas de discours à faire, mais j'avais tout de même la lourde tâche de faire visiter les lieux, et de montrer un petit peu comment fonctionne le labo. Dur ! Mais jugez en par vous même ! Et je sens que la cravate va faire jaser les potes...


Visite du centre de ressource.


L'entrée de la maison française (j'ai pas choisi le panneau! Epargnez moi!)


Voilà, en tout cas, je suis en possession désormais d'une structure toute neuve toute propre, d'un bureau qui a la classe et d'un laboratoire qui n'a rien à envier à la France (peut être la vitesse de la connexion à internet). Le centre de ressource est tout nouveau, et nous sommes d'ailleurs en train de côter tous les bouquins pour que tout soit rangé convenablement pour la rentrée scolaire. Voilà quelques photos.

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le coin lecture


le centre de ressource vu de l'entrée


vu du coin lecture


oh qu'il est beau, qu'il est beau le labo!


Oh qu'il est laid, qu'il est laid le bidet!


Il est désormais de mon devoir de dégotter de quoi organiser quelques trucs sympathiques
C'est tout pour aujourd'hui. Pour les proches de Caro qui veulent des nouvelles, ça va très bien puisqu'elle n'est pas encore malade (rassurant n'est-ce pas?) ! Elle revêt chaque jour son costume de Sherlock Holmes pour résoudre une énigme bien passionnante : « Comment faire pour être infirmière française au Ghana ? » Et quand elle n'est pas en mission enquête, nous sommes souvent en train de taper la balle sur les courts du campus, ou dans la cuisine au fourneau !

Sur ce nous vous faisons une grosse bise !

A bientôt





lundi 18 juin 2012

Deboires et aventures!

Salut tout le monde !

Ghana-mbi reprend ses droits après mes quelques vacances en France. 3 semaines, c'est quand même pas mal ! Ca m'a en tout cas laissé le temps de voir du pays, de retrouver un paquet de monde, et de faire un peu de train ! Et je retourne à la maison frais comme un gardon (n'y voyez aucun clin d'oeil à la météo que nous avons eue en France...).
Finalement c'est assez particulier, je retrouve mon quotidien, mais un certain nombre de choses vont quand même changer ! Car pour ceux qui ne sont pas encore au courant, je ne suis plus seul !!! Caro se joint à moi pour de petites aventures africaines, jusqu'à nouvel ordre !! Aucune date de retour n'est prévue pour l'instant !
En tout cas, être deux change vachement les choses ! Et je m'en suis rendu compte alors que nous étions encore en France ! D'abord parce que j'avais quitté Kumasi avec 18 kilos de valises, et que nous sommes rentrés avec une bonne 60aine de kilos ! Et malheureusement, assez peu de fromage... (bon, un brie d'un kilo quand même...!)
La deuxième chose qui a changé, c'est que Caro a, disons le ainsi, le chic pour rendre les voyages en avion compliqués. C'est le moins que l'on puisse dire, et évidemment, le Paris-Kumasi n'a pas été de tout repos ! Explication :

Nous devions à l'origine prendre un avion mercredi (13 juin) à 12h20 à Roissy. .L'itinéraire prévu pour aller à Accra était : Paris – Londres – Accra.
Après les 2h de transports pour nous rendre à l'aéroport (banlieue parisienne oblige) L'enregistrement s'est passé magnifiquement bien, mis à part le fait que nous ne pouvions être placés à côté l'un de l'autre pendant le trajet Londres-Accra. Bon, ça restait négociable... et en tout cas, ça ne nous empêchait pas de partir !
Suite à l'enregistrement, nous avons passé les différents barrages pour arriver enfin en zone d'embarquement. L'avion était à l'heure ! Asseyons nous et faisons passer le temps ! C'est à 11h30, heure annoncée de l'embarquement, que notre journée a pris un tour inattendu ! L'avion, sensé décoller à 12h20, était annoncé à... 14h05 ! Pas trop grave me direz vous, juste quelques heures supplémentaires à poireauter... Oui, enfin, le problème était que notre correspondance Londres – Accra décollait à 14h40... difficile dans ce cas de joindre les deux bouts ! D'autant que vous imaginez bien qu'il n'y a qu'un avion par jour pour se rendre à Accra... Hard !
Après discussion avec le personnel de l'aéroport, nous avons réussi à sortir de la zone d'embarquement ! Non pour embarquer, mais pour retourner au point de départ : les bureaux d'enregistrement ! On nous alors proposé deux alternatives :
partir avec le vol prévu (donc 2h de retard) pour prendre une correspondance à Londres en direction de Legos. Puis à partir de Legos, prendre un nouvel avion pour Accra, arrivée prévue à 5h du mat le lendemain.
Le deuxième solution : partir le lendemain et faire le même itinéraire... en espérant que cette fois, ça fonctionne !
Je ne sais pas ce que vous auriez fait, nous en tous cas, on n'a pas hésité ! Je préferais passer une journée de vacances en plus en France. Trop la classe ! Et nous voilà donc dans l'aéroport, avec des billets pour le lendemain, et même pas la possibilité de voyager en classe business, pour dédommagement ! Nous avons donc récupéré nos 60 kilos, pour faire le trajet du matin dans le sens inverse ! Traverser l'aéroport, prendre un RER, et super maman Caro qui vient nous chercher pour terminer le voyage !

Lendemain... rebelotte ! 60 kilos de valises, le métro (super maman Caro au boulot...), puis le RER, puis retraverser l'aéroport, et enregistrons nous, avec le sourire en prime ! On est vraiment trop mignons quand on voyage !
Arrivée à l'enregistrement, voilà ce qu'on nous dit : « Vous êtes effectivement bookés sur les deux vols (paris – Londres, Londres – Accra), mais je sais pas pourquoi, impossible d'imprimer vos cartes d'embarquement pour votre correspondance ! C'est très bizarre ! »
Aïe ! C'est reparti pour un tour ?!! après discussion avec l'hôtesse, celle-ci a pris la peine d'aller se renseigner au bureau de vente des billets (où nous étions la veille pour le changement de date). A son retour, voilà ce qu'elle nous dit :
« En fait, je vous trouvais pas, car il y a un de vous deux qui a été surclassé ».
Je suppose que le passeport de service a fait son effet, et j'avais effectivement la possibilité de voyager en business ! Sans Caro... J'ai donc, vous me connaissez, ravalé ma fierté et ai refusé la peut-être unique chance de ma vie de voyager en classe business. Adieu champagne, petits fours et sièges confortables, bonjour Caro... et la classe éco.
L'histoire a finalement rapidement été réglée, et nous avons pu voyager sans encombres jusqu'au Ghana. Notre arrivée dans la maison de l'ambassade a été mouvementée, puisque l'électricité était coupée, et qu'il nous a fallu un certain temps pour la réenclencher.

Après la nuit à Accra, nous avons réussi à trouver un avion qui voulait bien de nous pour nous rendre à Kumasi. Et l'hôtesse de la compagnie City Link a eu la gentillesse de ne pas nous faire payer les 19 kilos d'excédents de bagages ! Comme quoi, un sourire et les yeux bleus, ça peut faire vachement économiser !!

toujours est-il que nous sommes bien arrivés à Kumasi, prêts à entamer une nouvelle vie loin des frontières française, et loin de la météo pourrie du mois de juin ! C'est déjà une bonne chose !

C'est tout pour cette petite aventure, les voyages forment la jeunesse parait-il, en tout cas, si vous comptez venir nous visiter, prévoyez un voyage de 2 jours... on ne sait jamais !

Des gros bisous à tout le monde, et en tant que rédacteur en chef de Ghana-mbi-a kumasi, je me permets de souhaiter le bienvenue aux membres de la famille de Caro, qui, restons dans les métaphores aéronautique, prend l'avion en plein vol, mais l'important, c'est finalement de suivre nos aventures !

Des grosses bises !

Sylv... et Caro.

samedi 5 mai 2012

saison sèche et pluie!

Salut à tous !

Une petite pensée en cette douce journée de mai, je vais vous parler justement du climat !
J'avais consacré il y a de cela quelques mois, un article entier à un sacré phénomène climatique d'Afrique de l'Ouest (le Ghana est d'ailleurs plutôt épargné) : l'Harmattan. Et pour les plus fidèles lecteurs, vous vous souvenez sûrement des photos du gros brouillard épais qui s'abattait sur mon quartier.
Ce temps est désormais révolu ! Finies les lèvres gercées, les maisons dégueulasses et les rhumes ! Bonjour saison sèche !! Car ici, et c'était la même chose à Bangui, il y a seulement 2 saisons : la saison sèche, je viens d'en parler, et la saison des pluies. L'Harmattan n'est qu'une « période » au début de la saison sèche. Cette fameuse saison, dans laquelle nous sommes actuellement, dure en fait de fin novembre à fin mai (environ...), la saison des pluies, vous connaissez les mois de l'année, s'étend donc à peu près entre juin et novembre... Sachez que ces informations sont très larges, mais je ne veux pas rentrer dans les détails, vous trouverez mieux sur d'autres sites!
Alors, je ne me permettrai pas dans ce mail de vous parler de la saison des pluies, car, malgré le fait que j'ai déjà passé 15 mois en Afrique (je fête d'ailleurs mon 6ème mois à Kumasi aujourd'hui), je n'ai jamais connu cette saison ! « Chanceux! » diront certains ! Vous aurez une idée plus précise à la fin de cet article.
En tout cas, fort de mes 15 mois d'expériences en saison sèche, je me sens capable d'en parler un petit peu !
Lors de ma première expérience, à Bangui, j'avais découvert que la saison sèche ne portait ce nom que parce qu'il ne pleuvait pas (ou peu) pendant cette période. Mais en vérité, moins sec que ça, et tu nages ! C'était bien entendu chaud (33 degrés en moyenne, ça calme !), et trèèèèès humide ! Pour résumer, on suait, on suait, on suait, et quand on dormait, ben on suait quand même ! Et j'ai même souvenir de m'être parfois dit : « nan mais c'est pas possible cette chaleur ! On va crever ici! ».
Au Ghana, je m'attendais à trouver à peu près la même chose (certains sont en train de me traiter de maso, j'en suis sûr), et finalement, laissez moi vous dire que je suis plutôt surpris ! Et je suis finalement très content d'avoir connu la Centrafrique avant le Ghana, ça me permet de relativiser parfois !
Ici, même s'il fait tout de même chaud (une petite 30aine de degrés de moyenne), l'air est réellement plus respirable qu'il ne l'était à Bangui, et l'humidité beaucoup moins présente ! Il est en tout cas possible de marcher quelques temps sans avoir le T-shirt complètement imbibé. Mais malgré tout, il y a des moments où on a chaud. Et c'est assez frustrant car en général, lorsqu'on fait quelque chose qui demande de l'énergie, on ne transpire pas tout de suite, la poussée de chaleur arrive lorsqu'on s'asseoit. C'est assez étrange et pas très agréable !

Alors, la raison pour laquelle nous avons moins chaud ici concerne en premier lieu le fait que le Ghana est un pays littoral, et que, même si Kumasi en est un peu loin, ça doit quand même jouer un rôle sur le ressenti de la chaleur.
La deuxième raison concerne la position de Kumasi qui se trouve en fait en altitude. Et, comme dans les Alpes, ça joue un rôle important, d'autant plus que ça bloque une partie des nuages qui se chargent et finalement se déverse sur la région au bout d'un moment. Car c'est bien ça qui est tellement agréable ici : Il pleut ! Et depuis le mois de février, nous avons des orages assez régulier (une fois par semaine environ).
Car, pour ce que je la connais, la pluie est ici très différente de la France car elle n'apparait quasiment que pendant des orages, et tombe extrêmement violemment, accompagné bien entendu de grosses bourasques de vents (j'ai déjà plusieurs bananiers qui sont tombés dans mon jardin). Ici, quand il pleut, il pleut pour de bon ! Et malheur à celui qui se trouvera dessous. J'en ai fait l'expérience une fois depuis mon arrivée, j'ai passé 1h30 à grelotter sous un petit toit en tôle (espèce d'abris-bus) avec quelques personnes qui étaient dans la même situation que moi.
C'est aussi ça qui est bien avec la pluie ici, elle ne dure pas. J'attends maintenant la saison des pluies pour voir si je dis vraiment vrai.
En tout cas, et j'en reviens à l'histoire de « la saison sèche est-elle mieux? », ce qui est vraiment très agréable ici avec la pluie, c'est qu'elle rafraichit !! Et ça, je peux vous dire que ça reste un gros avantage !

Alors voilà, pour résumer, cette saison sèche a été bien plus simple à vivre que celle de Bangui, nous sommes désormais munis de nos bottes et imperméables en nous attendant à des orages qui durent 3 jours... On ne sait pas sur quoi on tombera ! En tout cas, vous pouvez être sûr que vous aurez un article en novembre pour vous expliquer exactement à quoi ça ressemble.


Sur ces mots j'vous embrasse et surtout, n'oubliez pas, demain, que ça soit en faisant un petit tour, en allant boire un coup au bar, ou tout simplement parce que vous devez le faire, faites un crochet par vos bureaux de vote, ça vous coûtera pas bien cher... Par contre, pour ceux qui comptent aller au bar, votez avant... on sait jamais!

Bises à tous !

Sylv

dimanche 29 avril 2012

Se déplacer à Kumasi!

Salut tout le monde !
Je reprends mes bonnes habitudes en passant une petite partie de mon dimanche sur Ghana-mbi, pour grand plaisir bien entendu !

En vous racontant mes différentes aventures, je n'ai pas manqué d'aborder plusieurs fois le thème des transports en commun ghanéens. Le terme trotro vous est maintenant familier, par contre vous ne connaissez peut-être pas le taxi, laissez moi vous expliquer comment ça fonctionne.

Les taxis sont des voitures conduites par des « taxi drivers » et qui ont pour rôle d'embarquer des gens pour les déposer à leur destination. Tout cela contre rétribution financière, c'est bien entendu. En France, soyons clairs, le taxis c'est un truc de bourge ! Ou un truc d'alcoolique, aussi, c'est bien pratique pour rentrer chez soi après le dernier métro...
En tout cas, j'en avais un petit peu parlé sur Bangui-de-grand-chemin, en Afrique, le taxi, c'est bien pratique ! C'est évidemment un peu moins cher, et puis, on a beau dire ce qu'on veut du système africain, il y a certains trucs qui sont quand même mieux qu'en France, et le taxi en fait partie !

Ici, quand on grimpe dans un tacos, on a le choix entre 2 coures. Le « dropping », plus cher, qui t'emmène exactement là où tu veux aller. Et le « shared-taxi ». Le shared taxi, comme son nom l'indique est un taxi commun, avec une destination finale (un petit panneau posé sur la voiture indique le direction). La voiture fait le plein de passagers, et hop ! En route ! Pour les shared taxi, les prix sont en général assez fixes, et on a assez peu de chance de se faire arnaquer... Par contre pour les dropping, le prix d'une course dépend surtout de la tête du client, de sa faculté à négocier, et aussi un peu de sa couleur de peau, il faut bien l'avouer. Les différences ont tendance à baisser au fur et à mesure que je connais de mieux en mieux la ville, Mais en tout cas, avoir un prix correct prend vachement plus de temps que pour un ghanéen, ça c'est clair ! Quand je suis avec des amis ghanéens, ce n'est d'ailleurs jamais moi qui négocie (bien que j'adore ça, mais j'y consacrerai un article) !
Outre le prix, il y a un autre aspect à prendre en compte avant de monter dans un taxi ici, et bien sûr c'est : dans quel état est-il ?? Car non seulement ils conduisent comme des idiots (je vous en parlerai également), mais en plus, si votre voiture ne tient pas le choc, ça devient une grosse galère ! Il faut donc y faire un petit peu attention si vous voulez éviter les frayeurs, ou au moins les limiter... J'en ai fait une fois l'expérience il y a quelques mois, essayez de rouler de nuit sous un orage de fou sans phare ! Heureusement, on avait les essuie-glace, enfin... on les a eu au début du trajet... Cette dizaine de kilomètre qui me séparait de ma destination a sûrement été la plus longue de ma vie, mais j'ai une petit hésitation entre ces quelques kilomètres ou le trajet Cape-Coast/ Kumasi. Mais pour celui-ci, nous étions en trotro !

Le trotro d'ailleurs ! Parlons en un peu ! En fait, au Ghana aussi le taxi c'est un truc de bourgeois ! Car il y a mieux !! Beaucoup mieux ! Tels des jaguars en pleine chasse ils fendent les pistes kumasiennes a des vitesses folles ! Tels des serpents ils se faufilent entre les voitures ! Comme le plus élégant des oiseaux, il donne de la voix en emettant des « Tuuuuut Tuuuuuuut » pour se pavaner au milieu du trafic, bref, le trotro, c'est quand même vraiment vraiment l'top !
Allez, pour ceux qui rejoignent tout juste le blog, une petit explication !
Il s'agit simplement de minibus (en général une grosse douzaine de places), il s'agit du transport en commun le plus développé ici, et il y en a absolument de partout ! Ils partent en général d'une gare routière. Ce qui est assez drôle (et parfois super chiant), c'est qu'un trotro, comme un taxi collectif, ne part pas tant qu'il n'est pas plein ! Alors y a des moments où ça l'fait, ça se remplit super vite, mais à d'autres moments, c'est quand même un peu galère ! Et il peut arriver qu'on attende pendant une bonne demi-heure avant que le véhicule ne s'apprête à partir.
Alors qu'en France, nous avons notre chauffeur de bus, sensé tout faire (surveiller les compostages, conduire, régler les soucis dans le bus...), ici, ils se sont dit : « tiens, si on faisait faire une partie de ce travail par un autre ? » et ça a eu pour résultat la naissance du « mate » ! Le Mate est un fait une sorte d'assistant chauffeur, qui s'occupe du bon déroulement des opérations. Un peu comme une hôtesse de l'air en fait, mais en moins sexy... Ses fonctions sont très simples ! Il collecte l'argent des clients (et il peut difficilement nous entuber parce que c'est un prix fixe!), rend la monnaie, ouvre et ferme la porte coulissante lorsque les passagers veulent entrer et sortir, il joue aussi le rôle du petit panneau « arrêt demandé » que nous avons dans nos bus ! Pour demander au chauffeur de s'arreter, il sort la main par la fenêtre, et tape d'un coup sec sur le toit du trotro ! Et hop, comme par magie, le chauffeur s'arrête ! 2 coups sur le toit, et hop ! On est repartis ! Autrement dit le mate, c'est un peu l'homme à tout faire du truc, et y a un truc qu'il fait particulièrement bien : crier ! C'est aussi ça le rôle du mate ! Et dans chaque station où le trotro s'arrête, lorsqu'il n'est pas plein, le mate se met à hurler le nom de notre destination ! C'est cool, c'est distrayant quand on attend que le truc se remplisse, mais ça crée un super méga brouhaha quand il y a plein de trotros qui attendent ! C'est d'ailleurs ce qui fait le charme d'une station de trotro ! Et puis, ça peut parfois être dangereux, car un mate qui rameute les passager crie, mais fait aussi de grands gestes, souvent pour désigner son véhicule, et si vous passez derrière, parfois, PAF ! Une claque involontaire !
Je ne me lancerait pas dans des descriptions complètes de tous les trucs cassés que j'ai vu sur des trotros, mais en tout cas vous pouvez comprendre qu'ils ne sont pas tous en bon état ! Certains sont alimentés au fioul et fument donc comme des pompiers, certains ont le klaxon un peu enroué, et d'autre ont un trou dans le sol... Mais en général, ils roulent pas mal, et je n'ai pas souvent vu d'accident!

Voilà pour cette petite description, comme vous le voyez, même un petit trajet peut être une grande aventure ! En tout cas, il s'en passe toujours des belles dans ces véhicules, et peut être que si on avait en France des transports un peu moins grands que des métros de 15 wagons, on ferait plus attention les uns aux autres pendant qu'on se déplace... Une voiture sans bruit est vachement plus choquant qu'un métro sans bruit ! Et on papote ! Et puis, faut aussi dire qu'ici l'Iphone n'existe pas, il paraît que ça facilite vachement les contacts humains !

Bisous à tous, je pense souvent à vous et me renseigne vachement sur les affaires intérieures du pays ces derniers temps, Ca me fait d'ailleurs penser que cet article est peut-être le dernier que j'écrirai sous la présidence de NS. Et j'en profite pour faire mon emmerdeur :
VOTEZ !

Grosses bises à tous !

Sylv

Voilà un bel exemple de trotro à essayer d'éviter!

Un joli taxi, reconnaissable à ses ailes jaunes.

lundi 23 avril 2012

petit encas de toutes les heures!

Bonjour à tous!

Après quelque temps d'absence suite à la visite de ma petite famille, Ghana-mbi reprend son droit pour vous raconter encore une fois le Ghana.
Depuis la fin du mois de mars, il commence à pleuvoir assez régulièrement sur Kumasi. Pendant cette période, le sol est un petit peu boueux, l'air est encore plus humide que d'habitude, et une certaine catégorie d'arbres gonfle son feuillage jusqu'à devenir assez impressionnant. A travers ce feuillage, si on observe bien, on peut très rapidement distinguer un grand nombre de fruits verts, puis jaunes, qui pendent au bout des branches.
Ceux d'entre vous qui connaissent déjà ce climat et ce genre de pays savent de quoi je veux parler:
Eh oui! Depuis quelques semaines maintenant, les mangues ont fait leur apparition sur les marchés, pour le plus grand bonheur des petits... et des grands!

Alors pour ceux qui raffolent déjà de ce fruit en France, un petit voyage en zone tropicale s'impose réellement, car si on appelle "mangue" les espèces de trucs qui remplissent les étalages des grandes surfaces occidentales, il faut bel et bien trouver un autre nom à celles que l'on trouve ici!
rondes et jaunes, petites vertes et allongées, ou alors gigantesques, parfois même un petit peu rouges, elles ont à peu près les mêmes formes, plusieurs couleurs, en général la même texture, et surtout, surtout, elles suscitent toutes les mêmes réactions: "hmmmmmmmm!"

Car c'est incroyable, mais je crois que jamais je n'avais vu un fruit avoir autant de succès! Et ce succès est d'autant plus important qu'il y a des manguiers de partout et qu'il est très facile d'en trouver, même gratuitement! Sur la route entre ma maison et mon bureau, j'en croise 4, dont un dans mon jardin, et un autre pile en face de mon bureau, autant vous dire que je suis gâté, que je me régale, et qu'en même temps, je me marre! Car les gens aiment tellement ça qu'ils sont parfois prêts à tout pour quitter le pied de l'arbre avec les poches pleines!! Petite description des cueilleurs de mangues:

On a d'abord le flemmard. C'est celui qui passe au pied de l'arbre, scrutant le sol à la recherche d'un fruit mûre mais qui n'a pas explosé pendant sa chute. Très souvent, elles tombent assez vertes et murissent au sol. Mais dans ce cas, c'est une infernale course entre les fourmis, les oiseaux et les humains!! Lequel aura le dernier mot? Pour chaque fruit sa réponse! Malheureusement, si elles ne tombent pas vertes, elles tombent bien mûrent et dans ce cas, il est difficile d'en trouver une mangeable, ou au moins présentable...
Tant que je parle des chutes de mangues, prenez en compte le fait que le manguier peut-être potentiellement dangereux à cette période. Un fruit de 200g qui tombe de 5 ou 10m de haut, ça peut faire mal si ça vous tombe dessus, ou vous salir si ça vous tombe à côté!

On a ensuite l'astucieux: Pour lui, celles qui sont déjà sur le sol ne valent pas la peine, et il vaut quand même mieux les faire tomber soi-même! Déjà c'est plus funky, on l'a vraiment cueillie, on la mérite parce qu'on a fait un effort pour l'avoir, et en plus, et c'est vrai, elle est meilleure!
Pour cette personne, tous les outils sont bons pour déloger le sésame de sa branche, quelle que soit sa hauteur. L'outil habituel est le bambou, grand, solide, idéal finalement!! Pas tant que ça parce que plus il est grand, et moins il est rigide vers le haut, donc ça tangue! Et chercher à décrocher un petit fruit avec un bambou... c'est parfois un peu galère! D'autres utilisent des sortes de poutres, c'est plus pratique, mais vachement lourd....! Et j'avoue qu'il m'arrive parfois de bien me marrer quand je vois des étudiants en costard s'acharner sur l'arbre pour la petite gourmandise!

Vient ensuite le joueur de baseball. A quoi bon avoir un grand objet? On peut atteindre une grande hauteur avec petit objet, il suffit de le lancer!! Heureusement que la saison des mangues ne dure que quelques semaines, sinon ces gens là auraient, à l'image de Nadal, une épaule bien plus grosse que l'autre! Les projectiles sont divers, dépendant peut être du fait qu'on veut faire un tir de précision ou non... En tout cas, lorsque ce genre de personne a pris l'assaut du manguier, fuyez! Car tout y passe! Les bâtons, les cailloux, les mangues vertes sur le sol (et le flemmard n'est pas content...).

La dernière catégorie, la meilleure, la lauréate du "Ghana Mangue Contest": le Cascadeur!
En général le cascadeur est toujours accompagné d'un ou deux flemmards! La technique est claire, limpide, et sacrément efficace! Tellement efficace qu'on pourrait la considérer comme un peu égoiste: Le cascadeur monte dans l'arbre, sélectionne ses branches préférées, et, selon leur hauteur, les secouent avec les mains, ou parfois sautent même dessus! En bas, le flemmard attend que son pote risque sa vie pour pouvoir ramasser l'objet tant convoité! Et en général, il repart les poches bien pleines!

Voilà pour cette description, je vous avoue que lorsque je prends des petites pauses au travail, je me régale à regarder ces différentes techniques de cueillettes, et il m'arrive bien souvent de me foutre de la gueule des ceux qui s'y collent. En particulier les astucieux, qui fournissent souvent des efforts surhumains pour de petits résultats...

Sur ce je vous fais des bisous collants et je vais me brosser les dents, que ça soit en France ou au Ghana, la mangue reste un fruit très filandreux!

Sylv



mercredi 11 avril 2012

Sylvain l'africain

Vous connaissez tous Sylvain en France, dans sa vie de petit occidental. L’objectif de cet article est d’essayer de vous le décrire lorsqu’il est en Afrique.
Là, il est métamorphosé, encore plus volubile qu’en France (mais oui, c’est possible) mais il a un contact avec les autochtones de première qualité. Tout d’abord, il est ouvert, avenant, ceci facilite l’échange. Ensuite il prend le temps, discute, échange, est très tactile comme tout africain qui se respecte, ce qui plait et fait comprendre à son interlocuteur que celui avec qui il parle est son égal. Ceci n’empêche pas, quand on essaie de le truander, d’avoir un regard noir, glaçant qui fait comprendre à son vis-à-vis qu’il n’est pas un petit blanc qui va se faire avoir.
Quand on croise des enfants, il ne peut pas ne pas entrer en contact avec eux, il les appelle, leur fait un signe de la main, leur caresse la tête quand on les croise et du coup, ceux-ci sont estomaqués et sous le charme. Son discours, et je suis d’accord avec lui, est que pour ces enfants qui n’ont jamais vu de blancs, en croiser un qui est sympa, drôle, avenant leur permettra de penser positif envers notre race (ne me prenez pas pour un disciple de Guéant, mais je n’ai pas trouvé d’autre terme). Le plus amusant est, quand dans la rue, nous en croisons, souvent ceux-ci disent «obronni » ce qui veut dire « blancs ». Alors Sylvain, le plus naturellement du monde leur répond «obibini » ce qui veut dire « noirs ». Là, les enfants sont dans un premier temps médusés, puis ils partent le plus souvent dans un fou rire en se sauvant.
Dans sa vie de tous les jours, Sylvain est aussi un africain. Vous savez tous que ce n’est pas le roi du rangement, mais alors en Afrique, ça semble être pire. Il a la chance d’avoir Judith qui fait le ménage et la lessive, du coup, no problem, on entasse et elle fera.
Pour la nourriture, il est on ne peut plus cool, il est devenu un excellent cuisinier et nous a fait des plats locaux très bon. Par contre, il a pris des habitudes africaines, des bananes qui pourrissent avec plein de moucherons autour, ça ne le gêne pas. Alors que nous allions prendre «l’apéro », l’autre jour, nous avons eu droit à une arrivée de centaines de termites autour de la lampe. Ni une, ni deux, il en a attrapé quelques unes, leur a arraché les ailes et les a croquées comme de vulgaires apéricube. Nous pourrions vous donner d’autres exemples mais comme nous sommes invités sur ce blog, nous voulons ne pas mettre en colère son propriétaire.
Son côté cool trouve toute sa place dans ce continent, il s’y sent à l’aise, bien dans sa peau, n’est-ce pas ce que chaque homme cherche dans sa vie et s’il est bien ainsi, alors soyons tous contents pour lui et souhaitons tous qu’il en profite un maximum.

samedi 31 mars 2012

Dis moi ton prénom je te dirai qui tu es.

Salut tout le monde !

Me revoici à Kumasi après quelques jours sur la côte, prêt pour reprendre la rédaction du blog et vous filer quelques infos intéressantes sur le pays qui m'abrite actuellement.
J'ai déjà mentionné le nom précédemment, Kumasi se trouve en pays Ashanti, une des ethnies les plus importantes du Ghana. C'est d'ailleurs en centre ville que se trouve le palais du roi (avec le roi dedans), Ici, on n'est pas ghanéen, on est avant tout ashanti. Cette culture est extrêmement complexe et j'essaye de me renseigner pour vous écrire au fur et à mesure des articles qui tiennent la route... Celui là est un des premiers.

En Centrafrique, j'avais tendance à me moquer des prénoms quelque peu farfelus que j'entendais parfois. Et je me marrait bien quand je rencontrais un « Legénie » ou « Héritie de mon Coeur » (véridique je déconne pas). L'avantage de ce système centrafricain, c'est qu'au moins, tout le monde ne s'appelle pas pareil ! Ici au ghana, c'est différent.
La culture ashantis veut que l'on donne le prénom à son enfant selon le jour de la semaine pendant lequel il est né. Bien évidemment, TOUS les ashantis ne s'appellent pas comme ça, mais on rencontre très régulièrement des gens qui s'appellent de cette manière. C'est assez pratique parce que quand on rencontre quelqu'un, même quand on ne connait que son prénom, on sait déjà quel jour il est né ! Grande classe ! Enfin voilà, ces prénoms sont déclinables au féminin bien évidemment ce qui nous fait une liste d'environ 14... La voici

lundi : G : Koudjo/Kodjo F : Adjo
Mardi : G : Kobena F : Abenah
mercredi : G : Kweku F : Akoua
Jeudi : G : Kaku F : Yaah
Vendredi : G : Yaw F : Efia
Samedi : G : Kwame F : Ama
Dimanche : G : Kwesi F : Essi.

Vous pouvez donc maintenant vous amuser à trouver votre prénom ashanti, le mien est Kobena (prononcé kwa). Je l'utilise d'ailleurs assez souvent lorsque je suis en face de quelqu'un qui ne saura pas du tout prononcer mon nom. Ca facilite les échanges ! Ceux qui pensent savoir m'appeler m'appellent en général Silva, Silver et parfois même sidney... C'est ainsi. Ce genre de prénom a également une petite histoire marrante. Lorsque nous marchons dans la rue (les blancs), il arrive que des personnes souhaitent nous appeler sans noous connaitres. Il y a 2 possibilités : Elle va vous appeler Obroni (le blanc), ou elle va t'appeler Kwesi. Dimanche. Parfois, on m'appelle même Kwesi broni. Mais c'est assez rare. Ils nous appellent « dimanche » tout simplement parce que c'est de l'europe que vient leur religion et qu'ils disent donc que nous sommes arrivés le dimanche... Jour saint !

Mais continuons sur les prénoms, ou plutôt les noms. Car les ashantis ont également une tradition pour les noms de famille des enfants. Sa place dans la fratrie est priss en compte, on s'appellera donc « deuxième » ou « troisième ». Voilà la liste :

1er : Baako
2ème : mienu
3ème : Mensah (pour ceux qui connaissent le foot, vous en connaissez quelques uns)
4ème : Annan
5ème : Enum
…
Je m'arrêterai à 5, il y en a 10 en tout.

Cependant, cette règle est moins suivie que celle d'avant et on rencontre beaucoup moins de personnes qui s'appellent ainsi. Et puis, étant donné qu'ils ont tous plein de noms et de prénoms, il leur arrivent d'en choisir un autre...
Quoiqu'il en soit, il y a tout de même des gens au Ghana qui s'appellent en langue ashanti : jour de la semaine + place dans la fratrie. C'est quand même la grande classe !!! Vous en connaissez d'ailleurs un, Kofi Annan.

Gros bisous à tout le monde !

Sylv